Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

[Rennes] Communiqué à propos de l’agitation et des actions contre les expulsions de sans-papiers

Apeuré et dos au mur : « la gauche unie » face à sa politique raciste

« Tout est français, c’est-à-dire haïssable au suprême degré. » Arthur Rimbaud, mai 1871

Aly Touré, étudiant à Rennes, assigné à résidence depuis janvier, a été incarcéré en Centre de Rétention Administrative lundi dernier. Son expulsion était prévue jeudi. Grâce au rapport de force que nous avons réussi à imposer en ces trois jours de lutte, Aly est libéré.

Mercredi, à l’annonce de son expulsion imminente, des étudiants se sont réunis et ont organisé les débrayages de Rennes 2 et du lycée Coëtlogon. L’objectif était d’occuper la préfecture de Beauregard pour exiger la libération et la régularisation immédiate d’Aly. Elle fut investie au cri de « Des papiers pour tous ou pas de papiers du tout », et le mobilier réorganisé afin d’y tenir une AG. Une banderole « Contre l’Etat policier » a été accrochée au plafond, celle-là même qui avait été brandie par les lycéens lors du mouvement contre les expulsions de l’automne dernier. Comme on pouvait s’y attendre, les Brigade d’Intervention et Brigade Anti-Criminalité finirent par nous repousser violemment à l’extérieur, non sans résistance de notre part.

Déterminés à ne pas en rester là, nous avons alors décidé d’amener le débat politique là où il n’est pas ; c’est-à-dire dans le simulacre de débat qui devait se tenir entre Appéré et Chavanat organisé à l’Institut d’Etudes Politiques. A une centaine, nous avons empêché ce récital électoral, consensuel dans son soutien aux expulsions et au racisme d’Etat, en scandant « Libérez Aly ». Un camarade saisit l’occasion pour interpeller Appéré et lui demander de se positionner. En vain. L’agitation a persisté jusqu’à l’annulation du « débat ».

C’était décidément une sale journée pour Appéré ! Nous imaginons son visage se décomposer lorsque, plus tard dans la soirée, elle a appris que 200 personnes avaient forcé les portes d’entrée de son meeting Salle de la Cité, pour exiger l’arrêt de toutes expulsions et la destruction de tous les centres de rétention. En effet, notre camarade Aly n’est que l’un des 30 000 immigrés expulsés chaque année par les pouvoirs de droite comme de gauche. Pendant plus d’une heure, nous avons tenu la tribune, empêchant les carriéristes de la pseudo-gauche –Front de Gauche, EELV, PS et compagnie – de tenir leurs discours électoralistes. « Vous êtes de gauche, prouvez-le ! », criait-on à la salle pendant que quelques militants dépassés essayaient désespérément d’atteindre le micro. Finalement, Edmond Hervé, ancien maire de Rennes, protégé par des notables s’improvisant gros bras pour l’occasion, tentait un discours pathétique en insistant sur la supposée absence de crédibilité de notre action. Et ce alors même que la crédibilité de la gauche locale a été définitivement écornée lorsque nous avons révélé la parfaite hypocrisie de leur communication électorale ! Une fois de plus, la Gauche-Unie-de-Rennes nous accusait de faire le jeu de la droite et du FN, alors même que le gouvernement actuel se vante d’avoir expulsé d’avantage d’immigrés que son prédécesseur.

Nous affirmons au contraire que le FN n’est pas une verrue sur le beau visage de la République, mais la déclinaison la plus autoritaire et réactionnaire de l’ordre républicain. Quant à ceux qui pleurnichent sur notre peu de respect « du droit » et de « la démocratie », nous leur répondons que l’Etat de droit et la démocratie libérale se définissent précisément en établissant une extériorité dans laquelle sont rejetées les personnes jugées indigne d’avoir des droits. Nous n’avons aucune leçon à recevoir de partis qui se disent proches des travailleurs tout en permettant la surexploitation des ouvriers sans papiers. Nous méprisons aussi leurs discours incantatoires à propos de « la citoyenneté », alors qu’ils n’ont même pas été capables en plus de trente ans de tenir leur promesse misérable de « donner aux étrangers le droit de voter aux élections locales ».

La constante augmentation de l’abstention prouve que, depuis longtemps, beaucoup ne croient plus aux promesses de cette fantomatique « gauche unie » ou à l’espoir d’un « front républicain ». En empêchant leur meeting d’union sacrée, il s’agissait pour nous de rappeler que ce soi-disant rempart contre la montée du FN n’est que la façade de leur politique de défense du capitalisme « en crise », et de sa nécessaire composante sécuritaire.

Malgré le chantage d’Appéré proposant un hypothétique rendez-vous en échange de notre départ, nous avons décidé de poursuivre la lutte jusqu’à la libération et régularisation effectives d’Aly, refusant de participer aux stratégies politiques habituelles. Face à notre détermination, contraints et forcés, ils ont quitté la salle. Le meeting fut annulé : Pas de négociation avec les expulseurs !

Jeudi, décidant de continuer la stratégie d’occupation des lieux de pouvoir, nous avons tenté de rentrer dans la mairie. Trouvant porte close, nous avons occupé son annexe. L’action fut animée par des discussions sur les perspectives de la lutte, sur la légitimité de nos moyens d’action et sur la condition quotidienne des sans-papiers.

Vendredi, le tribunal administratif statuait sur le cas d’Aly : il allait être libéré ! Un rassemblement regroupant une centaine de personnes s’était tenu devant un tribunal protégé par un important dispositif policier.

Ces trois jours ont une nouvelle fois montrée qu’il n’y a rien à attendre d’hypothétiques négociations avec les politicards en place. Seule la lutte paie.

Attendez-vous à de nouvelles actions tant que les expulsions continueront !

Etudiant-e-s, Lycéen-ne-s, Chômeurs/euses, Travailleurs/euses en lutte contre toutes les expulsions

Repris du Chat noir émeutier

[Turin] Les spécialistes

22 mars 2014. Comme l’enseignait le vieux Eichman, le bon fonctionnement d’une déportation est aussi une question de logistique : faire correspondre les déplacements des troupes d’escorte, la disponibilité de la juste masse des prisonniers et des moyens de déplacement adéquats, avec le fonctionnement des infrastructures générales de transport; sans oublier les cartes à timbrer, l’encre pour les timbres et les fonctionnaires compétents. Donc en quelques jours les spécialistes aux ordres de l’impérissable vice-prefet Rosanna Lavezzaro se sont beaucoup impliqués pour faire participer le CIE de Corso Brunelleschi à une énorme déportation de nigérians organisé au niveau européen. Un seul vol charter qui part d’une quelconque capitale du Nord et qui tourne parmi les pays de l’union pour embarquer des passagers forcés : la dernière étape, habituellement, est Rome, où convergent les prisonniers des CIE italiens, direction Lagos.

Tout semblait prêt mais dimanche survient l’obstacle : après une semaine d’incendies, un des modules où sont emprisonnés certains des futurs déportés est donné au feu. Cette fois, il y a une caméra qui capture la scène tant bien que mal, le matériel pour effectuer quelques arrestations existe donc… mais que se passe-t-il? les arrêter voudrait dire leur faire perdre leur avion qui est prévus depuis des jours et bien organisé,  et le consul avait même finalement mis son cachet… les hommes de la Lavezzaro auront eu quelques doute, il rumineront quelques heure en compilant les procès verbaux et en effectuant les reconnaissances, mais au final, ils prendront la décision que tous s’attendent de la part de flic et emmènent six  nigérians à la Vallette ( prison de Turin, ndt)

Le hasard, cependant, joue un tour aux spécialistes, lors de l’audience de validation, le juge se rend compte que trop de temps s’est écoulé entre le feu et l’arrestation: manque le flagrant délit, et les six sont libérés. « Mais comment ça , ils nous autorisent à mettre des caméras et quand ils sont filmés ils ne les emprisonnent pas ? » semble s’être exclamé fort un des flics au terme de l’audience. Pour remédier à leur déconfiture, nos petits Eichman réussissent, au dernier moment et après un rapide passage à la préfecture, à rattraper le temps perdu et à embarquer quatre des six dans un vol pour Rome, surchargé et rempli des autres nigérians qui étaient restés à Corso Brunelleschi. Des arrêtés de lundi, trois seulement sont retournés aux CIE : Deux des nigériens, qui avaient fait une demande d’asile et qui ne peuvent donc pas être déportés pour l’instant, et un Tunisien – qui a été arrété pour un autre incendie pour lequel le juge a validé l’arrestation mais relâché immédiatement. Tous les trois devront comparaître demain en face du juge de paix qui validera de nouveau leur incarcération au CIE. Plus personne n’est à la Vallette, donc.

Dans le CIE semi-détruit, donc, il ne reste aujourd’hui qu’une trentaine de personnes : les femmes qui occupent l’unique section encore entière, représentant la moitié des détenus, tandis que les hommes sont installé entre une chambre de la bleue et la salle a manger de la violette. Cependant, pour revenir aux procédures des spécialistes des déportations, nous devons souligner que, même si personne ne sait qui la semaine passée a été un candidat pour gérer le Centre, la préfecture a annoncé que, contrairement à la coutume, ce sera un comité formé pour évaluer les offres, composé en sus de ses propres agents, de policiers. Donc, pour choisir de confier la gestion du Centre de la Croix-Rouge militaire ou à un nouveau venu il y aura aussi … Rosanna Lavezzaro, qui a des compétences reconnues en matière de fonctionnement des centres. Nous vous signalons également les noms des hommes du préfet qui composent la commission, pour laisser une trace à la postérité: Joseph Zarcone, directeur du groupe II, Valeria Sabatino, vice-préfet, et officier Donatella Giunti, fonctionnaire employé au procès-verbal.

traduit de macerie

[Turin] Les CIE se ferment … avec le feu

Ces dernières deux semaines, incendie après incendie, les retenus du centre pour immigrés sans-papiers de Turin ont détruit quasiment toutes les cages qui les maintenaient prisonniers.

La préfecture a été contrainte d’en libérer une quinzaine, mais ensuite elle a contre-attaquée multipliant arrestations et expulsions.

Retournons au CIE pour faire entendre à ceux encore enfermés notre solidarité avec ceux qui se rebellent.

Dimanche 23 mars2014, 18 heures, rassemblement au CIE

traduit de macerie

Révolte à Vincennes, dedans et dehors : les 2 compagnon-ne-s libérées

14 février 2014. Au centre de rétention de Vincennes une révolte a éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces enfoirés de flics ont débarqué à 4 heures du mat’ pour expulser l’un des enfermés. Les accès aux chambres ont été barricadés, les caméras obstruées et des extincteurs, des portes, des meubles ont été balancés sur les flics. La réponse de ces derniers ne s’est pas faite pas attendre et 23 camions débarquent pour mater la mutinerie. Pas de flics blessés mais 13800 euros de dégâts TTC. Du coup, 48h de GAV pour deux révoltés présents qui se reconnaissent sur la vidéo d’une caméra mal obstruée. Au poste, les flics sont agressifs et les montent l’un contre l’autre pour qu’ils s’accusent mutuellement dans leur déclaration . Déferés à paris, ils prennent deux mois de taule pour avoir jeté une porte et l’un d’entre eux prend deux mois de sursis supplémentaires pour refus ADN…
Le soir même un feu d’artifice a salué la rage des détenus de la prison pour étrangers. Les flics s’étaient préparés et les renseignements généraux avaient demandé à la brigade cynophile de faire des rondes et à quelques effectifs de se disposer à différents endroits autour du  centre. Cinq personnes sont interpellé-e-s peu après dans le bois de Vincennes en voiture. S’en suit une comparution devant le juge et deux mandats de dépôt ! Les trois autres sont sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact et de quitter l’île de France.
Les  chefs d’inculpation sont attroupement armé et masqué, refus empreintes, photos et ADN. Le juge a reporté le  procès au 24 mars au  motif de doutes sur l’identité des accusé-e-s qui avaient refusé de donner leurs empreintes. Durant la garde à vue, rien à déclarer. Des noms fantaisistes sont  donnés aux flics, mais certain-e-s ont des papiers qui traînent dans leurs affaires. Deux d’entre elleux, qui ont changé de nom au moment de l’audience en plus de déclarer plusieurs domiciles, sont incarceré-e-s à Fleury Merogis au prétexte de manque de garanties de représentation. Ils sont sortis mardi 25 février, après dix jours d’enfermement suite à une audience de remise en liberté.
Au lendemain de l’incarcération, un rassemblement de solidarité s’est tenu à Barbès, des tracts racontant l’histoire et appelant à la solidarité ont été  distribués et deux banderoles accrochées : « Sabotons la machine à  expulser. Liberté pour toutes et tous » et « Feu aux centres de  rétention. Détruisons toutes les prisons ».
Plus tôt dans la journée, les flics avaient une nouvelle fois raflé des sans papiers dans ce même quartier, arrêtant plus de 60 personnes.
Ils enferment pour faire peur à tou-te-s les révolté-e-s, faire taire la solidarité et isoler les un-e-s des autres. Ils fichent pour optimiser leur pouvoir sur nos vies, et condamnent parce que l’on se rebelle contre l’autorité et que l’on ne se soumet pas sans broncher à leurs  sbires.
Les  frontières sont partout, au centre de  rétention, dans la rue, dans les  transports, dans les murs des prisons comme derrière les murs du  tribunal, jusque dans les têtes. Des  dispositifs concrets de contrôle  et de répression existent, des institutions, des entreprises, des larbins, font fonctionner la machine à  expulser. S’y attaquer, mettre un grain de sable dans les rouages c’est arracher des espaces de liberté et infliger quelques dégâts à ces collabos. Entraver l’action des flics lors d’une expulsion, comme  refuser de donner ses empreintes et  son ADN, participe à saboter la  bonne marche de la répression.
Solidarité complice avec les révolté-e-s, chacun-e selon ses envies, contre toute autorité ! 
Pour la liberté vive la révolte des deux côtés du mur !
Liberté pour tou-te-s avec ou sans papiers!

[Belgique] Expulsion avortée, descente de police à Merksplas et rassemblement au 127bis

Semaine du 27 janvier au 2 février 2014

Le 28 janvier, à 7h30 un nombre impressionnant de policiers accompagnés de chiens sont descendus dans les 3 ailes fonctionnelles du camp (une quatrième aile est en travaux suite à des évasions il y a 2 mois). Les détenus ont été amenés un par un et rassemblés après avoir été minutieusement fouillés. Toutes les pièces ont été inspectées jusqu’aux plafonds, les cellules, les poubelles ;…. Vraisemblablement cette descente aurait eu lieu suite à la découverte d’une cisaille.

Le 1er février, la police a tenté d’expulser Mme R. à bord d’un vol SN Airlines. Menottée, scotchée et encadrée par une escorte, elle a quand même réussi à attirer d’attention des passagers qui avaient déjà été prévenus lors de l’embarquement par des personnes solidaires. Une partie d’entre-eux a protesté et ont exigé qu’elle soit descendue de l’avion. Elle a été ré-enfermée au centre fermé de Steenokkerzeel où elle enfermée depuis juin 2013 suite à une dénonciation du CPAS d’Anvers où elle s’était rendue faire une demande d’aide médicale. Les CPAS sont des organismes chargés de l’aide sociale.

Le 2 février, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le centre fermé 127 bis. « Soyons encore plus nombreux.ses la prochaine fois, pour gueuler notre haine et notre dégoût de ce système puant et témoigner notre solidarité aux détenu-es qui en ont besoin »

D’après Getting the voice out

[Calais] La police expulse et rafle. Protestation au port.

8 février 2014

Depuis la grande vague d’expulsion de l’automne 2013, la plupart des migrants sont forcés de dormir dans des tentes malgré les intempéries. Dimanche 2 Février, la police a fermé et saccagé un des derniers squats de Calais. Cinq personnes avaient trouvé refuge dans cette maison qui était vide depuis des mois. La police est arrivée dans l’après-midi, alors que certains des habitants étaient sortis. Sans le moindre avertissement, la police a défoncé la porte et est rentrée dans les lieux. Les habitants présents ont expliqué à la police qu’ils étaient malades et qu’ils ne pouvaient pas vivre dehors. Mais la police n’était pas intéressée par un dialogue et a obligé les habitants à quitter les lieux sur le champ sans leurs affaires.
Quand les expulsés sont repassés plus tard dans la journée pour récupérer leurs vêtements, couvertures et nourriture, ils ont vu que la police avait tout saccagé à l’intérieur, recouvrant de gaz lacrymogènes leurs vêtements et couvertures, jetant de l’huile de cuisine sur le sol. La police est aussi coupable de vol, les radiateurs éléctriques, le tabac et des sacs ayant disparus.

Adapté de https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2014/02/06/police-close-and-destroy-syrian-squat/

Vague de protestations au port de Calais

Les décès successifs d’ un migrant iranien de 17 ans, tombé du camion dans lequel il se cachait pour tenter de rejoindre l’Angleterre le 30 janvier et d’ un migrant assassiné d’une balle dans le thorax le 2 fevrier provoquent une vague de protestation.

Le 4 février, une trentaine de migrants, en grande majoritee Syriens et Egyptiens ont marché en direction du port afin de faire un sitting pour demontrer leur colère face aux décès reguliers de migrants et face à des conditions de vie proprement inhumaines a Calais.

Quatre camions de Crs et quelques voitures de police n’ont pas tardé à arriver au bout du port et ont controlé un par un les migrants avec mepris et insultes. Les Crs ont filmés le controle, en faisant un zoom sur chaque migrant et activiste presents.

Les violences policières sont systématiques à Calais, la vidéo prise par nous hier est un infime témoignage du traitement des flics aux migrants: insultes, provocations, contrôles de papiers récurrents et mauvais traitements sont le lot quotidien ici.

La réalité est qu’aucune structure d’acceuil n’est prevue, les migrants s’agglutinent sur des terrains, glannant couvertures et baches pour se proteger du froid, du vent et de la pluie qui envahie les tentes. Les conditions de vie des migrants sont indignes, chaque jour de nouveaux migrants arrivent et chaque jour il est plus difficile de trouver des couvertures et des habits pour eux, les tentes se font de plus en plus rares et les quelques maisons occupées sont régulièrement expulsées illégalement et détruites ainsi que les tentes régulierement arrachées et cassées par les flics.

Adapté de https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2014/02/04/vague-de-protestations-au-port-de-calais/

2014-02-07_Calais_rafle_du_matin_au_campement_rue_Lamy
Rafle du Matin (jeudi 6 Février)

Ce matin avant 9h, nouveau déploiement de policiers autour du campement rue Lamy, face au lieu de distribution des repas : une dizaine de fourgons de police, PAF et CRS, pour arrêter au final deux personnes. Harcèlement qui insécurise les habitants du campement, et mise en scène à grand spectacle qui les désigne à la population comme des criminels au moins potentiels.
Cette mise en scène se répète plusieurs fois par semaine, parfois plusieurs fois au cours de la même matinée. La compagnie de CRS installée à demeure de manière permanente par le ministre de l’intérieur a d’ailleurs cette fonction à longueur de temps : se montrer, quitte à donner à Calais l’aspect d’une ville sous occupation.

2014-02-07_Calais_rafle_du_matin_au_campement_rue_Lamy_
Rafle du matin – Encore (vendredi 7 Février)

Nouvelle rafle policière ce matin au campement de la rue Lamy, face au lieu de distribution des repas. Huit fourgons et une fourgonnette de police, PAF (Police aux frontières) et CRS.
D’après les habitants du campement, la police vient maintenant chaque jour arrêter quelques personnes, y compris des demandeurs d’asile porteurs d’un document attestant de leur identité.
Les deux personnes arrêtées hier matin auraient été placées en rétention.

Publié sur https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/02/06/rafle-du-matin/ et
https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/02/07/rafle-du-matin-encore/

Repris quasi tel quel de squat.net

[Italie] Ce qu’il en reste /2

28 janvier 2014

Après les incendies de la semaine dernière, il semble que la préfecture n’a pas l’intention de restructurer rapidement les sections endommagées du CIE de Turin. Les interventions des ouvriers qui s’occupent de la manutention, en fait, se limitent à l’administration ordinaire : changement des ampoules et des poignées, et jamais dans les chambres inutilisables.

La rumeur que font circuler les flics à l’intérieur est qu’il n’y aura pas de travaux et la Stampa même (quotidien national, ndt), disait il y a quelques jours la même chose, faisant plus ou moins ce raisonnement : chaque fois que les interventions sont terminées, le centre se remplit ; agents, flics et croix-rouge ne sont pas capables de garantir l’ordre quand le centre est plein, donc révoltes et incendies surviennent ; après la révolte on compte les dommages et les sections restructurées doivent fermer de nouveau ; pour ne pas continuer comme cela à l’infini, il vaut mieux ne pas réparer les dommages. Raisonnement convainquant, mis à part qu’en réalité les gardiens de l’ordre n’arrivent pas à le garantir même lorsque le centre est à moitié plein. Et en fait, ce qu’il se passe ces jours-ci c’est que les transferts vers d’autres centres sont très rapides et dépassent la nécessité de « donner un lit » à ceux qui n’ont plus d’endroit où être, surtout qu’à l’intérieur aujourd’hui il y a « seulement » quarante cinq retenus. En somme : il semble que la préfecture soit doucement en train de vider Corso Brunelleschi. En plus des transferts, les fonctionnaires du bureau de l’immigration ont organisé plusieurs expulsions, et parmi les personnes déportées il y a celui accusé d’avoir réalisé une vidéo la semaine dernière. Nous voudrions vous dire que le CIE de Turin est en train de fermer lentement, mais nous ne pouvons en être surs.

A Rome, entre les grèves de la faim et les bouches cousues, les choses ne vont pas beaucoup mieux pour les petits Eichmann du ministère. Les retenus sont moins de cent, pour une capacité théorique de trois cent soixante et les trois sections détruites sont là, abandonnées à elles même. Aujourd’hui les retenus qui se sont cousus la bouche ont été convoqués par les responsables du centre : ils leur ont annoncé que demain le consul marocain viendra pour les identifier, et, selon sa réponse ils seront soit expulsés, soit détenus encore, soit enfin libérés mais avec une obligation de quitter le territoire à la main. Dans Ponte Galeria, maintenant, il y a plusieurs transférés suite aux incendies de corso Brunelleschi, qui nous racontent à quel point les flics et les militaires romains sont particulièrement attentifs et prévenants avec eux : évidemment, ils craignent la contagion des révoltes récentes de Turin.

A Caltanissetta en revanche tout est tranquille, comme peut être tranquille un centre pour sans-papiers, et signalons que c’est le seul CIE italien qui fonctionne à plein régime, avec une centaine de prisonniers. Aujourd’hui ont eu lieu des visites de journalistes, nous verrons s’il en sortira quelques récits intéressants. Trapani et Bari, comme vous le savez sont les prochains à fermer pour restructuration et à Trapani – où cent trente personnes sont retenues pour deux cent quarante places théoriquement disponible – court le bruit d’une évasion jeudi dernier.

Pour une compréhension plus complète de la situation des CIE en Italie écoutez, si vous avez un peu de temps (et que vous comprenez l’italien, ndt) cette petite présentation faite hier par l’un de nos rédacteurs sur les ondes de Radio Onda d’Urto

 

traduit de macerie

[Turin] Poste

27 janvier 2014

Ce matin, un groupe de solidaires avec les luttes des retenus du CIE a donné vie à trois rassemblements-éclairs devant autant de bureaux de poste des quartiers de Porta Palazzo et de Barriera di Milano. Affiches sur les vitrines, tracts et interventions au mégaphone pour signaler aux clients et aux employés que PosteItaliane, a travers sa filiale MistralAir, collabore aux expulsions des sans papiers.

Une petite contestation, mais qui pourtant a semé la confusion parmi les employés de Porta Palazzo, qui se sont barricadés dans le bureau laissant dehors quelques clients et qui ont ré ouvert seulement à l’arrivée d’une patrouille de police -qui est restée là jusqu’à la fermeture.

Ici le tract et l’affiche.

Traduit de Macerie

[Marseille] Les frontières tuent – 11 janvier 2014

À Marseille un jeune homme est mort noyé alors qu’il tentait d’échapper à son expulsion. Avec une autre personne, ils ont sauté du pont du cargo qui les expulsaient vers la Guinée. L’un s’est noyé et l’autre a été ré enfermé au centre de rétention. Flics porcs assassins.

[Italie] Effondrements – 20 novembre 2013

Il y a deux semaines a été détruit le centre de Gradisca. C’est le septième à fermer en Italie. Cela peut sembler évident mais il est préférable de le préciser avant que quelques politiciens plus ou moins sinistres*  ne pensent à s’attribuer le mérite de ce qu’ils n’ont pas fait : ces centres ont été  formellement  fermés parce qu’un fonctionnaire ministériel en a ordonné l’évacuation, mais factuellement ils ont été détruits par le feu des révoltes des retenus. Sept centres sur treize sont fermés, et on ne peut pas dire que ceux qui restent se portent à merveille. Considérant la vitesse à laquelle ils tombent en morceaux, on pourrait affirmer que la machine à expulser est proche de l’écroulement  En voulant être sincères, si l’on doit parler d’écroulement, il y aurait besoin de dire quelque chose aussi de l’écroulement qui semble avoir touché les divers mouvements qui, ces dernières années, ont soutenu les luttes des retenus. Alors que l’on est dans un des moments les plus forts et les plus incisifs en terme de lutte à l’intérieur, à l’extérieur rien ne bouge. Il serait important de tenter quelques raisonnement propositifs, mais nous laissons ces pensées temporairement de côté. *( jeu de mot avec sinistra (gôche), NdT)

La machine à expulser est clairement en crise, et il n’y a pas besoin d’être spécialiste en philosophie politique pour comprendre que derrière chaque soit-disante crise se cache la possibilité d’une restructuration. Il pourrait sembler qu’au ministère de l’intérieur on se tourne les pouces mais il est quasiment certain qu’ils pensent et préparent quelque chose. Les nouvelles officielles à ce propos sont peu nombreuses, mais nous savons par exemple que les centres de Modène et de Bologne pourraient rouvrir l’année prochaine. En plus, il y a toujours en jeu la construction de deux nouveaux centre à Santa Maria Capua Vetere (Casert) et à Palazzo San Gervasio (Potenza). Ouverts en toute hâte il y a deux ans et demi durant le plan « urgence afrique du nord » (suite aux révolutions arabes, NdT) et restés en fonction seulement quelques mois, ils devaient rouvrir avant la fin de l’année, mais depuis que le gouvernement a lancé les appels d’offre et la collecte de fonds pour la restructuration on n’en a plus entendu parler.

Comme chaque restructuration qui se respecte, celle des CIE n’est pas seulement une question de contrats pour savoir qui construira les murs, les grillages et les barreaux. Chaque dispositif répressif a aussi besoin d’idées et de théories sur lesquelles se baser et se renouveler et sur ce front les choses sont en train de bouger. En mars 2013 a été publiée une proposition de réforme des CIE écrite par Connecting People et la Fondation Xenagos. Fatigués de recevoir de continuelles «  attaques sur plusieurs fronts, les qualifiant notamment de tortionnaires redoutables » Maurino et cie ont mis noir sur blanc leurs idées pour une « réforme copernicienne » de la machine à expulser. Parmi les propositions les plus inquiétantes il y a celle d’obliger les retenus à travailler, une nouvelle qui transformerait les CIE en réels camps de travail, au profit de ceux qui les gèrent. De son côté, après une campagne désormais décennale, la croix rouge est obligée d’abandonner pour l’instant les jeux de mots autour de sa prétendue impartialité et à finalement découvrir la différence entre les concepts d’ « accueil » et d’ « expulsion ». Il y a six mois a aussi été publié un document programmatique sur les CIE, un long travail d’analyse sur la condition des centres rédigé par une commission de bureaucrates du ministère de l’intérieur. Obsédés par la rationalisation de la machine à expulser, jugée coûteuse et inefficace mais surtout mise à rude épreuve par les « épisodes, actuels ou potentiels d’insurrection ou de dégradations graves », les fonctionnaires ont mis au point des propositions. Pour garder sous contrôle une situation leur ayant déjà échappé des mains trop souvent, le ministère étudie « la création d’un corps de professionnels, à qui confier la gestion des activités impliquant un contact direct avec les hôtes du centre ». Des équipes de para-matons privés. Pour le comprendre il suffit de lire comment le ministère s’imagine ce nouveau corps  : « opérateurs spécialisés, préparés à l’aide de formations spécifiques et d’entraînements, organisés avec la contribution de l’administration pénitentiaire, qui seront aux côtés des forces de l’ordre ». Dans le projet des bureaucrates l’intégration de la machine à expulser à l’intérieur du circuit carcéral ne se limiterait pas seulement à l’entraînement de gardiens, mais inclurait également « la création d’une structure mixte (à l’intérieur des prisons), composée par du personnel de l’administration pénitentiaire et de la police d’état » afin d’identifier les détenus sans-papiers. Un projet qui est aussi soutenu, depuis quelques temps, par des partisans de la fermeture des centres. L’une d’entre eux est Serena Pellegrino, écologiste et libérale de gauche qui, dans la foulé des révoltes de Gradisca a demandé des modifications législatives qui permettront « l’identification des très nombreux détenus sans-papiers, durant la période d’incarcération ».

En attendant de savoir ce qui adviendra dans les prochaines semaines à l’intérieur, hors et autour des CIE voyons où en sont les six restés ouverts.

Milan. Restructuré il y a moins de trois mois, après une série de travaux qui auraient dû améliorer les niveaux de sécurité et empêcher les révoltes, le centre est de nouveau pratiquement détruit et il n’y reste que vingt-huit places. Après la dernière révolte et en vue du renouvellement de l’appel d’offre de gestion, la croix rouge a décidé de pleurer misère et de hausser le ton : évidemment la gestion d’un CIE est devenue une affaire toujours moins intéressante en terme d’image et de rentabilité.

Turin. Le centre est à moitié détruit : une section entière est fermée, les cinq autres sont toutes plus ou moins sérieusement endommagées et il ne reste donc dans la structure que 98 places. Les dégradations les plus conséquentes datent de juillet dernier, lorsque a été détruite et incendiée la section blanche, fraîchement pensée et restructurée comme section anti-émeutes. Comme à Milan, à Turin aussi la gestion est depuis longtemps confiée à la croix rouge et l’appel d’offre tombera au printemps prochain.

Rome. On n’a plus de nouvelles du centre de Rome depuis la grande révolte de février dernier, quand le feu détruisit une grande partie du centre et des grilles d’enceinte les rendant pratiquement inutilisables pour plusieurs jours. L’absence de nouvelles est un signe évident que la gestion par la coopérative Auxillium porte ses fruits en réduisant au silence à grand renfort de sédatif les protestations des retenus. Une gestion plébiscitée un peu partout : parmi ceux qui estiment la coopérative nous trouvons beaucoup de fonctionnaires du ministère, même ceux qui sont connus comme fabulateurs de gauche.

Bari. Les dernières protestations significatives remontent à deux ans, mais l’œuvre de destruction du centre par les retenus a sûrement continué sans relâche bien que l’on n’ait pas de nouvelles. Le CIE est à moitié détruit et un groupe d’avocats a lancé une class action pour contraindre le préfet à acter qu’il ne reste que 112 places dans le centre. Depuis six mois la gestion du centre est confiée à Connecting People, les collègues de ceux qui géraient jusqu’à il y a deux semaines, le centre de Gradisca.

Caltanissetta. Après un été bouillant de révoltes et d’évasions, un des trois pavillons du centre a été définitivement fermé en septembre. Il n’y reste donc plus que 70 places. Depuis octobre la gestion a été confiée à la coopérative Auxillium, la même qui gère le centre de Rome. Malgré les compliments récents de l’évêque monseigneur Russotto et d’un groupe de parlementaires grillini (adeptes de Bepe Grillo, mouvement 5 étoiles, NdT) il est suffisamment évident que les nouveaux gestionnaires n’ont pas la situation sous contrôle : il y a eu au moins trois tentatives d’évasion accompagnées d’affrontements avec la police le mois dernier.

Trapani Milo. Immergé dans la campagne trapannaise, éloigné des centres résidentiels, il est renommé pour être le CIE des évasions. Même si la police a tout essayé, allant même jusqu’à couper les lacets de chaussures aux retenus, la moitié des retenus qui passent par là arrivent à s’en échapper. Dans la tentative de mettre fin à cette situation le ministère a récemment débloqué plus de 600 000 euros pour sécuriser le centre et le préfet a révoqué la gestion à la coopérative Oasi, lançant un nouvel appel d’offre. Pourtant, en masse comme en petit groupe, on continue toujours à s’enfuir du centre de Trapani.

 source : macerie

 

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