Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

[Israël] Evasion du camp de Holot, manifestation, occupation… et répression

27 juin 2014

Vendredi  27 juin, parmi les 2300 migrant-e-s enfermé-e-s dans le camp de rétention de Holot en Israël, un millier a décidé de quitter le camp pour entamer  une marche en direction de la frontière égyptienne pour protester contre leur enfermement et tenter de rejoindre l’Egypte. Refoulé-e-s à 300 mètres de la frontières par les soldats israëliens, illes ont occupé un terrain dans la forêt de Nitzana où illes ont été rejoint-e-s par un nouveau groupe de sans papiers évadés de Holot.

Holot est une prison qui marche selon un régime « semi fermé », c’est à dire que les retenu-e-s peuvent sortir plusieurs heures dans la journée. Bien évidemment illes sont obligé-e-s de rentrer à des horaires fixes, sous peine d’être condamné-e-s, sachant que les migrant-e-s résidant depuis plus de 5 ans sur le territoire sont obligé-e-s d’y vivre. Le 15 décembre 2013, peu après l’ouverture du camp, environ 300 personnes avaient également refusé de rentrer au camp afin de manifester.  L’évasion fait également suite à une série de protestations à l’intérieur du camp, dont des refus de pointer et de travailler.

On souhaite bon courage pour la suite à celles et ceux qui s’organisent pour vivre hors des cages de Holot !

 

Mise à jour 30 juin 2014

Suite à un ultimatum du Service des Prisons (qui gère Holot) intimant aux manifestant-e-s de regagner le camp, les flics israëliens ont évacué l’occupation hier ce qui a donné lieu à des affrontements. Des manifestant-e-s ont été embarqué-e-s de force dans des autobus, direction Holot ou la prison de Saharonim.

 

Repris librement de la presse 

[Rome] Rassemblement devant le CIE et projection dans la rue

29 juin 2014. Ce matin une quarantaine d’ennemi-e-s des frontières et des prisons se sont retrouvé-e-s devant les murs du Centre de Ponte Galeria

A peine la sono montée, dès les premières minutes les cris des détenu-e-s sont arrivés clairs aux oreilles de ceux qui étaient là dehors, symptôme que la tension racontée ces derniers jours est très forte.

La nouvelle de l‘évasion du Cie de Trapani a réchauffé les cœurs, comme celle des protestation dans le CARA de Castel Nuovo di porto, géré par la même coopérative Auxilium, qui tire profit aussi du CIE de Ponte Galeria.

Après une brève mise à jour sur la situation dans les autres centres et le récit de quelques luttes, un lancé de balle de tennis a eu lieu pour surpasser les murs et renforcer la communication entre dedans et dehors.

C’est comme ça que les solidaire ont appris que dans la journée d’hier, 8 détenus ont essayé de recouvrir la liberté en faisant un trou dans le mur d’une cellule et se sont malheureusement fait arrêtés par l’intervention des forces répressives présentes en masse à l’intérieur du Cie.

Après presque deux heures le rassemblement s’est dispersé avec un fort salut à tou-te-s celles et ceux emprisonné-e-s et avec la proposition, pour les solidaires de se retrouver dans la rue vendredi prochain. ( voir ci dessous, ndt)

Il y a environ 100 hommes et 40 femmes retenu-e-s dans le Cie.

Les uniques étrangers dans le quartier sont les flics

4 juillet 2014. Apéro et Projection dans la rue, vendredi 4 juillet à 19 heures du film « unveiled » : Fariba, une femme enfuie de son pays à la recherche de la liberté, découvre la violence des Centres de Détention  pour migrants, la menace de l’expulsion et l’exploitation. »

Nous ne voulons plus accepter d’assister aux chasses à l’homme dans les rues de ce quartier, aux rafles contre celles et ceux qui n’ont pas de papiers, contre celles et ceux qui essaient de s’enfuir d’un pays hostile. Chaque jour qu’un individu, proche de nous ou pas, est enfermé dans un camp de la ville, déporté dans un de ces mêmes pays où l’Italie pille les ressources et s’enrichit, notre rage monte et s’unit à celle de celles et ceux qui, individuellement ou collectivement, se rebellent et s’organisent pour détruire ces lieux d’enfermement.

ARRÊT DES RAFLES  ! Les CIE se ferment… AVEC LES RÉVOLTES.

traduit de hurryia

[Berlin] Suite à l’expulsion de l’école Gerhart Hauptmann

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en français.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour le maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !
  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand)
  • Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).
  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situé en plein centre-ville, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.

MAJ

  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

 

Voir aussi :

[Berlin] Expulsion d’un squat de migrant-e-s et solidarité

et

[MAJ][Allemagne] La solidarité continue avec les occupant-e-s de l’école Gerhart Hauptmann

Repris de Le Chat Noir Emeutier

[Trapani] évasion et répression

27 juin 2014. Dans la soirée seize détenus du CIE de Trapani, profitant de l’ouverture du portail durant les opérations de livraison, se sont échappés de leur section. Après une course-poursuite et quelques bousculades avec la croix rouge et les policiers, cinq ont réussi à rejoindre les grillages et à les escalader.

Peu de temps après l’un des évadés, qui se cachait dans la zone adjacente au CIE, a été identifié et arrêté par la police. Lui et trois autres des ses compagnons d’échappée, arrêtés eux dans le centre, ont été retenus toute la nuit au commisariat puis jugés le lendemain matin pour blessures à agent et dégradations (apparemment une des portes de la structure). Le procès a finalement été reporté.

traduit de macerie

[Melilla] Flics porcs assassins

18 juin 2014. Tôt le matin, plus de 350 personnes ont tentées de passer la frontière qui sépqre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla. Les flics marocains sont entrés côté espagnol (entre les rangés de barbelés) et se sont livrés à un tabassage en règle sous les yeux de leurs collègues espagnols. Plus d’une centaine de personnes sont blessées et 4 seraient mortes d’après des associations et collectifs de solidarité aux migrant.e.s présents sur place.

[Berlin] Expulsion d’un squat de migrant-e-s et solidarité

 24 juin 2014. 900 policiers ont encerclé une école squattée par des réfugiés à Berlin depuis un an et demi et ont occupé le quartier en tenue anti-émeute durant plusieurs jour.

L’hypocrite parti vert est le responsable directe de cette action cynique, prétextant les conditions de vie inhumaines dans l’école, où  200 personnes environ vivaient. La carotte, promesse vide d’un hébergement alternatif et le fouet, la menace d’une expulsion par la présence massive de la police devant et en partie dans l’école ont réussi à pousser la plupart des habitants à quitter «volontairement»  l’école. Ils sont maintenant de retour dans les camps logés, desquel ils ont fui à l’origine, ou tout simplement sans-abri.

Néanmoins, environ 40 réfugiés se sont barricadés dans le bâtiment et sur le toit. Les policiers ont brouillé les ondes pour empêcher les communications téléphoniques.

Dehors, dans la nuit du mercredi 25 juin 2014, une manif spontanée a été organisée en solidarité avec les squatteurs de l’école de la rue Ohlauer et tous les autres réfugiés.

A Bruxelles dans le cadre de la semaine d’action contre les frontières, un groupe de 20 personne a occupé l’ambassade d’Allemagne.

A Berlin, le 24 au soir, un immeuble de bourges s’est fait fracasser les vitres du rez de chaussé  et le 27 juin c’est le tribunal cantonnal qui a prit feu en solidarité durant la nuit.

Une manifestation est appélée samedi 28 juin à Berlin

 

Compilation mal traduite de l’anglais et de l’allemand…

 

Les jours suivant voir

[Berlin] Suite à l’expulsion de l’école Gerhart Hauptmann

et

[MAJ][Allemagne] La solidarité continue avec les occupant-e-s de l’école Gerhart Hauptmann

[Calais] Choses vues et entendues

22 juin 2014. Une trentaine de migrants a commencé une grève de la faim le 11 juin. Ce week-end, ils étaient encore une quinzaine à continuer. Depuis le 28 mai, ils sont plusieurs dizaines à occuper le lieu de distribution de nourriture, rue de Moscou. Les grévistes de la faim sont installés sous une tente au centre du lieu. Autour, une ligne à été faite avec ces quelques mots « Don’t cross the border » que personne ne semble respecter. Un pied de nez sans doute à ces frontières qui les entourent…
hungerstrike
La lutte initiée à ce moment-là semble s’effriter. D’abord, ils sont de plus en plus nombreux à occuper le lieu, ce qui rend difficile l’organisation. Les migrants mobilisés ne sont plus qu’un noyau. Ensuite, il y a les urgences du quotidien à gérer. Les besoins de base à satisfaire s’imposent parfois à la mobilisation. Les migrants sont pris entre les nécessités de la vie quotidienne et la volonté de mener une lutte politique pour obtenir davantage. Mais, l’humanitaire risque de finir par tuer la mobilisation. En effet, toute sorte de personnes extérieures passent sur le lieu : des artistes, qui proposent un « atelier dessin » entre deux tentes ; des musiciens londoniens qui jouent pour les migrants, comme si les migrants ne pouvaient pas allés au centre ville pour la fête de la musique. Et bien sûr, des « humanitaires » pour qui l’action politique ne veut pas dire grand-chose et qui regardent les migrants avec pitié et condescendance. Chacun-e y va de son idée pour « aider ces pauvres hères ». Tout ça est peu propice à la mise en route d’une lutte politique. C’est pourtant aussi cela qui fait défaut. On flirte rapidement avec une forme de charité et de voyeurisme alors qu’une partie des migrants cherchent à construire un rapport de force. D’ailleurs, ils ne sont pas dupes des attentions dont ils font l’objet. Un certain nombre de migrants disent vouloir rester en France et réclament un statut légal. C’est sur cette revendication qu’est partie la grève de la faim.
musicos
Il y a des rumeurs qui voyagent avec les migrants. Calais est ainsi présenté comme un Eldorado. Un couple d’Iraniens a débarqué un soir à Calais depuis la Suède où leur carte de séjour allait expirer. On leur avait dit que Calais c’était bien, c’était facile, c’était
la liberté. En arrivant sur le campement, ils ont été effarés, ils ont fait demi-tour et sont repartis en Suède, un autre rêve en tête.
Deux migrants nous racontent avoir passé 6 mois enfermés dans un camp en Lybie, sans presque rien à manger ni à boire, sans douche, sans toilettes. Ils ont réussi à s’évader. Tout le monde leur tirent dessus là-bas. Arrivés depuis 15 jours à Calais, ils avaient tenté de passer la veille ; ils ont passé la nuit sur la route.
Malgré la difficulté de la situation, certains migrants ont un sacré sens de l’humour et une grande lucidité. Ainsi, J. qui a toute sorte de blagues sur l’application des droits de l’homme en France « ils sont au fin fond du canal, vas-y plonge ! », « les droits de l’homme je les ai reçus dans la gueule », et de montrer la blessure que lui ont faite les flics. Il raconte comment il s’est fait avoir par la publicité mensongère sur la « France pays des droits de l’homme », « c’est bien Calais, j’ai une belle maison, un magnifique jardin avec vue sur la mer ». Mais, on plaisante aussi sur la mort « vous avez vu R. ? » « Il repose en paix, il est passé sous le camion cette nuit », tout le monde rit. La liste est longue des migrants décédés à Calais(http://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/deaths-at-the-calais-border/cette-frontiere-tue/). La mort n’est pas le seul danger. Il y aussi la folie qui guette. Au-delà d’un certain temps d’attente, certaines personnes craquent. Deux personnes du lieu au moins ont des troubles mentaux sévères. Et quand un migrant acquière une notoriété subite, il peut également vaciller. C’est le cas de A. qui a été interviewé par le journal de coin, il avait pris une balle dans le dos quelques jours auparavant, tirée par un Calaisien. Il se promène avec le journal, le montre à tout le monde. Il a décidé d’écrire son histoire et veut qu’on le prenne en photo, qu’on l’interviewe. Il pense obtenir des papiers et de l’argent grâce à ça. Après l’invisibilité, puis avoir été un gibier à facho,
cette soudaine notoriété a de quoi faire flancher, peu à peu elle semble en tout cas tourner à l’obsession. Hélas, pour certains, le
traumatisme a mené à l’HP.
cimetierresud2adammahde
Avec les beaux jours, les migrants sont plus nombreux à Calais. Le passage est donc plus difficile et les camionneurs deviennent encore plus méfiants voire agressifs. Vendredi 20 juin, trois migrants ont tenté le passage pendant le match de foot France-Suisse. Les flics français étaient occupés à regarder leur télé, ils ont réussi à passer les 4 postes de contrôle sans problème. Malheureusement, les flics anglais n’étaient pas devant leur écran. Ils les ont attrapés et renvoyés en France, direction le Centre de rétention de Coquelles. C’est quand le prochain match France-Angleterre ?

Liberté de circulation et d’installation!

Entretien avec trois migrants [en anglais] :
1
2
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Reçu par mail

[Vincennes] Révoltes du 14 février, rendu du procès des compagnon-ne-s

23 juin 2014

Après plusieurs mois d’attente, le juge Patrick Ramael a finalement rendu le délibéré de l’audience du 31 mars qui mettait en cause cinq personnes accusées d’avoir tiré des feux d’artifice devant le centre de rétention de Vincennes le 14 février suite à une révolte dans le centre.

Les inculpé-e-s, en refusant de s’exprimer sur leur présence ou non au rassemblement, ont laissé juges et procureur avec un dossier vide. Ce dernier a donc dû s’aligner sur l’avocate de la défense en demandant la relaxe pour l’accusation de « participation avec arme à un attroupement ». En effet ce délit est avéré seulement dans le cas où une personne est porteuse d’une arme dans un attroupement, et non lorsqu’elle est dans un attroupement où il y a des armes. Comme aucune arme n’a été retrouvée sur les cinq au moment de l’interpellation l’accusation ne tenait pas. Le proc avait également demandé la relaxe pour le refus d’adn car aucun pv n’indiquait que la demande ait été faite par les flics. Concernant le refus d’empreintes et de photos il avait requis des amendes.

Le juge a suivi ses réquisitions en prononçant la relaxe pour l’attroupement et l’adn et des amendes pour les empreintes qui vont de 200 à 500 euros. Pour rappel ce même juge avait placé deux des cinq en détention préventive, soit huit jours de taule qui s’étaient ajoutés aux trois jours de privation de liberté en garde-à-vue et au dépôt, seuls moyens que les flics et la justice ont trouvé pour punir en l’absence de chef d’inculpation qui tienne.

A l’intérieur comme à l’extérieur, la lutte continue !

Reçu par mail

 

[Vincennes] Salut solidaire devant le centre de rétention

Samedi 21 juin 2014, une petite trentaine de personnes sont allées faire un salut solidaire aux prisonniers du centre de rétention de Vincennes. Pendant 15 minutes, aux cris de « liberté pour tous » et au son des pétards et de la corne de brume, les prisonniers ont répondu par des cris, liberté, et des sifflements.

Alors que les policiers nous jetaient un trognon de pomme, nous, ce sont des balles de tennis avec à l’intérieur des messages de solidarité et contre l’enfermement que nous avons lancé par dessus les murs. Certain ont essayé de nous renvoyer une balle avec un autre mot, mais ça n’a pas fonctionné.

Il y a 6 ans ici même Salem Souli mourrait faute de soin et le lendemain une révolte embrasait le centre.

6 ans plus tard nous n’oublions pas.

6 ans plus tard nous sommes toujours là pour crier mur par mur, pierre par pierre, détruisons toutes les prisons.

 

Depuis l’intérieur du centre :

Vendredi 20 juin :

Bâtiment 1. Parfois ça se passe bien, parfois ça se passe mal. Il y a beaucoup de gens qui ont été contrôlés dans la rue et ramenés ici. Il y a pas mal de jeunes ici ils s’énervent, il y a des bagarres avec la police. Il y a un mec qui a menacé un policier, il y a deux semaines, il est parti en garde-à-vue, il est pas revenu. Son pote a été expulsé.

Tous les jours c’est la même chose à manger, des carottes ou de la purée ou des frites.

Il y a eu beaucoup d’expulsions, mais en ce moment ça c’est calmé. Moi j’ai refusé le vol une fois, il me reste 9 jours à faire ici.

Bâtiment 3. – Comme d’hab’, 45 jours, tous les jours ils arrêtent les mêmes, entre Barbès et Château rouge. Moi 2 fois je me suis fait arrêté à Barbès. À 4 chemins aussi, toujours ils contrôlent les arabes et les noirs.

– Ici c’est Guantanamo, la promenade est grillagée, comme la prison, comme à Fleury, il y a les grillages sur le toit. (il semblerait qu’il y ait un filet au dessus de la cour du bâtiment 3 contrairement aux cours des deux autres bâtiment).

Il y a des arabes, et des blacks aussi. Ça se passe bien entre les gens parce qu’on a les mêmes problèmes. La police elle fait son boulot hein, elle enferme les gens, c’est eux qui nous amènent ici.

– Il y a plein de monde, on est tous dans la merde. Moi ça fait deux fois en un mois que je suis ici, contrôle à Barbès. La plupart des gens c’est choquant leur arrestation, comment ça se passe. On reste 45 jours je vois pas l’intérêt, c’est pour intimider. Les gens expulsés sont scotchés aux mains et aux pieds.

– T’as pas de papiers ils te font des problèmes, garde-à-vue et le centre. J’ai été 4 fois en une année : pendant le ramadan dernier, pendant le réveillon, là c’est la 4ème fois. Je me suis fait arrêté dans le 18ème, ils ont dit que j’étais dealer, j’avais rien sur moi, ils sont parti dans une rue, ils ont ramené 17 barrettes. J’ai fait 48 heures de garde-à-vue. Les flics (de Barbès) ils connaissent nos visages, ils nous cherchent dans la rue. L’avocat gratuit, payé par l’État, ils ne savent même pas parler, sinon c’est cher l’avocat, on a pas de papiers alors on a pas d’argent…

Dimanche 22 juin :

Bâtiment 2. J’ai vu les gens ils criaient « liberté » dehors, on a crié aussi et dans le bâtiment 1 ils criaient aussi.

Bâtiment 1. – On a entendu la manif. On a crié mais avec la police on ne peut rien faire. On a vu les balles de tennis, on a écrit dessus le numéro du centre pour nous appeler et on a renvoyé la balle . Ici on est réveillé tout le temps, ce matin ils viennent nous réveiller à 6 heures. On mange rien de toute la journée.

– Ici ça se passe super mal, la police nous traite comme des animaux. Hier vous avez envoyé un message, on a reçu « liberté » et dans le CRA 2 ils ont reçu un petit mot. On a renvoyé mais c’est la police qui a intercepté la balle.

– Hier il y a eu une embrouille et à 6 heures ce matin, ils étaient 8 ou 9 flics ils ont cherché un mec ils tapaient sur toutes les portes et ils ont fouillé toutes les chambres, en réveillant tout le monde. Ils l’ont trouvé ils l’ont mis dans une cellule tout seul et un chef est rentré dans la cellule. 5 minutes après le gars est ressorti.

reçu par mail

[Libye] Rafles et expulsions

15 juin 2014. L’armée libyenne a mené ces derniers jours d’énormes rafles de migrants. Des milliers de personnes ont été contrôlées et arrêtées. Au total 1 180 migrant.e.s ont été expulsé.e.s, 530 samedi 14 et 650 dimanche 15 juin. Cette opération n’est pas la première, cela fait des années, sous Kadhafi puis sous le nouveau régime, que l’État libyen, aux ordres de l’Europe moyennant contre-partie, collabore de diverses manières à la lutte contre l’immigration menée par l’union européenne et les gouvernements européens.

[Méditerranée] La guerre aux migrant.e.s fait rage

Libye / Union européenne, « Liaisons dangereuses » contre « les invasions barbares » : la mission EUBAM

[Libye/Italie] Surveillance électronique des frontières

MERHABA / KHOSH AMADID / BIENVENUE / WELCOME :
journal d’échange et d’informations sur les luttes des migrant-es
UN ÉTÉ CONTRE LES FRONTIÈRES :
PARIS : LUTTE DES MIGRANT-ES DE LA CHAPELLE :
KOS, DÉCLARATION ET INFORMATIONS SUR LA SITUATION DES MIGRANT-ES :
NON À L'EXPULSION DU SQUAT DU COLLECTIF DES BARAS :

AGENDA

TOUS LES MOIS

- Tous les premiers vendredis du mois, 19h-20h30 : Émission Sans Papiers Ni Frontières, sur radio FPP 106.3 FM (région parisienne) ou sur www.rfpp.net

- Tous les deuxièmes mercredis du mois, 16h30-18h : Émission Sans Papiers Ni Frontières, sur radio Galère 88.4 FM (région marseille) ou sur www.radiogalere.org

- Tous les premiers samedis du mois, Bagnolet, 14h-18h : Permanence Sans-papiers : s’organiser contre l’expulsion, au Rémouleur 106 rue Victor Hugo 93170 Bagnolet (M° Robespierre ou M° Gallieni)

LIBERTÉ POUR ABDUL RAHMAN HAROUN LE MARCHEUR SOUS LA MANCHE :
LA SOLIDARITÉ SIGNIFIE LUTTER CONTRE LES FRONTIÈRES :
SITUATION ET LUTTES À CALAIS :