Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

Vive les révoltes des migrant-es contre les frontières

fin août – début septembre 2015

Calais (France). Après les tentatives de passage collectif de la frontière et les blocages d’autoroute de cet été, les migrant-es de la jungle continuent de s’organiser et d’occuper la rue pour protester contre la frontière. Tard dans la soirée du 31 août, après la visite du premier ministre à Calais, 200 personnes ont couru sur l’autoroute d’accès au site de l’Eurotunnel et commencé un blocage avant l’arrivée de la police qui a violemment réprimé en inondant la zone de lacrymos.

Le 3 septembre un rassemblement se tient devant l’entrée du Centre Jules Ferry géré par l’association La vie active, juste à côté de la jungle. Les personnes bloquent l’accès au centre de distribution de repas du gouvernement car elles ne veulent plus de l’aide humanitaire et des conditions de vie dans lesquelles elles sont maintenues dans la jungle. Les migrant-es veulent l’ouverture de la frontière.calais 3 sept

Les 4, 5 et 7 septembre des manifestations sont organisées par les gens du camp. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté de la jungle jusqu’à la place de la mairie aux cris de « freedom », « hurryia », « no borders, no nations, stop deportation » « no jungle, open the border »… Les migrant-es ont pris les rues de Calais, contre la jungle et la frontière. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter.

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Source Calais Migrant Solidarity

De Calais à Londres … manifestation transnationale pour la liberté de circuler

Aujourd’hui samedi 12 septembre 2015 une manifestation a été organisée à Calais par les gens de la jungle. La manifestation a été planifiée pour coïncider avec le rassemblement massif tenu à Londres, et afin de ramener l’attention sur les réfugiés présents à Calais alors que le Royaume-Uni vient de décider d’accepter plus de réfugiés (dans la répartition que sont en train de planifier les pays européens, ndlt). La marche d’aujourd’hui vient s’ajouter aux manifestations presque quotidienne des migrant-es à Calais la dernière semaine.

Au début de l’après-midi, un groupe de trois cent personnes a quitté la jungle et a commencé à marcher en ville. Ils demandaient la fin de leur vie forcée dans la jungle, la liberté de circulation pour tout le monde, et l’ouverture de la frontière vers le Royaume-Uni. La manifestation a réuni des gens de toutes les différentes communautés de migrants dans la ville. Comme le cortège est passé à travers la jungle, avec des gens chantant, dansant, jouant de la musique et appelant les autres à se joindre à eux, cela donnait aussi bien l’impression d’une fête que d’une manifestation.

La maire de Calais, Natacha Bouchart, qui hier a demandé au préfet d’augmenter la présence policière en ville suite aux récentes manifestations, avait fait posé des grilles autour de la mairie, et embauché des gardes de sécurité privé pour se tenir derrière. Pour cette raison, la manifestation, qui les fois précédentes avait rallié le parvis de la mairie, a cette fois été arrêtée par les CRS juste avant d’y arriver. Un face à face a alors commencé entre les manifestants et la police qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

Après cette attaque tout le monde est assis et a commencé à tenir un rassemblement. Les gens ont pris tours de parole au mégaphone et ont chanté et dansé. Pendant ce temps, un groupe de syrien a rejoint la manifestation. Cela a continué pendant environ une heure jusqu’à ce que la police a commence à repousser les gens en arrière, en essayant de les faire partir. Les manifestants ont répondu en se dirigeant rapidement dans les rues du centre de Calais, où ils ont occupé le boulevard Jacquard. La police, qui a tout d’abord essayer de les empêcher d’occuper la rue, a finalement dû battre en retraite et abandonner la principale rue commerçante au groupe pendant deux heures environ. Beaucoup de calaisiens se sont arrêtés pour regarder et écouter ce que les manifestants exigeaient.

Après le rassemblement, les gens sont retournés dans la jungle, en criant sur tout le chemin du retour. Le sentiment dans le groupe était vraiment positif, même s’ils ont été bloqués par la police, ils ont pu se déplacer et occuper et perturber la principale rue commerçante de Calais. Il y a eu beaucoup de réactions positives à la manifestation de la part des calaisien, et tout cela a été très encourageant pour les manifestants à poursuivre leur lutte et les manifestations dans les prochains jours.

From London to Calais… transnational demo for freedom of movement

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Marseille (France). Le 10 septembre, le FNARS (fédération d’association, dont Emmaüs et Aurore) organise une journée d’étude sur la réforme du droit d’asile avec comme invité Cazeneuve, le ministre de l’intérieur. Un rassemblement est organisé devant le lieu de la conférence. (Cazeneuve ferme là et ouvre la frontière)

Saint-Jean-du-Gard (France). En réponse à l’appel de Vintimille (voir plus bas) un rassemblement contre les frontières et en soutien au Presidio no border est appelé le 6 septembre sur la place du marché. (Source)

Lyon (France). Une révolte a éclaté fin août au centre de rétention de Saint-Exupéry près de l’aéroport de Lyon. Dans la nuit un retenu s’est entaillé le bras pour échapper à son expulsion. Pendant que les secours sont sur place et profitant de la confusion générale, d’autres ont entassé des matelas et des draps et y ont mis le feu. La police est repoussée pendant que du mobilier et des vitres sont cassées et que deux personnes montent sur le toit dans l’espoir de s’évader. Des renforts de flics sont arrivés les en empêchant. Trois personnes ont été arrêtées et ont été jugées en comparution immédiate. Deux ont été condamnées à 4 et 6 mois de prison ferme. Mais six chambres de la prison pour étrangers sont inutilisables grâce à l’incendie et ce sont 24 places en moins pour les enfermeurs. Un grain de sable dans les rouages de la machine à expulser. (Source presse)

Paris (France). Suite à l’expulsion du campement de migrant-es du square Jessaint, dans le quartier de La Chapelle, le vendredi 4 août, plusieurs d’entre-eux/elles se sont rendu-es en manifestation devant la mairie du 18ème arrondissement et ont décidé d’y rester jusqu’à ce des solution satisfaisantes leurs soient proposées. Une semaine plus tard le campement est toujours devant la mairie et la solidarité s’organise dans le quartier. Plusieurs rassemblement ont été organisés dans la semaine. Voici leur communiqué.

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Mercredi 9 septembre, plusieurs collectifs de sans papiers et associations anti-racistes appelaient à un rassemblement place de la république. Dans le même temps, le parti socialiste organisait un grand meeting sur « l’accueil des réfugiés ». Une manifestation sauvage est donc partie du rassemblement pour tenter de se rendre devant le lieu du meeting afin de dénoncer l’hypocrisie de ceux qui prétendent accueillir à coups d’expulsion et de matraque depuis plus de trois mois. Bloquée, la manifestation est repartie en sens inverse et a parcouru les rues du quartier. Après plusieurs charges de flics, les manifestant-es se sont dispersé-es, sans arrestations. À l’intérieur du meeting, plusieurs banderoles et pancartes ont été déployées en solidarité avec les migrant-es et contre la guerre que leur mène les gouvernements européens.

Le 31 août, plusieurs actions nocturnes ont eu lieu, contre les frontières et les gestionnaires humanitaires : un centre Emmaüs a été recouvert d’un tag « Emmaus collabo », sur celui du PS est apparu l’inscription « à bas toutes les frontières » tandis que ses vitres ainsi que celles d’une banque et un distributeur ont été défoncées. (Source)

Toulouse (France). Le 25 août, la permanence du parti socialiste a été a recouverte des inscriptions « solidarité sans-papiers » et « non aux expulsions ». En juin, c’était de l’huile de vidange qui avait été rependue sur la façade, également taguée d’un « solidarité avec les migrants ». (Source : presse)

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Valence (Espagne). Dans la nuit du dimanche 6 septembre, une révolte a éclaté au centre de rétention de Zapadores. Une quarantaine de prisonniers se sont rebellés contre les flics et leurs ont subtilisé leurs clefs. Un groupe ainsi pu accéder au toit et tenté de s’évader, mais en ont malheureusement été empêchés par d’autres flics à l’extérieur qui ont tiré des lacrymogènes et des flashball. Pendant ce temps, à l’intérieur du matériel a été dégradé et plusieurs feux de matelas allumés. Cinq policiers sont blessés. (Source : presse)

Roszke (Hongrie). Près de la frontière serbe, des centaines de migrant-es sont parvenus à s’enfuir du centre de rétention le samedi 5 septembre malgré une forte présence de la police.

Bicske (Hongrie). La plupart des migrant-es qui avaient accepté de monter dans des trains qui devaient soit disant les emmener en Allemagne ont résisté à leur déportation lorsqu’ils/elles se sont rendu-es compte que ces trains avaient en fait pour destination des centres d’identification et de tri des demandeurs d’asile. La même situation s’est produite en Autriche.

Budapest (Hongrie). Des milliers de migrant-es, bloqué-es depuis des semaines à la gare de Keleti ont entamé le 4 septembre une marche pour rejoindre l’Autriche à pied.

Athènes (Grèce). Au centre de rétention de Amygdaleza des migrants ont entamé une grève de la faim le 4 septembre. Il y a quelques semaine, des matelas avaient été enflammés dans plusieurs sections du centre. Cette prison pour étranger-es est restée ouverte malgré les fausses promesses électorales du gouvernement de syriza. En plus de l’enfermement, les conditions de vie dans le centre sont désastreuses. (Source : Clandestina

Kos (Grèce). Dans la nuit du 3 septembre, des groupes fascistes s’en sont pris à des migrant-es sous les yeux de la police sans qu’elle ne bouge un petit doigt. En réponse, les migrant-es ont commencé une manifestation et ont bloqué plusieurs routes, demandant à quitter l’île pour rejoindre d’autre pays d’Europe. À Kos comme sur d’autres îles grecques, les violences contre les migrant-es sont quotidiennes, de la part des flics et des fascistes, souvent alliés. Certain-es migrant-es sont bloqué-es depuis des semaines, voir des mois, dépendant du bon vouloir des autorités insulaires pour rejoindre le continent. Pendant l’été, 2000 personnes ont été enfermées dans un stade pendant des jours, sans eau, ni nourriture, sous une chaleur étouffante.

Lesbos (Grèce). Un millier de migrant-es se sont regroupés et ont tenté de monter de force sur un navire en partance pour Athènes. La police est intervenue avec des gaz lacrymogènes.

Anarchists welcome migrants in Mitilini, Lesbos (video)

Rome (Italie). Une protestation a commencé à l’intérieur du centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria. Dimanche 30 août, lorsque des repas périmés ont été distribués. Plusieurs policiers sont intervenus mais se sont pris des barquettes de nourriture périmée dans la figure. (Source : hurriya)

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Sur le rassemblement solidaire et les manifestations au CIE de Ponte galeria

Le samedi 5 septembre, une centaine de solidaires se sont retrouvés pendant deux heures sous les murs du CIE de Ponte Galeria. Dans la section des hommes, depuis le début de l’après midi, les retenus du centre avait entamés de vive protestations et ont essayé de résister aux flics afin de rester dans la cour du centre pendant le rassemblement. Les flics sont alors arrivés avec chiens et matraques et ont enfermé tout le monde dans les cellules. En réponse, plusieurs matelas ont été incendiés dans les couloirs. Mais cette tentative d’isolement a été peu utile, puisque la vigueur des cris, des coups dans les portes et du micro ouvert à l’extérieur ont permis pour un temps d’outrepasser les murs de la prison. Des balles de tennis contenant des messages et le numéro de téléphone anti-expulsion et des pétards ont également été lancés par dessus les murs d’enceinte.

Puis le rassemblement s’est dirigé vers la section des femmes. À la demande des détenues, de la nourriture a été livrée à l’intérieur. Cette question de la nourriture, souvent périmée et pourrie, est le motif de nombreuses protestations à l’intérieur du centre. Puis des cris de « liberté, liberté » se sont répondus pendant plus d’une demie-heure de part et d’autre du murs de la prison.

Autour du rassemblement, la présence de la police était très massive, bien plus importante que les fois précédentes, et provocante. Ce rassemblement au CIE de Rome a été le premier après un long mois d’août durant lequel les protestations des migrant-es ont été nombreuses dans les CIEs, et que partout en Europe des gens ont défié les frontières et les flics qui les défendent.

La soi-disant « urgence migratoire », tant évoquée dans les médias, est au contraire une lutte quotidienne de nombreuses personnes, et c’est ainsi qu’il faut la voir. L’Europe est en train de mener une « guerre de frontière » dont la force et les dispositifs mis en place sont sans précédent si l’on considère les cinquante dernières années. Nous devons nous tenir prêt-es, parce que ce qui est en jeu, c’est la vie et la liberté de toutes et tous.

Retournons sous les murs des CIE, avec intelligence et rage, joie et détermination, et toujours plus nombreux/euses.

Jusqu’à ce que les frontières et les prisons soient détruites.

Ennemi-es des frontières (Source : hurriya)

Vintimille (Italie). Migrant-es et solidaires du Presidio permanente No Border de Vintimille appelaient à un week end de solidarité contre les frontières, les 6 et 7 septembre. Le 7, à Vintimille, 200 personnes se sont retrouvées au campement no border et sont allées à quelques mètres de là, bloquer le poste frontière. Dans la région, de nombreuses mesures répressives touchent les personnes solidaires et les migrant-es (arrestations, renvois en Italie, interdictions de territoire, procès, etc.).

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Milan (Italie). Plusieurs centaines de migrant-es, vivant dans un camp de tentes de la Croix-rouge à Milan ont manifesté leur colère le 24 août : « Libérez-nous, nous sommes épuisés et nous voulons des documents ». (source : presse)

Bari (Italie). Samedi 29 août une soixantaine de personnes se sont rassemblés devant le centre de rétention (CIE) Bari Palese pour exprimer leur solidarité aux détenu-es. Dans le centre, les flics ont bouclé les portes des bâtiments et empêché l’accès à la cour, mais des cris ont quand même pu être échangés entre l’intérieur et l’extérieur. (Source : hurriya)

Berlin (Allemagne). Le 10 septembre, des militant-es antifascistes et des migrant-es ont occupé un bâtiment vide dans l’idée d’y créer un refuge d’urgence autonome et autogéré par les migrant-es, où pourrait se développer un processus d’auto-organisation et d’échange entre migrant-es et personnes solidaires. Mais, malheureusement le bâtiment a été expulsé quelques heures plus tard.

Bedford (Angleterre). Le 7 septembre, les femmes détenues au centre de rétention de Yarl’s Wood sont entrée en protestation et ont occupé la cour : « Nous sommes dans la cour, nous protestons. Nous sommes ici depuis plus d’une heure depuis 09h00. Il y a trente d’entre nous. Nous exigeons notre liberté. Nous chantons pour notre liberté. Nous crions. Nous chantons « Liberté, liberté, liberté, nous voulons notre propre liberté »… Nous sommes presque cinquante. Nous chantons et dansons. Nous nous tenons chaud car il fait un peu froid … Nous prévoyons de rester ici jusqu’à 21 heures. Nous ne mangeons pas. Nous ne faisons rien. Nous ne voulons pas de leur nourriture. Nous ne voulons pas de leurs activités. Nous voulons simplement notre liberté. » (Source : detained voices)

Au début du mois de juin, plusieurs dizaines de personnes avaient manifesté leur solidarité avec les détenues devant les murs de ce centre de rétention, géré par l’entreprise Serco. (Source : rabble)

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Gevgelija (Macédoine). Le 22 août, des centaines de migrant-es, bloqués à la frontière greco-macédonienne depuis des jours ont débordé les flics et militaires et franchi les barbelés du poste-frontière. Deux jours avant, le gouvernement avait décrété l’état d’urgence et envoyé l’armée sur place, provocant de violents affrontements.

Vienne (Autriche). En Autriche et plus particulièrement à Vienne, face au blocage des trains entre Budapest et l’Autriche depuis début septembre des centaines de personnes s’organisent pour aller chercher avec leurs véhicules les migrants et migrantes en Hongrie et les conduire directement sur le sol autrichien. Les personnes s’engageant dans cette action de solidarité ont été menacées d’inculpation pour aide à l’immigration illégale et quatre militants autrichiens ont d’ailleurs été interpellés pour cela à Budapest. Mais depuis maintenant deux semaines des convois de voitures solidaires qui font passer la frontière aux gens et les aident à rejoindre Vienne sans rien leur demander en échange continuent de s’organiser.

Rabat (Maroc). Fin août un week-end de rencontre est organisé à Rabat autour des expériences de luttes locales et transnationales contre les frontières. Pendant l’été, plusieurs campements de migrant-es ont été expulsés au Maroc, dans la forêt de Gourougou, à Boukhalef et à la fac de Oujda où des bâtiments inoccupés étaient occupés depuis plusieurs années. En bon gendarme de l’Europe, le gouvernement marocain continue à jouer les gardes frontières en échange d’importants financements. (Source : no borders morocco)

[Italie] Rénovations dans les CIE

4 juillet 2014. 2013 a été une année caractérisée par de nombreuses révoltes et protestations à l’intérieur des CIE de toute l’Italie qui ont menacé et impacté la machine à expulser. Faisons une brève chronologie : en mars et novembre ont été fermés, formellement par le ministère de l’intérieur, les centres de Bologne et de Modène, et en août c’est au tour de celui de Crotone ; tandis qu’à la fin de l’année le feu mis par les retenus a fait fermer les portes des CIE de Milan et de Gradisca di Isonzo. Sans compter les nombreuses chambres et bâtiments détruits, totalement ou en partie, dans les quelques centres, cinq, qui fonctionnent toujours.

Les politiciens de tout bord, pour satisfaire l’opinion publique, ont fait de nombreuses déclarations lors desquelles ils soutenaient l’illégitimité des CIE et dénonçaient les abus qui se perpétuent en leur sein. C’était tous en cœur qu’ils appelaient à la fermeture définitive des centres.

Comme nous avions déjà eu l’occasion de l’analyser, une crise du dispositif répressif est suivit d’une restructuration, il en est donc ainsi.

Les centres ne vont pas fermer, ils vont rouvrir et ce sera pire qu’avant selon toute vraisemblance. D’une part, nous avons les nouvelles qui nous arrivent de ceux encore ouvert, où, après une période où il semblait qu’il n’y avait pas de sous ou de volonté de restructurer les parties détruites par les incendies, maintenant les travaux ont commencé. À Turin par exemple, après des mois passés avec seulement deux ou trois parties encore ouvertes sur les six, des travaux de rénovation ont commencé pour restaurer entièrement le centre. D’autre part, les CIE qui ont été fermés ont déjà presque tous été reconstruits. Bologne il y a déjà quelques mois, Milan et Gradisca plus récemment. Avec des nouveautés inquiétantes.

À Milan, le centre sera géré par une société française, Gespa, assistée de la coopérative sicilienne Acuarinto. Bien que la coopérative s’occupera de la gestion des retenus, la Gespa, forte de son expérience en France (la société gère certaines sections des prisons françaises), aura la tâche d’assurer la sécurité à l’intérieur du centre. Cela signifie en termes pratiques que se formera une escouade de para-geôliers, comme nous le verrons dans les prochains mois et comme le verrons surtout les « hôtes » de cette structure, pour le moment fermée et vide, mais, avec l’achèvement des travaux, sans doute en phase de réouverture.

Il y a quelques jours un quotidien local a donné la nouvelle que des travaux de rénovation ont également commencé au CIE de Gradisca di Isonzo. Malgré les paroles prononcées il y a quelques mois par Alfano (ministre de l’intérieur), le centre pourrait rouvrir ses portes d’ici l’année prochaine. Connecting People, qui gérait le centre avant sa fermeture et qui gère toujours celui de Bari, pourrait bien reprendre le contrôle de la structure et le revenu qui en découle. Même si quelques voix donnent comme probables aussi l’arrivée de Gepsa.

Maintenant que le ministre de l’intérieur a déclaré que la fermeture des centres était impensable, il pense à la façon dont il pourrait en changer la gestion pour éviter les révoltes et les évasions, suivant les indications données dans un rapport fait il y a quelques temps qui préconise un entrepreneur unique pour gérer les centres de tout le pays. On se demande qui, de la Croix-rouge qui gère les centres de Turin et Trapani et gérait celui de Milan, de la coopérative Auxilium qui gère ceux de Rome et de Caltanissetta et du consortium Connecting People aura l’occasion de remporter cette offre millionnaire.

Traduit approximativement de Macerie

[Italie] Milan rouvre, GEPSA gagne l’appel d’offre.

15 avril 2014. Après trois mois et demi de restructuration, suite aux incendies et révoltes de novembre dernier, le CIE de milan devrait rouvrir. Le préfet a en effet accepté la proposition de GEPSA, entreprise française filiale de GDF-Suez pour gérer la structure, les cellules et la cour et l’association culturelle d’Agrigento Acuarinto pour « gérer » les détenus. Ces deux gestionnaires recevront 40€ par jour et par détenus, sachant que 140 places seront disponible en théorie cet été. GEPSA est connue en France pour sa gestion des prisons, et cela fait des années qu’elle essaie, avec plus ou moins de réussite, de rentrer dans le bizness de « l’accueil des étrangers » en Italie. GEPSA désire en effet gèrer le CARA de Castelnuovo di Porto (à Rome) ainsi que le CIE de Gradisca où ils reprendraient leurs fonctions après une année de gestion par Connecting People.

[Italie] Modène ferme (mais pas Milan) – 29 décembre 2013

La préfecture vient de l’annoncer, le CIE de Modène ne rouvrira pas ses portes. Ouvert en 2002, il a été fermé pour restructuration après les révoltes destructrices de cet été.

À Milan le centre aussi ferme ses portes, mais temporairement, pour restructuration. Inauguré le 8 septembre dernier par des incendies alors qu’il venait d’être restructuré, il ne restait plus que 28 places sur 132 en novembre suite aux révoltes (ici et ). On ne sait pas quand il rouvrira mais ce qui est sûr c’est que la croix-rouge n’en aura plus la gestion. Un comité d’évaluation est en train d’étudier les meilleurs offres parmi les différentes coopératives et associations qui se proposent pour reprendre la gestion (celle qui offre le plus bas prix par retenu).

Reformulé depuis la presse italienne republiée sur macerie

[Italie] Milan (presque) sans CIE – 11 novembre 2013

11 novembre 2013

On pourrait la définir « méthode isontine » : brûler le centre bout par bout, section par section – avec méthode, donc -, jusqu’à en arriver à son substantiel écroulement et à sa fermeture. Méthode experimentée avec continuité à Gradisca d’Isonzo dès février-mars 2011, et la voilà de nouveau avec force ces mois-ci, causant à deux reprises en deux ans et demi l’évacuation du centre. Dès lors cette methode avait fait école dans tous les centres d’Italie, et elle le fait encore maintenant. Aujourd’hui c’est au tour de Via Corelli, à Milan, où, suite aux incendies des derniers mois – dont le dernier date d’hier – le centre est sur le point d’être évacué : de ce qu’on en sait, sept retenus devraient être libérés, dix ont été incarcérés, tandis que les autres devraient être transférés dans d’autres centres (encore faut-il qu’il y ait de la place quelque part après la fermeture de Gradisca). Bref, après Gradisca, Modène, Bologne, Crotone, Brindisi… maintenant Milan aussi est (presque) sans CIE.

Puisqu’on y est nous vous signalons depuis Corso Brunelleschi la situation d’un retenu, Elmaati Elbayed, qui est en grève de la faim depuis jeudi dernier. Comme beaucoup d’autres, il a une femme et des enfants ici et malgré cela ils veulent l’expulser : jusque là, la direction du centre a répondu à sa protestation par l’isolement. Mais il reste déterminé à continuer.

Mise à jour à 23h : Une vingtaine de solidaires s’est retrouvée sous les murs du centre de Turin pour raconter aux retenus la révolte de Milan. Pour dire vrai, le nouvelle était déjà arrivée au centre de Turin, et le bruyant salut a été une occasion pour soutenir les luttes de retenus avec chants et boucan, accompagnés des classiques jets de fumigènes, pétards et balle de tennis avec messages de solidarités et maalox.

Mise à jour 12 novembre : Les premières nouvelles des retenus de la dernière révolte à Milan transférés dans d’autres centres : une quarantaine d’entre eux est arrivée à Trapani, et une quinzaine, presque tous des nigérians, à Turin. A Milan, il reste moins de trente places disponibles, mais vu que la direction du centre interdit l’usage des téléphones portables depuis trois ans, il est difficile de savoir dans les faits combien de personnes sont encore enfermées dedans. Certainement très peu, si bien que la Croix Rouge, aux dires du commissaire lombard Maurizio Gussoni, se plaint publiquement de l’énorme manque à gagner causé par les dernières révoltes.

depuis la presse : « Encore des flammes au CIE. Quatre secteurs inutilisables : 60 immigrés transférés, 9 arrétés. Cinquième incendie en deux mois. Dimanche des hôtes du centre ont brûlé des draps, des serviettes et des matelas. La révolte de Via Corelli ne s’arrête pas. En à peine plus de 60 jours, nous en sommes à cinq incendies dans le centre d’identification et d’expulsion à deux pas de l’aéroport de Linate. Hier après-midi s’est jouée la scène habituelle : quelques hôtes de la structure (presque au complet) ont mis le feu à des draps, des serviettes et des matelas (bien qu’ignifugés) du secteur D ; par chance, les pompiers ont réussi à contenir le feu en quelques minutes, mettant à l’abri, avec l’aide des agents de police, les retenus qui se trouvaient dans cette section du centre. La fumée dégagée par les flammes a saturé également les secteurs C et E, les rendant « insalubres » […] Pour le moment quatre des cinq zones ( de 28 places chacune ) sont inutilisables.[…]

Il est certain que la situation reste compliqué aussi pour les gestionnaires du centre : l’absence d’hôtes fait perdre de l’argent : avec 60 euros par jour et par persone, ils gagent 50 000 euros de moins par mois pour chaque section fermée. « 

Mise à jour du 16 novembre

Les neufs arrétés pour l’incendie du centre ont tous été « libérés ». En réalité, ils sont tous sont de nouveau internés dans un CIE. Un à Turin les autres à trapani, désormais plein à ras bord. Il semble en fait qu’il y ait beaucoup plus que de retenus que les 200 places prévues.

Dans le même temps les causes de la nuit de feu à Milan s’eclairssissent. Il semble que certains « hotes » n’apreciaient plus « l’acceuil » et ont décidé de quitter « l’auberge ».   A la tentative d’évsion la police à réagi de manière extremement violente, causant plusieurs blessés. A tel point que les retenus ont demandé avec force que les blessés les plus graves soient ammenés à l’hôpital, mais la police a refusé et continué à matraquer ceux qui protestaient. La rage à explosé et section après section, chambre après chambre le CIE à été quasi completement donné aux flammes. D’un certain point de vue nous pouvons donner raison à la presse officielle : l’incendie n’a pas provoqué de blessés. Par amour de la précision, il s’est passé l’inverse.

 

source : macerie

 

 

[Milan] Révolte au CIE – 26 septembre 2013

Jeudi 26 septembre vers 13 heures une révolte a éclaté au CIE de via corelli à Milan. Des matelas et des meubles ont été incendiés. Deux retenus ont été arrêtés accusés d’avoir fomenté l’émeute. La presse émet des hypothèses : « On suspecte que la stratégie d’incendie soit une stratégie qu’utilisent les étrangers pour réussir à se faire transférer dans d’autres centres d’Italie moins surveillés dont il est possible de s’échapper.  » Quelle clairvoyance !
Bouter le feu à un centre c’est reprendre un peu de sa vie en main et enrayer un des rouages de cette machine, c’est une critique en acte de ce monde et ses prisons ! Il y a toujours des raisons de se révolter !

depuis la presse via macerie

[Milan] Inauguration avec le feu – 8 septembre 2013

Les travaux de rénovation du CIE de Via Corelli à Milan ont terminé il y a deux semaines. Capacité réduite de 182 à 132 places, nouvelles sections conçues spécialement pour prévenir les révoltes, avec le mobilier cimenté pour éviter toute dégradation, tout est prêt pour y enfermer les retenus protagonistes des révoltes de ces derniers mois dans les différents CIE italiens. Les fonctionnaires du ministère ont probablement pensé qu’ils avaient tout prévu et espèrent pouvoir compter sur le centre de Milan pour résoudre leurs problèmes de bureaucrates gestionnaires de la machine à expulser. Mais ils n’avaient pas pris en compte les retenus, qui ont décidé d’inaugurer la nouvelles structure à leur manière. Samedi après-midi (7 septembre) et dimanche matin (8 septembre), des retenus ont commencé à brûler des matelas et du mobilier. Pour le moment, les nouvelles sont rares parce que le règlement du CIE de Milan interdit l’utilisation des téléphones portables. Les agences de presse ne parlent pas d’arrêtés ou de blessés mais il semble que les incendies étaient importants, suffisamment destructeurs pour que les pompiers déclarent qu’une section entière est inutilisable. Deux incendies et trente places en moins, pas mal comme inauguration.

Depuis Macerie

Italie : une évasion à Milan

Milan : Évasion du CIE durant un transfert

Hier, le 1er juin, on apprend qu’un détenu a réussi à s’échapper du CIE de la via Corelli à Milano.
Le mec à d’abord tenté le suicide préparant la corde pour se pendre. Il a donc été transféré à l’hôpital où il a été vu et soigné. Une patrouille le ramenait au centre quand, au moment où les keufs s’arrêtent pour payer le péage de l’autoroute, il a simplement ouvert la porte et s’est enfui. Nous espérons que la liberté ainsi obtenue lui sourira encore longtemps.

http://www.informa-azione.info/milano_evasione_dal_cie_durante_trasferimento

Corelli brûle encore (un rendez-vous à Milan)

Corelli brûle encore (un rendez-vous à Milan)

Le 24 mai, au tribunal de Milan, se déroulera la première audience d’un procès contre neuf hommes accusés à divers titre d’avoir participé le 15 janvier dernier à une émeute qui a éclaté dans le centre de rétention (CIE) situé via Corelli.

Jusque là, on pourrait penser à un procès comme on en a déjà vu ces dernières années contre ceux qui luttent dans les centres pour recouvrer leur liberté. Mais cette fois, il vaut la peine de s’attarder un peu plus, et d’observer ce qui est en train de se passer, et les problèmes que cela pose.

Tout d’abord, il est utile de rappeler les faits.

Le 15 janvier 2012, suite au tabassage d’un jeune et suite à l’énième perquisition des chambres à la recherche des téléphones portables (qui sont interdits à Corelli depuis octobre 2010, mais qui sont vendus en cachette par des membres de la Croix Rouge pour la modique somme de 200 euros, avec l’accord tacite de la police), la tension éclate.

Une révolte explose, la section E est entièrement détruite (et reste hors service jusqu’à aujourd’hui), et les 26 retenus de cette section sont tous incarcérés.

Pendant que les autres enfermés du centre lancent une grève de la faim les deux jours suivants en solidarité avec leurs camarades arrêtés, ces derniers sont emmenés au commissariat. Interrogés deux par deux, ils sont soumis à de fortes pressions psychologiques et poussés à s’accuser les uns les autres afin de susciter rancoeur et méfiance.

Et voilà le noeud d’un des premiers problèmes que cette histoire a posé et pose jusqu’à aujourd’hui. Certains d’entre eux n’ont pas cédé aux intimidations policières, d’autres en partie si. Ainsi, sur les 26 arrêtés, l’incarcération préventive a été confirmée pour neuf d’entre eux, deux ont réussi à s’évader du comico, cinq ont été déportés, et les autres transférés dans différents centres de rétention.

Cette situation nous a donné du fil à retordre depuis le début, en particulier sur le fait de donner ou pas de la solidarité. Vu les circonstances dans lesquelles le terrorisme psychologique, sciemment orchestré par les bourreaux en uniforme, a enrayé la solidarité entre prisonniers, il n’est pas facile d’avoir une approche politique qui ne tienne pas compte de cet aspect déplaisant. Mais il ne faut pas non plus oublier le fait qu’ils se sont rebellés en détruisant toute une section du centre.

Il s’agit d’un procès où il y a dans les PV des déclarations explicites qui mettent certains des accusés en position difficile, mais cela ne signifie pas que ce procès ne puisse pas être une occasion de continuer la lutte contre les centres, pour faire sortir du silence les conditions de vie à l’intérieur et les explosions de rage que ces structures génèrent, tout en conservant la perspective de les abattre entièrement.

De plus, les inculpés qui passeront en procès seront accusés de rien moins que de « dévastation et pillage ». Un chef d’inculpation qui est revenu ces derniers temps sur les bancs des tribunaux lors de différents épisodes d’affrontements de rue et qui, avec des peines qui vont de huit à quinze ans de prison, vise à intimider ceux qui luttent pour leur intimer de ne pas trop relever la tête.

Maintenant, on voit ce chef d’inculpation être aussi utilisé par rapport aux révoltes dans les centres.

La tension à Corelli et dans les centres de rétention de toute l’Italie reste très élevée, et oscille entre des gestes d’automutilation, des tentatives d’évasion, des actes de révolte individuelle et des émeutes collectives. Depuis l’augmentation de la durée de rétention (d’abord jusqu’à 6 mois, puis jusqu’à 18 mois), il y a eu une augmentation exponentielle de révoltes et d’évasions, aussi bien en termes quantitatifs que d’intensité. Celle-ci est accompagnée par une administration massive d’anti-dépresseurs pour affaiblir les individus enfermés, mais même cette tactique n’est pas couronnée de succès. A présent se déroule dans les salles d’audience une nouvelle étape de la stratégie répressive : l’utilisation de chefs d’accusation qui prévoient de longues peines de prison. Si ceux qui étaient jugés pour des faits de révolte étaient habituellement inculpés pour dégradation, rébellion, violence, etc. et condamnés à quelques mois de prison, les 9 incarcérés en préventive risquent désormais une peine très élevée. Il s’agit d’une claire tentative de répression afin que quiconque qui a l’intention d’accomplir de tels actes d’insubordination y renonce de soi-même.

Nous pensons qu’il est important de prendre acte des nouvelles stratégies répressives qu’ils utilisent pour frapper ceux qui se rebellent dans les centres de rétention, afin de développer une réflexion sur les luttes qui se déroulent aussi dehors, et de donner plus d’acuité à nos actions.

Jeudi 24 mai, nous serons présents au tribunal pour donner notre soutien à ceux qui se sont révoltés dans le centre de rétention. Le procès débutera à 9h30, salle 1bis, troisième étage.

Assemblée « entre vent et tempête »

Publié le 19 mai 2012 sur macerie, et traduit de l’italien pour « Sans papiers ni Frontières »  .

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