Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

[Italie] Contre Mos Maiorum nous portons la solidarité dans la rue.

20 octobre 2014. Hurriya reçoit et diffuse :

            
Ce matin à Rome, un petit groupe d’ennemis des frontières s’est baladé durant quelques heures, de la place Vittorio à Torpignattara sillonant les rues, les lieux de passage et les transports publics, laissant des traces sur les murs et discutant avec les gens. Il y a plus de deux semaines que, comme dans d’autres villes, des groupes ou des individus informent sur Moss Maiorum et amènent la solidarité contre les rafles et les expulsions dans la rue avec des diffusions de tracts et des rassemblements.     
            
Demain commencera la deuxième semaine annoncée de la chasse au migrant «Mos Maiorum» mais les rafles et les contrôles représentent déjà le quotidien de la métropole. Se promener dans les quartiers, discuter avec qui l’on rencontre, partager et résoudre les problèmes n’est pas une pratique improvisée, ni la découverte soudaine d’une politique rasciste.
Ces jours-ci ce n’est pas un grand effort que d’imprimer des tracts dans plusieurs langues, d’être présent.e.s dans la rue, de percevoir la militarisation et de montrer de quel côté l’on se situe… Cela permet de visualiser de quelles complicités on dispose dans cette pratique.       
En jettant un oeil aux quelques informations apparues sur les réseaux sociaux ou dans la presse, cette première semaine de l’opération Mos Maiorum nous indique des éléments que l’on peut schématiser comme suit:
– A Trieste et Vintimille le contrôle renforcé des frontières internes à l’Europe est évident. Les bus et les trains sont ratissés. Les déclarations des autorités françaises, suivies par celles de la ligue du nord, sur la nécessité de suspendre le traité de Schengen à cause de « l’incompétence italienne » pour contrôler la frontière sud semblent s’être traduites en un coup de force.             

– De nombreux contrôles dans les zones agricoles où travaillent beaucoup d’exploités ont abouti à des arrestations de travailleurs immigrés. C’est la même chose qui arrive aux travailleurs du sexe, touchés par de véritables raids nocturnes dans leurs quartiers (lieux de travail et de distribution alimentaire).             

– Il y aurait également des contrôles à domicile menés dans plusieurs villes par la police municipale. Dans l’anesthésie ambiante, ce type de contrôles peut sembler moins visible et «moins hostile» qu’un bâtiment investi militairement par les gendarmes/flics/militaires. Dans certains cas, il semblerait que les agents de la municipales demandent des informations sur les habitants de l’immeuble.             

– Dans les principales stations ferroviaires se dressent des checkpoints auxquels on ne prête peut-être même plus attention tant ils font partie de la normalité. Les contrôles sont très fréquents et il se passe la même chose dans les stations de métro.             

– Dans certaines villes les préfectures organisent des contrôles spécifiques de certaines zones à l’aide de checkpoints importants érigés à quelques rues les uns des autres.             

A Rome on signale des rafles à Stazione Ostiense, Stazione Tiburtina, Stazione Termini, zona San Paolo, Porta Maggiore, viale Marconi, Esquilino, via Prenestina et Trastevere.
Certains quartiers où la militarisation totale est favorisée par les comités de citoyens «anti-dégradation» racistes, sont devenus «no-go zones», véritables frontières dans la ville.             
            
Nous relançons l’invitation à signaler la militarisation et les contrôles par SMS à vos ami.e.s ou par #stopraids + #nomdelaville sur les réseaux sociaux.             
            
            
Amenons la solidarité dans la rue.
Empêchons les rafles.             
        

Category: Brèves des frontières

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