Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

Émission Sans Papiers Ni Frontières mai 2012

SOMMAIRE :

 Brèves

La situation des CRA à Malte, révoltes en Italie, fermeture d’une aile de Vottem (Belgique), évasion à Madrid, expulsions collectives vers la Guinée, évasion à Toulouse…

 Témoignage audio d’un retenu de Palaiseau

 Les zones d’attentes

Présentation, témoignages, la ZAPI 3.

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Merci à au fond près du radiateur pour héberger les émissions

Sans Papiers ni Frontières n°6

 

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Italie : CIE de Gradisca fidèle à sa réputation : à peine réouvert tentatives d’évasion et résistances

Italie : CIE de Gradisca fidèle à sa réputation : à peine réouvert tentatives d’évasion et résistances 17 mai 2012

Cette semaine le centre de rétention de Gradisca qui avait été partiellement fermé pendant plusieurs mois suite au révoltes qui mur par mur, cellules par cellules l’avaient rendu inopérationnel, a de nouveau réouvert en grand (mais pas complètement : sur la capacité d’enfermement initiale de 248 personnes, ce sont 168 places qui ont été de nouveau mises en état de nuire).
En tout cas à peine réouvert, les affrontements et tentatives d’évasion ont commencé : jeudi un retenu est monté sur le toit pour tenter de se faire la belle, tentative d’évasion au cours de laquelle un flic a été blessé.
Dans la cour du centre, plusieurs prisonniers ont initié un sit-in et ont refusé de réintégrer les cellules.
A l’intérieur des couloirs les câbles des alarmes incendies ont été arrachés.
les flics se plaignent beaucoup et les syndicats policiers montent au créneau pour dénoncer leurs conditions de travail, l’argent que coûte le transfert de détenus Tunisiens initialement prisonniers dans des CIE en Sicile vers Gradisca….

http://ilpiccolo.gelocal.it/cronaca/2012/05/20/news/il-cie-di-gradisca-ritorna-zona-a-rischio-1.4812355
http://messaggeroveneto.gelocal.it/cronaca/2012/05/20/news/sommossa-al-cie-due-agenti-in-ospedale-1.4816081

Tunisie : Deux articles sur le camp de choucha

Tunisie: les réfugiés toujours dans l’attente

Près de 3.000 personnes vivent encore au camp de Choucha, situé dans le sud de la Tunisie. Candidats à l’immigration clandestine.

Abdulrezak déjeune avec trois autres Somaliens derrière le comptoir d’une petite échoppe qui vend des shampoings, des tubes de dentifrice et autres produits. Ce jeune homme de 27 ans est le leader de sa communauté dans le camp de réfugiés de Choucha, situé dans le sud de la Tunisie, à la frontière libyenne.

«Les invisibles du camp de Choucha», un reportage du photographe Eric Bouvet, à regarder ici.

Ouvert peu après le début de la guerre en Libye (de février à octobre 2011), ce camp du Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) accueille toujours près de 3.000 personnes, sur les 17.000 présentes au début. Depuis, la vie s’est organisée. Le Danish Refugee Council«apporte de la bonne humeur», note Abdulrezak arrivé à Choucha le 3 mars 2011, des petits magasins ont ouverts, «il y a même un restaurant dans le secteur soudanais».

«Ce camp est unique dans le monde. Il est comme une petite ville. Normalement, un camps de réfugiés ne comprend qu’une ethnie, qu’une nationalité, ici, il y en a 22»,

s’enthousiasme Ursula Schulze Aboubacar, la représentante de l’UNHCR à Tunis.

Le rêve américain

De larges allées de sable séparent les tentes blanche siglées UNHCR. Un écriteau vert sur lequel des listes de noms sont affichées, informe les réfugiés des dates et heures des entretiens en vue de leur réinstallation.

Le 4 mai, 2.579 réfugiés étaient en cours de procédure, selon les statistiques du HCR. «Environ 10% ont le statut de réfugié mais n’ont été acceptés dans aucun pays. On devrait les intégrer localement (en Tunisie, ndlr). Mais il y a des départs presque toutes les semaines et cela m’encourage», se réjouit Ursula Schulze Aboubacar. En mars, 99 réfugiés ont quitté le camp pour l’Australie, la Norvège ou encore les États-Unis.

De retour dans sa tente au décors très sommaire, Abdulrezak pointe du doigt le costume marron suspendu au-dessus de lui, celui qu’il a enfilé à chaque entretien pendant un an, durée de la procédure pour être accepté aux États-Unis. Il a décroché, début mai 2012, son certificat de «culture américaine». Dernière étape avant d’obtenir son billet d’avion.

«Sponsorisé» par la Croix Rouge

L’ancien chanteur de Mogadiscio ne sait pas s’il va vivre à Chicago, New York ou Miami. Il se prend à rêver de Miami, lorsqu’une femme entre dans la tente pour demander un conseil. Son téléphone sonne sans arrêt. Il n’a pas le temps de goûter son plaisir. Depuis qu’il est leader de sa communauté, il reçoit les plaintes et informe les quelque 1.000 Somaliens présents à Choucha – dont une centaine n’a pas le statut de réfugié et ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Au total, ils sont 283 dans le camp à vivre cette situation, à l’image de Bright.

Malgré l’air lourd et moite qui emplit cette habitation de fortune, ce Nigérian fume clope sur clope. «Il n’y a que ça à faire ici», lâche-t-il, tout en gardant son large sourire. Pantalon de jogging noir, pull coloré, il est «sponsorisé» par la Croix Rouge. Dépouillé de son argent et de ses papiers par les autorités libyennes, selon ses dires, il est arrivé le 28 février 2011 et a depuis été débouté.

Le jeune de 28 ans, qui laisse pousser les ongles de sa main gauche par coquetterie, n’a pas eu plus de chance en appel. Sans statut officiel, il reste ici, ne sachant où aller.  

«Je ne peux pas rentrer au Nigeria car je risque ma vie, je ne veux pas retourner en Libye et je n’ai jamais demandé à être en Tunisie»,

lance cet ancien «activiste» de la région du Delta du Niger.

Vide juridique

«Ces personnes ne sont pas de notre ressort. Elles sont suffisamment débrouillardes pour trouver une solution. L’Organisation Internationale aux Migrations va offrir des billets à ceux qui veulent rentrer dans leur pays, se défend Ursula Schulze Aboubacar. En restant ici, elles prennent le risque d’être en situation illégale tant qu’elles ne mettent pas à jour leur titre de séjour. Seules les autorités tunisiennes peuvent faire quelque chose. Pour le moment, elles ne le font pas et je les respecte pour ça. Ces personnes sont tolérées à Choucha mais de façon in-officielles.»

En 2011, le budget alloué au camp de Choucha s’est élevé à 21 millions de dollars. Il n’est plus que de 12 millions pour l’année 2012. Avec cette somme, l’organisation des Nations Unies finance, notamment, la nourriture et les salaires des employés des Nations Unies et des travailleurs journaliers, dont le nombre a été revu à la baisse au début de l’année 2012.

Selon Ursula Schulze Aboubacar, «107 personnes ont été licenciées, il reste une centaine d’employés pour assurer les repas». Ces remerciements n’ont pas été sans conséquence. Durant plus de deux mois, les employés des différentes organisations internationales qui  officient à Choucha n’ont pu s’y rendre en raison d’un blocage organisé par d’anciens travailleurs journaliers. «Ce n’est qu’une trentaine de personnes. Les autorités tunisiennes n’ont pas voulu utiliser la force. Du coup, les négociations ont été un peu longues», explique la représentante du HCR qui avait alors décidé de réorganiser le camps et d’impliquer les réfugiés.

«Le HCR nous avait demandé de nettoyer le secteur somalien, raconte Abdulrezak. Mais un villageois a menacé de me tuer et de brûler ma tente si on continuait. Depuis, c’est sale !»,

lâche-t-il en levant les mains comme s’il était en état d’arrestation.

«Entré à Choucha en bonne santé, maintenant je suis handicapé»

Peur ? «Évidemment qu’on a peur ! Le HCR nous dit qu’on est protégés mais les habitants nous menacent tout le temps. Par exemple, des personnes ont coupé l’eau en mars. Le HCR m’a appelé pour aller la rebrancher. Haha ! Non, ils y vont eux», rigole-t-il. A ses côtés Bright surenchérit:  

«On nous dit que l’armée nous protège, mais elle nous a tiré dessus.»

Soulevant son tee-shirt, Jamel, montre les tâches brunes représentant les impacts de balles qu’il a reçues le 6 mai 2011 alors qu’il se trouvait dans le camp. Une large cicatrice parcourt son ventre de haut en bas.

Ce Nigérian entré à Choucha le 16 mars avait voulu un compatriote qui se faisait «frapper par des soldats tunisiens » après avoir «compté ses sous» en public.  

«J’étais sous la protection des Nations Unies. Je suis entré à Choucha en bonne santé et maintenant je suis handicapé, dit-il en montrant les radios de sa jambe droite disloquée. C’est au HCR de me trouver une solution».

Lui a également été débouté et assure ne pas pouvoir rentrer dans son pays. Alors que la Tunisie a signé la Convention de Genève, «il n’y a pas de législation pour les demandeurs d’asile», souligne Ursula Schulze Aboubacar. L’organisation des Nations Unies travaille en collaboration avec le ministère de la Justice afin de mettre en place une loi. «Mais il faut compter environ une année », note cette Allemande.

 

Dans sa tente lumineuse et nouvellement installée, Samia (son prénom a été changé à sa demande) ne cache pas son inquiétude. Cette Somalienne est arrivée dans le camp mi-mars avec 73 autres compatriotes. Alors qu’elle était partie de Libye en bateau, direction Lampedusa, elle a été récupérée en mer par l’armée tunisienne qui l’a rapatriée à Sfax et emmenée directement à Choucha.

Alors que le programme de réinstallation des réfugiés a été clôturé en décembre, elle vit au rythme des rumeurs du camp. «Certains disent qu’on va rester en Tunisie. D’autres racontent que des gens sont morts ici, que des tentes ont été brûlées. J’ai peur, je ne sais pas ce que je fais ici», raconte cette jeune femme de 18 ans qui a fui son pays après avoir été séquestrée par des shebabs, les islamistes radicaux en Somalie.

Le 22 mai 2011, une vingtaine de tentes sont en effet parties en fumée. Bilan: quatre Erythréens sont décédés. Même si rien ne prouve que ce feu était d’origine criminelle, un groupe de réfugiés avaient alors bloqué les routes accusant des Tunisiens de Ben Guerdane, la ville la plus proche du camps, d’être à l’origine de l’incendie, ce qui provoquent de nombreux incidents. Tentes brûlées, pillages, décès, ce mois de mai 2011 est dans toutes les têtes à Choucha.

Et la crainte que cela ne recommence est toujours prégnante.  

«Nous avons demandé à déplacer le camp et l’éloigner de la frontière et de Ben Guerdane, mais les autorités n’ont pas voulu. Elles craignaient que le camp devienne pérenne et ne soit plus un camp de transit»,

regrette Ursula Schulze Aboubacar, tout en assurant que ce n’est pas au HCR d’assurer la sécurité, mais «aux autorités locales».

Alors que le camp devrait être fermé en juin 2013, selon le HCR, l’organisation internationale est en train de réfléchir à créer une entrée principale et rehausser les dunes autour pour contrôler un peu plus l’accès.

source : http://www.slateafrique.com/87325/tunisie-refugies-camps-libye-choucha

Détresse au camp de Choucha: Les refugiés se sentent trahis
(Le Temps (Tn) 15/05/2012)

298 réfugiés dont 28 ivoiriens, se sont manifestés hier matin, au camp de Choucha pour lancer un appel à la communauté internationale et surtout au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) afin de réexaminer leurs dossiers de demande d’asile et surtout d’avoir la protection l’ONU.

Cette action a été menée par plusieurs réfugiés de différentes nationalités à savoir : Ivoiriens, Tchadiens, Libériens, Sierra Léonais, Soudanais de Darfour, Nigériens et d’autres communautés minoritaires qui ont vu leurs demandes rejetées.

Les demandes de « la plupart des Ivoiriens et aussi des Africains de l’Ouest ont été rejetées sans qu’une étude adéquate de leur cas ait été faite », d’après Frédéric Tiade, porte-parole de la communauté ivoirienne du camp de Choucha. Mais « la plupart de ces cas rejetés concernent des personnes qui fuient des problèmes et des conflits politiques et religieux », tenait à préciser le porte-parole.
Plus d’un an s’est écoulé, alors que le camp de Choucha continue d’accueillir des réfugiés ayant fui la guerre en Libye. Ces derniers qui se comptent en centaines, attendent toujours et avec impatience de bénéficier d’un placement dans l’un des pays Européens ou en Amérique du Nord. Mais vainement. Et si quelques uns ont pu -entre temps- obtenir ce statut, d’autres à l’instar des Ivoiriens, voient leurs demandes rejetées par le HCR. Ils se sentent même, trahis. « On était en 2011 quand le bureau du HCR nous disait d’attendre dans l’intention de nous aider », signale Frédéric tout en ajoutant dans un communiqué, que « des jours et des mois passèrent quand le bureau nous affirme ceci : votre pays est tranquille, il est économiquement stable », laisse entendre le communiqué. A cet effet, le porte-parole des réfugiés considère que les conditions et les critères d’acquisition du statut de refugié que l’HCR a même communiqués ne contenaient pas le volet économique, « du coup, nous nous sommes sentis trahis », toujours d’après lui.

Harcèlement

Il précise par ailleurs, qu’ils sont « constamment harcelés par certains agents de l’UNHCR », qui nous « disent de retourner en Libye si possible ». Le porte- parole des refugiés critique les conditions de vie dans le camp.

« Les conditions de vie dans le désert de Choucha sont très pénibles pour nous… Les conditions météorologiques, climatiques y sont horribles », proteste Frédéric qui compare la vie dans le camp à « un enfer ». Le réfugié ajoute que : « la distribution des kits d’hygiène se fait encore plus rare qu’auparavant et que la dernière distribution date de quatre mois».

Toujours dans le même cadre, le réfugié n’hésite pas à critiquer les procédures adoptées par le HCR pour traiter leurs dossiers. Il considère que les interviews déterminant l’acquisition du statut de réfugié n’ont pas été du tout bien traitées.

« La plupart des demandes des Ivoiriens et aussi des Africains de l’Ouest ont été rejetées sans qu’une étude adéquate de leur cas ait été faite », réitère la même source, tout rappelant les propositions présentées par le UNHCR après avoir rejeté définitivement leurs demandes.

En fait, le Haut Commissariat des Réfugiés recommande aux demandeurs d’asile soit d’aller en Libye de leur propre gré, soit de rester en Tunisie, ou de retourner dans leur pays d’origine par un vol de l’OIM.

Face à cette situation, les réfugiés ne savent pas quoi faire, ni où aller. « Nous sommes en train de voir dans tous les sens et de solliciter les ONG pour qu’elles nous viennent en aide », signale Frédéric tout en manifestant sa crainte d’être rapatrié obligatoirement vers son pays d’origine.

source http://www.africatime.com/tunisie/nouvelle.asp?no_nouvelle=670773&no_categorie=

Italie : révoltes dans les CIE de Modena, Torino et Bologna, charter frontex au départ de perugia

 Bologna :

Une révolte a éclaté ce matin (lundi 14/05). 7 keufs ont été blessés et 5 retenus, des Marocains et des Tunisiens, ont été arrêtés et inculpés de violences et rébellions envers les forces de l’ordre et destruction en réunion. Ils doivent comparaitre demain. L’après-midi même de la révolte un petit rassemblement s’est tenu devant la préfecture de Bologne où les inculpés ont été emmenés et sont en garde à vue.

Source : http://bologna.repubblica.it/dettaglio-news/17:50-17:50/4163495
Tract traduit ici, original sur macerie 

Modena :

Apparemment les mouvements de protestation initiés vendredi soir par les prisonniers ont continué. (voir ici)

Torino :

Depuis 1 semaine des petits incendies sont régulièrement allumés par les prisonniers dans certains secteurs du CIE. La nuit dernière l’incendie a été plus important : une soixantaiene de prisonniers ont brûlé matelas et autres.Les protestations étaient dirigées contre le juge de pais qui mois après mois maintient les gens en taule. Une fois de plus les militaires de la croix rouge ont éteint les incendies (comme ils ont éteints tous les petits qui avaient été allumés dans la semaine)

Perugia :

Charter frontex pour le Nigeria la semaine dernière un charter frontex pour le Nigeria a décollé de Perugia (une première parait-il)avec 24 nigérians à bord. Il a fait escale à malte, pays à l’initiative duquel le vol a eu lieu, pour embarquer 9 autres Nigerians avant de redécoller pour lagos.

Source : http://www.perugiatoday.it/cronaca/rimpatrio-24-nigeriani-aeroporto-perugia.html

Italie : Agression à Bologna

Ce matin, à dix heures et demie, nous avons reçu un appel de deux détenus du CIE qui, avec agitation et peur, nous ont informés d’une agression féroce en cours. La police avait pénétré dans les cellules de la section masculine afin de les perquisitionner avec violence, en particulier de la part de «l’inspecteur», un type qui avait déjà été signalé par le passé
pour s’etre distingué pour ses agressions physiques sur les détenus. Les gars nous ont parlé des visages et des dents cassés à coups de pied et d’un blessé d’une hémorragie  interne, transferé à l’hôpital. Quatre autres avaient tout simplement été amenés au poste de police.
Certaines personnes solidaires sont allés devant le poste de police pour exprimer leur soutien, tandis que d’autres sont allés à Sant’’Orsola afin de connaitre la condition du blessé. On a su que le garçon avait déjà été « libéré » et qu’il a été re-arrêté et placé avec les quatre autres.
Dans l’après-midi, les détenus nous ont informés d’une deuxième agression et de la présence de trois voitures de police à l’intérieur. En outre, depuis le repas de midi, une grève de la faim a commencé  parce qu’ils s’inquiètent du sort de leurs camarades, et qui demande qu’ils soient libérés.
Puis quelqu’un est passé hors le mur pour dire bonjour et dire que ce qui se passait à l’intérieur avait déjà fait le tour de la ville, à travers la radio locale et les interventions devant le poste de police.

Le mois dernier, les révoltes et les évasions n’ont jamais cessé de sorte que 18 détenus ont été en mesure de reprendre leur liberté. Pour faire face à cette situation la plupart des détenus ont été transférés dans d’autres Cie (par exemple à Trapani) ou déportés. Maintenant dans la section des hommes ils sont 16 alors que d’habitude leur nombre n’est pas inférieur à 60.

En solidarité avec les prisonniers dans le Cie

source : informa-azione via macerie

Italie : 2 réouvertures de centres

Gradisca : 200 prisonniers supplémentaires Après des dizaines de révoltes, depuis plusieurs mois (plus d’un an même) le CIE de gradisca n’était plus en capacité d’accueillir plus d’une vingtaine de prisonniers. Réparations et travaux ont été faits et plus de 200 sans-papiers vont de nouveau y être enfermés. Rassurez vous les keufs sont pessimistes quand à leurs possibilités de gestion du lieu…

Source : http://ilpiccolo.gelocal.it/cronaca/2012/05/12/news/il-cie-tornera-a-ospitare-oltre-duecento-stranieri-1.4497683

Après plus de 8 mois de fermeture suite à la révolte de la fin de l’été dernier, le CIE Lampedusa va réouvrir à moitié de ses capacités antérieures.

Source : http://corrieredelmezzogiorno.corriere.it/napoli/notizie/cronaca/2012/11-maggio-2012/pronto-riaprire-cie-lampedusagalipo-posti-letto-si-sono-ridotti-50percento-201139075015.shtml

Italie : Modena révolte et tentative d’evasion

Révolte à Modena – 11 mai 2012

Résumé d’articles de journaux

Une révolte qui a duré plusieurs heures a éclaté vendredi soir au centre d’identification et d’expulsion de Modena. Il y a eu plusieurs départs d’incendie, pas mal de mobilier détruit, les lits ayant notamment été démontés pour que les barres de fer les composant soient utilisées comme projectiles contre les flics. Les 60 prisonniers du centre hurlaient liberté. Selon le journal c’est une perquisition dans les cellules au cours de laquelle il y a eu un problème avec un Coran qui a mis le feu au poudre. Les canons à eau ont été utilisés et plusieurs corps de police extérieurs sont intervenus pour mater les révoltés qui le lendemain matin ont annoncé qu’ils se mettaient en grève de la faim. http://www.modenaonline.info/it/2012/05/13/clandestini-in-rivolta-al-cie-fuoco-e-spranghe-contro-la-polizia-12729 http://gazzettadimodena.gelocal.it/cronaca/2012/05/13/news/cie-toccano-il-corano-scoppia-la-rivolta-1.4502575

Traduction de : http://www.ilrestodelcarlino.it/modena/cronaca/2012/05/13/711887-cie-rivolta.shtml

Attention, cet article est issu de la presse. C’est donc la version policière.

« Révolte au centre de retention, pompiers et militaires attaqués avec des barres de fer. Quatre heures de tension au centre. Couvertures en feu.

Ils ont commencé en lancant des barres de fer retirés des lits contre les militaires en service, puis sont passés à l’incendie, incendiant des couvertures et donnant naissance à une douzaine de foyers dans des blocs différents, de sorte que la fumée a pu être vue à l’extérieur de la structure. Nous sommes au Cie (centre d’identification et d’expulsions) de la Via La Marmora.

À 21.30, avant hier : une énième révolte a été organisé par des immigrés clandestins détenus dans l’établissement et qui demandent la liberté.

Hier à 20h,les policiers sont retourné au centre pour une deuxième émeute. Comme d’habitude, le vendredi soir est une excuse suffisante pour réchauffer les cœurs : une perquisition indésirable d’une section, la nourriture fade, pour finir le Coran. Pour les immigrants, la plupart du temps des Nord-Africains, n’importe quelle excuse pour donner lieu à des manifestations violentes et organisées. Pour calmer les 60 immigrés clandestins les flics en patrouille autour, les carrabiniers et la police financière ont dû intervenir. Pas seulement eux, cette fois-ci les pompiers aussi ont du intervenir, ils ont éteint le foyer qui était alimenté avec du papier et des couvertures (qui vont maintenant être rachetées au détriment des contribuables, ndlr (sic!!, ndt)) avant que le feu se propage au reste du mobilier.

La révolte aurait son origine dans la section 6, la plus difficile, ou depuis longtemps sont enfermsé un groupe de clandestin particulièrement dangereux et fauteur de trouble. De cette section, la protestation s’est étendu à l’ensemble Cie et la police ont travaillé dur pour permettre à la situation de se calmer. Les immigrants ont crié, en brandissant des barres de fer, ont mis le feu à des choses, ils ont cassé les grilles et la lampe qui éclaire le centre, ont défoncé les portes et ont tenté de s’échapper. C’est seulement à une heure du matin que la situation est redevenue calme :

hier au Cie, ont comptait les dommages et le centre a été réarrangé. Les recents travaux de sécurité ont évité que, pendant la révolte quelqu’un ai réussi à s’échapper. En attendant, demain le prefet Giovanni Pinto doit visiter le centre, une inspection pour voir si d’autres améliorations sont nécessaires en termes de sécurité. L’autre soir, en concomitance avec l’emeute à Modène, une emeute avait lieu au CIE de Bologne.

Sur la dépense d’énergie pour ‘surveiller’ le Cie et d’accompagner les immigrants illégaux à la frontière, la police de l’Union SIULP souligne que « la présence du centre met Modena dans une condition très différente de celui des quatre-vingt dix autres pefectiures, compte tenu de la nature et de la quantité de travail à effectuer pour ce service – disent-ils – la coupe des heures supplémentaires, tel qu’elle est pratiqué, peut sembler dérisoire et presque anachronique dans une période de crise, mais si nous pensons c’est la troisieme fois que les policiers de Modene, par le biais du SIULP, ont dû recourir à la TAR pour le paiement des heures supplémentaires travaillées dans les services, il est clair qu’une réduction comme celle prévue par le gouvernement ne peut que signifier, au moins, davantage d’aliénation de notre profession, moins de sacrifice de soi, plus de colère envers les choix techniques et politiques très difficiles à digérer. «  »

via macerie

Lubumbashi : les 30 Congolais expulsés d’Afrique du Sud toujours détenus à la prison de Kasapa

Lubumbashi : les 30 Congolais expulsés d’Afrique du Sud toujours détenus à la prison de Kasapa

Six jours après leur arrivée à Lubumbashi, les trente Congolais expulsés d’Afrique du Sud sont encore gardés à la prison centrale de Kassapa. Les autorités judiciaires avaient pourtant signé le billet de leur libération 48 heures après leur arrivée au terme d’une identification effectuée par des agents de la Direction générale de migration et de l’Agence nationale de renseignements.

Une équipe de la Monusco qui a rendu visite à trois reprises à ces Congolais expulsés d’Afrique du sud pour séjour irrégulier a estimé que ces personnes sont privées illégalement de leur liberté.

Le directeur de la prison conditionne leur libération par la présence des membres de leurs familles.

L’équipe de la Monusco pense plutôt que cette décision vise à prolonger la détention des expulsés, soupçonnant une manœuvre pour les rançonner.

La plupart de ces expulsés qui se plaignent de leurs conditions de détention sont des ressortissants des provinces du Katanga, Sud-Kivu, Nord-Kivu et Kinshasa.

A leur arrivée, l’administration pénitentiaire avait confirmé qu’il n’y avait aucune poursuite judiciaire engagée contre eux.

Au mois de février dernier, cinquante-deux Congolais expulsés toujours de l’Afrique du Sud avaient passé plusieurs jours à la même prison, avant de regagner leurs milieux d’origine.

source : http://radiookapi.net/actualite/2012/05/12/lubumbashi-les-30-congolais-expulses-dafrique-du-sud-toujours-detenus-la-prison-de-kasapa/

Belgique : dans les centres fermés

Merksplas
Émeute ce 10 mai . D’après certains témoignages c’était très violent.
Des appels nous étaient parvenus dans la matinée pour nous prévenir et pour demander de l’aide.
http://detention.theowlseyes.info/category/Merksplas
Ce 11 mai on apprend que une quarantaine de policiers sont entrés dans le centre, ont matraqué tous les participants à l’émeute et que 5 personnes sont ce jour au cachot, que tout est calme et que la sécurité est renforcée.

 

127bis :
Beaucoup de stress dans le centre, avec des débats multiples, tentative de suicide, conflits entre détenus et mise en isolement des récalcitrants.

Deux personnes en grève de la faim depuis une semaine : un Magrhébin et un Palestinien.
Le Marocain a arrêté sa grève de la faim. Le Palestinien a été amené pendant la promenade et a disparu.

Un afghan expulsé la semaine dernière se retrouverait en prison à Kaboul (info à confirmer).

Un Ivoirien subit ce 10 mai sa 4ème tentative d’expulsion forcée vers Israël !

Ce 11 mai un Tunisien arrivé il y a quelques jours s’est coupé les veines, a été amené à l’hôpital, puis s’est évadé.

Caricole : déménagement terminé ce 08/05 : les occupants du 127 ont désormais de nouveaux locaux « sous clés ».