Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

[Maroc] Des migrants occupent l’ambassade du Sénégal et s’affrontent avec la police – Rabat, 28 mai 2013

Une centaine de migrants d’origine sénégalaise a occupé durant trois heures leur ambassade pour protester contre l’acharnement de la police marocaine. L’ambassadeur n’a pas hésité à laisser entrer les flics marocains dans l’ambassade pour l’expulser. Durant une heure les migrants ne se sont pas laissés faire et ont affronté la police. Un flic blessé à été évacué en ambulance. Les migrants ont réussi à fuir par les résidences voisines sauf deux qui ont été arrêtés.
Selon les associations 20000 à 25000 clandestins tentent de rejoindre l’Europe depuis le Maroc, soit par la mer soit par les enclaves espagnoles de Sebta et Melilla
Reformulé par nos soins depuis la presse via lechatnoiremeutier

[Turin] En morceaux – 16 mars 2013

Incendie après incendie, le CIE de corso Brunelleschi continue à perdre des morceaux. Le dernier, hier soir, survenu durant une brève émeute déclenchée vers 20 heures par les retenus de la section violette, avec matelas et articles ménagers mis au feu dans les chambres. La révolte a pris corps une demi-heure après un rassemblement bruyant devant le centre d’une vingtaine d’ennemis des expulsions, avec petards, slogans, cris, et messages de solidarité. Il ne reste plus de chambres disponibles dans la zone violette, et les prisonniers ont dû dormir soit dans la cantine soit dans une autre section. Depuis les dernières émeutes, il ne reste plus qu’une chambre dans la section bleue ainsi que dans la rouge où dorment 8 ou 9 personnes,. La section jaune, où le 24 février trois chambres étaient parties en fumée sur cinq, est la plus bondée : une chambre a été rouverte et donc les retenus sont répartis dans trois chambres ainsi que, bien sûr, dans la salle à manger.

 

macerie @ Marzo 16, 2013

 

[Italie] Révoltes et évasions du nouvel an 2013

28 décembre à Turin

Dans l’après-midi, quelques détenus du centre de Turin ont incendié des matelas. La nuit précédente, il y eut également beaucoup de désordre dans le centre, de puissants cris distinctement perceptibles par les habitants des environs. Un détenu est monté sur le toit d’une section.

Nouvel an à Bologne

Encore une révolte au CIE de Bologne via Mattei, le soir du nouvel an aussi : quatre retenus ont tenté de s’évader mais leur action a été bloquée par la police. Deux ont été arrêtés alors qu’ils avaient déjà escaladé les grilles. C’est arrivé vers 1h00 et le calme est revenu vers 2h30. Il y a aussi eu des lancés de projectiles contre la police.

Nouvel an à Turin

Profitant du désordre de la fin d’année une quarantaine de solidaires ont manifesté devant le centre de Turin, à l’aide de pétards, bombe carta, fumigènes et tambours. A l’intérieur du centre les détenus ont répondu  vivement, à tel point que la police fut contrainte d’intervenir.

Nouvel an à Gradisca

31 décembre à haute tension au CIE de Gradisca. Une grosse révolte a éclaté dans le centre la nuit de la saint-sylvestre. L’émeute a eu pour protagonistes près de 20 détenus, dont 7 ont réussi à s’évader.
Il n’y a malheureusement pas eu de blessés chez les flics malgré les nombreux objets lancés. Visiblement l’action avait été organisée dans les moindres détails par les détenus.
L’alarme s’est déclenchée vers 20h30 lorsqu’un groupe de détenus a réussi à sortir des chambres et à se faire la belle.

Apparemment ils l’ont fait sans résistance de la part des matons, en effet, les retenus s’étaient procurés les clefs des portes qui séparent la cafétéria de l’entrepôt. Les autres portes ont été forcées à coups de pied. Une fois dans l’entrepôt les révoltés se sont armés de gros cadenas et d’extincteurs. D’autres s’étaient préparés à l’émeute depuis des jours. Ils avaient rempli de pierres et de sable des bouteilles en plastique pour les lancer sur les flics. Une fois dans la cour la tension a atteint son paroxysme. Policiers, militaires et carabinieri qui surveillent l’extérieur ont été visés par des objets lancés par les retenus. Certains ont vidé les extincteurs sur les flics. Deux flics de la garde des finances ont été emmenés aux urgences pour intoxication.

Profitant du bordel 7 détenus ont réussi à escalader le dernier mur d’enceinte et à disparaître, sans laisser de traces, dans la nature avoisinante. Mais la tension a persisté, et il a fallu encore plusieurs heures pour mater la révolte. Le syndicat de flics/matons qui officie dans le centre a déclaré que c’était le règne de l’anarchie.

librement repris de macerie

[Turin] Révolte au CIE : Flambé – 14 décembre 2012

Flambé

Deux semaines après la révolte du 30 novembre, une nouvelle mutinerie a réchauffé les cœurs des prisonniers du centre de rétention de Turin. Encore une fois, il a suffi d’un petit salut pour allumer la mèche: quand, dans l’après-midi, une trentaine de solidaires se sont rassemblés à l’extérieur du centre, certains détenus des sections rouge, bleue et violette sont montés sur les toits et ont incendié plusieurs matelas. Des ballons de foot et des balles de tennis ont été lancés par dessus des murs, un petit brasier a été allumé sur le trottoir. La police est intervenue avec des canons à eau pour éteindre les incendies sur les toits et, à ce qu’il paraît, un mur à l’intérieur de la section rouge a été abattu, de quoi faire des pierres à jeter sur les flics. L’émeute terminée, la police a perquisitionné la section rouge à la recherche de morceaux de verre (ou de bananes renforcées?) et, peu après, dans la section bleue, des retenus ont lancé des bouteilles sur les matons.

 source macerie

[Naples] Une trentaine de sans-papiers affronte la police devant l’office de l’immigration suite à des refus de régularisation – 25 octobre 2012

Ce jeudi 25 octobre, des dizaines d’immigrants ont pris d’assaut le poste de police aux frontières de Naples (l’ufficio immigrazione della Questura di Napoli) en fin de matinée à Naples qui est situé Via Galileo Ferraris.

Leur colère est liée au fait qu’ils n’aient pas été régulariséEs lors de leur passage au poste de police de l’immigration.

Des voitures de police, garées devant le bureau de l’immigration, ont été endommagées pendant les affrontements (dont un véhicule aurait été incendié). L’émeute a débuté juste après le rejet de régularisation de la trentaine de sans-papiers, qui attendaient l’obtention de papiers.

5 immigrants ont été arrêtés durant les affrontements, alors qu’une dizaine de policiers ont été blessés.

Repris de Le chat noir émeutier

[Australie] émeute et manifestation contre les camps péninsulaires – 30 septembre 2012

Émeute dans le camp de Nauru – 30 septembre 2012

Une quinzaine de demandeurs d’asile enfermés dans le nouveau centre de Nauru ouvert il y a un mois (1500 places) ont détruit des tentes, des équipements électriques et une partie de la cuisine.

Le 22 septembre, 200 personnes avaient manifesté sous les fenêtres du centre de rétention de Maribyrnong (Melbourne) contre l’enfermement des demandeurs d’asile et la (ré)ouverture des deux camps de Manus et Nauru.

Les habitants des ces deux États insulaires ont quant à eux l’air ravi de ces réouvertures qui, selon David Aimgimea, PDG de Eigigu Holdings, une entreprise qui possède, entre autres, un supermarché à Nauru et distribue le poisson pêché localement, « va booster l’hôtellerie et le secteur de la construction. Même chose pour les supermarchés, les quincailleries, donc ça va créer des emplois. Sans compter les emplois directement créés pour la gestion du centre de détention. Quand le centre était encore ouvert, des Nauruans étaient employés comme agents de sécurité, mais aussi aux cuisines. Ce qui a aussi permis à pas mal de Nauruans d’apprendre un métier. »

Sans commentaire…

camp de Nauru

Italie : émeute et évasion a Modena

Italie : émeute et évasion a Modena

22 mai 2012

Hier soir tard dans la nuit, il y a eu une évasion de groupe avec violence dans le CIE Modena. 26 immigrants clandestins ont réussi à s’échapper malmenant à coups de barres de fer improvisés les soldats qui étaient de garde. Trois soldats blessés. La moitié des étrangers qui se sont évadés ont été rattrapés et ramenés au centre.
Sur l’incident au Cie le conseiller Dori Maurizio du Parti démocratique s’exprime : « Deux hommes de la Guardia di Finanza et  un militaire ont été évacués (l’un des flics de la guardia di finanza avait des points de suture à la tête). Une vingtaine de détenus ont fui, dont certains ont été repris quelques heures plus tard. Encore de la violence dans le Cie, le Centre pour l’identification et l’expulsion de la Via La Marmora. Une vingtaine de jeunes hommes jeunes ont utilisé le cadre du lit pour le transformer en objets contondants, et ont fait face armés ainsi aux gardes. C’est un incident très grave, la vie de ceux qui sont en charge du contrôle dans le CIE a été mis en danger. Ces hommes, entre autres, accomplissent leur tâche sans être armés. Ils ont essayé de ramener la situation sous contrôle, mais ont été battus violemment. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. […].  »    Modena2000

http://www.autistici.org/macerie/?p=29151

Corelli brûle encore (un rendez-vous à Milan)

Corelli brûle encore (un rendez-vous à Milan)

Le 24 mai, au tribunal de Milan, se déroulera la première audience d’un procès contre neuf hommes accusés à divers titre d’avoir participé le 15 janvier dernier à une émeute qui a éclaté dans le centre de rétention (CIE) situé via Corelli.

Jusque là, on pourrait penser à un procès comme on en a déjà vu ces dernières années contre ceux qui luttent dans les centres pour recouvrer leur liberté. Mais cette fois, il vaut la peine de s’attarder un peu plus, et d’observer ce qui est en train de se passer, et les problèmes que cela pose.

Tout d’abord, il est utile de rappeler les faits.

Le 15 janvier 2012, suite au tabassage d’un jeune et suite à l’énième perquisition des chambres à la recherche des téléphones portables (qui sont interdits à Corelli depuis octobre 2010, mais qui sont vendus en cachette par des membres de la Croix Rouge pour la modique somme de 200 euros, avec l’accord tacite de la police), la tension éclate.

Une révolte explose, la section E est entièrement détruite (et reste hors service jusqu’à aujourd’hui), et les 26 retenus de cette section sont tous incarcérés.

Pendant que les autres enfermés du centre lancent une grève de la faim les deux jours suivants en solidarité avec leurs camarades arrêtés, ces derniers sont emmenés au commissariat. Interrogés deux par deux, ils sont soumis à de fortes pressions psychologiques et poussés à s’accuser les uns les autres afin de susciter rancoeur et méfiance.

Et voilà le noeud d’un des premiers problèmes que cette histoire a posé et pose jusqu’à aujourd’hui. Certains d’entre eux n’ont pas cédé aux intimidations policières, d’autres en partie si. Ainsi, sur les 26 arrêtés, l’incarcération préventive a été confirmée pour neuf d’entre eux, deux ont réussi à s’évader du comico, cinq ont été déportés, et les autres transférés dans différents centres de rétention.

Cette situation nous a donné du fil à retordre depuis le début, en particulier sur le fait de donner ou pas de la solidarité. Vu les circonstances dans lesquelles le terrorisme psychologique, sciemment orchestré par les bourreaux en uniforme, a enrayé la solidarité entre prisonniers, il n’est pas facile d’avoir une approche politique qui ne tienne pas compte de cet aspect déplaisant. Mais il ne faut pas non plus oublier le fait qu’ils se sont rebellés en détruisant toute une section du centre.

Il s’agit d’un procès où il y a dans les PV des déclarations explicites qui mettent certains des accusés en position difficile, mais cela ne signifie pas que ce procès ne puisse pas être une occasion de continuer la lutte contre les centres, pour faire sortir du silence les conditions de vie à l’intérieur et les explosions de rage que ces structures génèrent, tout en conservant la perspective de les abattre entièrement.

De plus, les inculpés qui passeront en procès seront accusés de rien moins que de « dévastation et pillage ». Un chef d’inculpation qui est revenu ces derniers temps sur les bancs des tribunaux lors de différents épisodes d’affrontements de rue et qui, avec des peines qui vont de huit à quinze ans de prison, vise à intimider ceux qui luttent pour leur intimer de ne pas trop relever la tête.

Maintenant, on voit ce chef d’inculpation être aussi utilisé par rapport aux révoltes dans les centres.

La tension à Corelli et dans les centres de rétention de toute l’Italie reste très élevée, et oscille entre des gestes d’automutilation, des tentatives d’évasion, des actes de révolte individuelle et des émeutes collectives. Depuis l’augmentation de la durée de rétention (d’abord jusqu’à 6 mois, puis jusqu’à 18 mois), il y a eu une augmentation exponentielle de révoltes et d’évasions, aussi bien en termes quantitatifs que d’intensité. Celle-ci est accompagnée par une administration massive d’anti-dépresseurs pour affaiblir les individus enfermés, mais même cette tactique n’est pas couronnée de succès. A présent se déroule dans les salles d’audience une nouvelle étape de la stratégie répressive : l’utilisation de chefs d’accusation qui prévoient de longues peines de prison. Si ceux qui étaient jugés pour des faits de révolte étaient habituellement inculpés pour dégradation, rébellion, violence, etc. et condamnés à quelques mois de prison, les 9 incarcérés en préventive risquent désormais une peine très élevée. Il s’agit d’une claire tentative de répression afin que quiconque qui a l’intention d’accomplir de tels actes d’insubordination y renonce de soi-même.

Nous pensons qu’il est important de prendre acte des nouvelles stratégies répressives qu’ils utilisent pour frapper ceux qui se rebellent dans les centres de rétention, afin de développer une réflexion sur les luttes qui se déroulent aussi dehors, et de donner plus d’acuité à nos actions.

Jeudi 24 mai, nous serons présents au tribunal pour donner notre soutien à ceux qui se sont révoltés dans le centre de rétention. Le procès débutera à 9h30, salle 1bis, troisième étage.

Assemblée « entre vent et tempête »

Publié le 19 mai 2012 sur macerie, et traduit de l’italien pour « Sans papiers ni Frontières »  .

Italie : CIE de Gradisca fidèle à sa réputation : à peine réouvert tentatives d’évasion et résistances

Italie : CIE de Gradisca fidèle à sa réputation : à peine réouvert tentatives d’évasion et résistances 17 mai 2012

Cette semaine le centre de rétention de Gradisca qui avait été partiellement fermé pendant plusieurs mois suite au révoltes qui mur par mur, cellules par cellules l’avaient rendu inopérationnel, a de nouveau réouvert en grand (mais pas complètement : sur la capacité d’enfermement initiale de 248 personnes, ce sont 168 places qui ont été de nouveau mises en état de nuire).
En tout cas à peine réouvert, les affrontements et tentatives d’évasion ont commencé : jeudi un retenu est monté sur le toit pour tenter de se faire la belle, tentative d’évasion au cours de laquelle un flic a été blessé.
Dans la cour du centre, plusieurs prisonniers ont initié un sit-in et ont refusé de réintégrer les cellules.
A l’intérieur des couloirs les câbles des alarmes incendies ont été arrachés.
les flics se plaignent beaucoup et les syndicats policiers montent au créneau pour dénoncer leurs conditions de travail, l’argent que coûte le transfert de détenus Tunisiens initialement prisonniers dans des CIE en Sicile vers Gradisca….

http://ilpiccolo.gelocal.it/cronaca/2012/05/20/news/il-cie-di-gradisca-ritorna-zona-a-rischio-1.4812355
http://messaggeroveneto.gelocal.it/cronaca/2012/05/20/news/sommossa-al-cie-due-agenti-in-ospedale-1.4816081

Belgique : dans les centres fermés

Merksplas
Émeute ce 10 mai . D’après certains témoignages c’était très violent.
Des appels nous étaient parvenus dans la matinée pour nous prévenir et pour demander de l’aide.
http://detention.theowlseyes.info/category/Merksplas
Ce 11 mai on apprend que une quarantaine de policiers sont entrés dans le centre, ont matraqué tous les participants à l’émeute et que 5 personnes sont ce jour au cachot, que tout est calme et que la sécurité est renforcée.

 

127bis :
Beaucoup de stress dans le centre, avec des débats multiples, tentative de suicide, conflits entre détenus et mise en isolement des récalcitrants.

Deux personnes en grève de la faim depuis une semaine : un Magrhébin et un Palestinien.
Le Marocain a arrêté sa grève de la faim. Le Palestinien a été amené pendant la promenade et a disparu.

Un afghan expulsé la semaine dernière se retrouverait en prison à Kaboul (info à confirmer).

Un Ivoirien subit ce 10 mai sa 4ème tentative d’expulsion forcée vers Israël !

Ce 11 mai un Tunisien arrivé il y a quelques jours s’est coupé les veines, a été amené à l’hôpital, puis s’est évadé.

Caricole : déménagement terminé ce 08/05 : les occupants du 127 ont désormais de nouveaux locaux « sous clés ».