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Contre les frontières et leurs prisons

[Grèce] À propos de l’assassinat de Babacar Ndiaye à Thisseio – février 2013

Un microfoniki et une manifestation ont eu lieu en réponse aux assassinats de Babacar Ndiaye et Shahzad Lukman les 12 et 14 février, à l’initiative de  l’Assemblée d’Immigrés et de Solidaires d’ASOEE et d’autres compagnons anarchistes. voir ici et

Quand les flics et les fascistes assassinent…

Le  1/2/2013, vers 21h00, nous sommes prévenus de la mort d’un immigré trouvé mort sur les rails de métro  à  Thiseio. Les médias appellent cela un suicide. Depuis les hauts-parleurs des stations il est annoncé :  “le métro finira son trajet  à la station d’Omonoia  à cause d’un obstacle sur les voies”. Des immigrés et solidaires commencent  à se rassembler  à la station. Peu de temps après, les MAT arrivent, attaquent le rassemblement en utilisant du gaz lacrymogène et la dispersent. Ils continuent en pourchassant et interpellant des gens aux alentours, certaines se transformant en arrestations, quels sont les noms et le nombre, nous ne l’avons toujours pas trouvé. Selon un témoin qui  était avec  Babacar Ndiaye, ils vendaient leurs marchandises  à  Thiseio   quand ils ont vu la police municipale s’approcher d’eux. L’un d’entre eux a  été poursuivis vers  Monastiraki   et  Babacar   a  été poursuivis par 2 flics vers la station. Alors qu’ils tentaient de s’échapper, il a  été acculé sur un pont au-dessus des voies et pendant un conflit où les flics ont tenté de voler ses marchandises, il est tombé de 6-7 mêtres de haut sur les voies. L’immigré qui  était avec lui a  été attrapé peu de temps après et dépouillé de ses marchandises. Ensuite, quand il est retourné  à  Thisio,  à la recherche de  Babacar, il l’a trouvé mort sur les rails, les flics nulle part où  être vu et ses marchandises manquantes. Après cela, il est allé au commissariat pour témoigner, déclarant qu’il se souvenait des deux flics qui poursuivait  Babakar  et qu’il pouvait les identifier. Sans aucune surprise, au quartier général de la police, où tous les flics de cette unité  étaient sensés faire leur rapport, les deux impliqués ne le firent jamais.

Au sein de la brutalité capitaliste dans laquelle nous vivons, cette mort n’est pas un accident ni un incident de plus. Des corps d’immigrés sont trouvés sur les côtes et fonds marins grecs (entre autres), des fosses communes sont découvertes autour des frontières des  états capitalistes développés, les travailleurs sont transformés en pièces dans les usines  – les fondations de nos  économies, les expéditions militaires avec des milliers de mort, les gens qui luttent qui se font tirer dessus, les détenus retrouvés  “suicidés” dans leurs cellules, les suicides  à cause des dettes, les assassinats d’immigrés par les fascistes (comme l’attaque mortelle  à coups de couteaux de  Shehzad Luqman  à  Petralona le 17/1).

Un système qui applique un nettoyage radical et ose l’appeler  “Zeus l’accueillant”, qui couvre et promeut la présence et attaque quotidienne des flics et fascistes dans nos maisons et quartiers, semble bien loin d’être centré sur l’humain… Mais, dans tous les cas, ceci est quelque chose qu’ils admettent d’eux-mêmes, ils ont pour objectif la purge de la ville, sans personnes qui résistent, sans immigrés, avec la pauvreté et la misère bien cachées, physiquement et métaphoriquement.

Avec la crise pour prétexte (en d’autres mots, l’assurance des profits des grands patrons), le capital et ses  états re-modèlent les termes de notre exploitation. Pour nous désorienter, ils promeuvent nos dissensions et le cannibalisme social, essayant de nous persuader que nos ennemis sont les immigrés, les grèvistes, les structures auto-organisées, les squats, toutes les parties sociales qui refusent de se soumettre  à ce qu’il leur est imposé, tous ceux qui se battent pour l’égalité, la liberté et la solidarité.

 …la menace est ceux qui refusent de la voir.

La seule solution pour nous est de trouver des chemins pour co-exister et agir en commun contre ce qui est en train d’arriver. Ensemble, natifs et immigrés, sans hiérarchies ni discriminations sur des critères de race, sexe ou couleur, nous nous unissons contre tous types de racisme fasciste et de brutalité policière, pour le monde que nous voulons créer. C’est pourquoi nous choisissons de participer dans l’assemblée d’immigrés et de solidaires d’ASOEE (chaque jeudi  à 17h00), essayant  à travers les luttes communes de locaux et d’immigrés de mettre  à bas  les attaques auxquelles nous faisons face et celles qui vont advenir.

 Initiative de  l’Assemblée d’Immigrés et de Solidaires d’ASOEE

https://immigrants-asoee-fr.espivblogs.net

Category: Tracts, Textes & Affiches

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