Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

Brèves des frontières #4, luttes et solidarité – mi octobre début novembre 2015

Londres (Grande-Bretagne). Le 16 octobre, 500 personnes se sont réunies à la gare de St Pancras, terminus de l’Eurostar, en solidarité avec les personnes bloquées à Calais qui cherchent à rejoindre l’Angleterrre. La gare a été bloquée pendant plusieurs heures, causant d’importants retards. Les manifestant-es ont rappelé le nombre de mort-es à cette frontière (20 connu-es depuis juin) et la responsabilité des entreprises Eurostar et Eurotunnel qui demandent toujours plus de sécurité et de barbelés autour de l’accès au tunnel sous la Manche.

Mais certain-es manifestant-es voulaient dire autre chose que un unique slogan « this border kill » :
« Certains des messages que les manifestants espéraient transmettre ont été éclipsées par d’autres. Assis dans des mares de faux sang, entouré de camarades tenant des pancartes « 15 personnes sont mortes depuis Juin », le message « cette frontière tue » a été entendu, clairement et simplement. Cette frontière tue ! Mais ce message seul peut être dangereux. Il a été et sera très probablement utilisée par les autorités britanniques et françaises et par l’entreprise Eurostar pour justifier la poursuite de la militarisation de la frontière. La logique de contrôle fonctionne : des frontières sont érigées, ce qui rend leur franchissement mortel, ce qui justifie des contrôles supplémentaires afin de soi-disant protéger des vies. Cette frontière tue ; et à cause de cela, nous devons ériger plus de barrières, apporter plus de chiens renifleurs, utiliser plus de gaz lacrymogènes pour dissuader les gens de traverse, cela afin de sauver leur vie. Nous courons le risque de faire le travail des États si le message « cette frontière tue » est crié seul, parce que nous alimentons la logique cinglée qui justifie plus de frontières.
[…] Si notre lutte contre les frontières est de faire autre chose que ce qui est compatible avec la logique de l’État, alors nous devons faire attention aux conclusions et aux conséquences que le slogan ‘cette frontière tue » peut amener. D’autres messages sont essentiels aux côtés de « cette frontière tue » car ils exigent d’autres conclusions que celles qui justifient les contrôles aux frontières. Ces autres messages expriment la nécessité de la liberté de circulation et non pas du contrôle. » Source.

Toujours à Londres, samedi 24 octobre un rassemblement était appelé à la gare Saint Pancras à Londres en solidarité avec les migrant-es de Calais et pour la libération de Abdul Rahman Haroun, Payam Moradi Mirahessari et Farein Vahdani, les trois personnes incarcérées en Angleterre car elles ont traversé le tunnel sous la Manche à pied depuis Calais.

Ce sont plusieurs centaines de personnes qui se sont retrouvées vers 18h devant la gare et qui ont tenté de pénétrer à l’intérieur avec l’intention de bloquer le trafic de l’Eurostar. Mais de nombreux flics, dont certains en tenue anti-émeute se sont interposés à grand renfort de coups de matraques.
Malgré ce déploiement policier important, un groupe d’environ 30 femmes est parvenu à déployer une banderole à l’intérieur de la gare face à la salle d’embarquement de l’Eurostar, scandant des slogans contre les frontières et distribuant des tracts aux voyageurs/euses. Le groupe a réussi à s’éclipser avant l’intervention de la police déjà débordée.

Puis un autre groupe est entrée dans la gare King’s Cross, adjacente à Saint Pancras, et à déployé une banderole « people want to bring down the borders » avant d’être encerclé pendant une heure puis escortés vers la sortie avec une interdiction de fréquenter la gare pendant 24 heures.
Plusieurs personnes ont été arrêtées. Source. Une manifestation était également appelée à Paris (voir plus bas).

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Strathaven (Écosse). La coordination « We will rise », un groupe de migrant-es et réfugié-es et de personnes solidaires, organisait le 25 octobre un rassemblement devant le centre de rétention de Dungavel pour exprimer sa solidarité avec les personnes enfermées, demander la fermeture de ce centre de rétention, l’unique existant en Écosse, et apporter son soutien aux initiatives contre les centres de rétention d’Harmondsworth et de Yarlswood en Angleterre.

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Calais (France). Samedi 17 octobre, 1000 personnes ont manifesté à Calais, migrant-es et solidaires, et 500 à 700 manifestant-es ont pénétré dans le port vers le terminal ferry et se sont affronté-es avec les CRS qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Beaucoup de personnes étaient venues d’Angleterre et d’Écosse pour cette manifestation organisée par plusieurs collectifs et associations, mais ce sont les migrant-es qui ont pris les devants, dépassant les organisateurs. Video

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Dans le même temps, à Douvres en Angleterre quelque 500 manifestant-es ont défilé à travers la ville et ont bloqué la route qui mène au terminal de ferry, causant d’important retards. Source.

Après avoir, squat par squat et campement par campement, chassé tou-te-s les migrant-es du centre ville de Calais, l’État cherche maintenant des moyens pour vider la jungle et bannir définitivement les indésirables de la ville.

Le 21 octobre, le ministre de l’intérieur s’est déplacé à Calais, accompagné de dizaines de journalistes. Il a confirmé l’annonce de la construction d’un nouveau camp gouvernemental, d’une capacité de 1500 places. À partir du 2 novembre, c’est un camp de 74 containers, entouré de palissades (dont on se sait pas encore si elles seront surmontées de barbelés) qui verra le jour, en plein milieu de l’actuelle jungle où plusieurs milliers de personnes vivent dans des conditions difficiles. Il sera géré par l’association La Vie Active, association locale qui tire grand profit de la situation à Calais puisqu’elle gère déjà le centre d’accueil de jour Jules Ferry. 400 personnes vont être virées de leur place d’ici quelques jours pour faire place à ce camp, véritable prison comme il s’en érige partout en Europe actuellement, lieu de stockage, de tri et de gestion des migrant-es.

Lors de cette visite, le ministre a également annoncé l’arrivée de 460 flics supplémentaires à Calais. Ces renforts, portant a plus de 1000 le nombre de flics sur place, vont servir à renforcer encore plus la sécurité des abords du tunnel sous la Manche pour empêcher les migrant-es de passer en Angleterre. Cazeneuve se vante dans les médias que depuis le 25 octobre, plus aucun-e migrant-e ne passe en Angleterre. L’augmentation des infrastructures de surveillance et de sécurisation du port et du tunnel sous la Manche et la présence de plus en plus nombreuse de flics et de vigiles, pousse les migrant-es a prendre de plus en plus de risques pour tenter le passage de la frontière. Résultat, depuis le début de l’année 2015 le nombre de mort-es et de blessé-es a augmenté en flèche.

L’accentuation de la présence policière à Calais permet également de multiplier drastiquement le nombre d’arrestations. Depuis le 20 octobre, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées à Calais, au centre-ville, près du port et du tunnel, aux abords de la jungle. Elles ont ensuite été transférées dans des centres de rétention à travers tout le territoire (Coquelles, Nîmes, Toulouse (Cornebarrieu), Rouen (Oissel), Marseille, Mesnil-Amelot, Perpignan). Ces arrestations annoncent le début d’une grande opération policière à Calais et ont pour objectif est de disperser les migrant-es à travers tout le territoire, de faire en sorte de les épuiser, de les décourager de retourner à Calais pour tenter de passer en Angleterre. En effet, pour le moment, la majorité des personnes arrêtées ont été libérées sous cinq jours et doivent ensuite retraverser toute la France pour retourner à Calais, où elles ont souvent perdu toutes leurs affaires. D’autre part, les décisions d’expulsion vers certains pays comme le Soudan et l’Afghanistan se multiplient.

Beaucoup de migrant-es arrêté-es à Calais racontent que les flics les ont menacé de prendre leurs empreintes digitales de force à la prochaine arrestation. La mise à exécution de cette menace compromettrait pour ceux/celles qui parviennent à traverser leur possibilité de demander l’asile en Angleterre et autoriserait ce pays à les renvoyer en France. Le message est clair et il a été répété maintes fois par le gouvernement : soit les migrant-es présent-es à Calais demandent l’asile de leur plein gré, soit ils doivent disparaître.

Les patrouilles de flics dans la jungle se font de plus en plus fréquentes avec pour objectif de maintenir une pression constante sur les habitant-es, de contrôler les allers et venues de groupes (par exemple qui se dirigeraient vers le port ou le site de l’Euro-tunnel). Plusieurs bénévoles d’associations et militant-es ont également été contrôlé-es et des véhicules qui ramenaient de la nourriture ou des dons ont été bloqués.

Enfin, des « départs volontaires » de Calais sont organisés vers des centres dit « de répits », aux quatre coins de la France, facette humanitaire de cette grande opération de vidage de Calais.
L’augmentation de la pression policière et ces diverses tentatives de dispersion des migrant-es ont aussi pour objectif de casser les dynamiques de lutte et d’organisation collectives qui se sont développées ces derniers temps : manifestations, blocages de l’autoroute, prise d’assaut collective du tunnel, etc.

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À propos du nouveau camp à Calais :

Un camp de conteneurs pour 1500 personnes sur le point d’être construit- 400 personnes à qui l’on dira de bouger

Le 21 octobre, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’intérieur, est revenu à Calais pour faire plus d’annonces sur les futurs projets concernant la jungle et la sécurisation de la frontière.
Suite à cette visite, les médias ont largement mis en avant la « posture humanitaire » de Cazeneuve qui annonce la mise en place de tentes pour 200 femmes et enfants. Certains ont parlé du nouveau projet de construire un camp pour 1500 personnes. Certains l’ont félicité (ou gentiment réprimandé) d’engager 500 flics de plus, gendarmes et policiers, à Calais.

Ce dont peu parlent, c’est que Cazeneuve est venu à Calais pour parler avec quelques associations du déplacement d’au moins 400 personnes de leur place dans la jungle pour construire ce nouveau camp gouvernemental. Pour ceux qui sont dans cet endroit, l’association Salam a commencé leur annoncer qu’ils ont dix jours pour se déplacer, la construction du nouveau camp devant commencer dans moins de deux semaines. Des piliers rouge ont commencé à être élevés dans la jungle, délimitant la zone du nouveau camp.

Ceux qui sont forcés de se déplacer se voient offrir temporairement des tentes et une place en tête de la liste d’attente du nouveau centre. Des gens ont accepté de déménager à Jules Ferry, forcés de bouger de leurs anciennes maisons, en échange de la promesse que leur présence sur la jungle sera tolérée, qu’il n’y aurait pas d’expulsions et qu’ils ne seront pas harcelés par la police. Pour certains d’entre eux, ça sera la troisième ou quatrième fois qu’ont les aura expulsé. Ces plans ont été fait sans consultation ou consentement d’aucune personne concernée.
Du point de vue de la structure, ce camp rime avec mépris. Il sera constitué de conteneurs séparés par des chemins de trois mètres de large. Aucun architecte n’a été impliqué dans la conception et il sera construit sur la partie la plus humide et venteuse de la jungle. Dans un article un architecte a dessiné une maquette du camp tel qu’il est planifié et le décrit comme une réminiscence des camps de concentration des années 30.

Les gens de la jungle ne veulent pas de ce nouveau camp fermé. Beaucoup le voient comme ce qu’il est réellement : non pas une « posture humanitaire » offrant de l’hygiène et un lieu sûr, mais un pas de plus dans des projets de division et de contrôle des gens. À travers leur voyage – depuis Vintimille, de Lampedusa, tout le long du chemin dans les pays frontaliers de l’Europe – les gens ont fait l’expérience de ces camps. Barrières et barbelés, listes de nom, couvre-feux, présence policière, des règles, des règles, des règles et aucune autonomie.

Le nouveau camp abritera 1500 personnes, mais il y a environ 6000 personnes qui sont dans la jungle actuellement. Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas leur place au camp ? Et qui sont ceux « ont le profil » pour y habiter ? Laisseront-ils le reste de la jungle vivre en autonomie en dehors des murs de cette prison ? C’est peu probable. Il semble plutôt qu’une expulsion à grande échelle surviendra dans les prochains mois.

Nous condamnons ce plan. Nous sommes solidaires de ceux qui seront expulsés de leurs maisons encore une fois. Nous condamnons les associations qui collaborent avec les autorités, et qui, ce faisant, rendent possible les interventions de la part de la police et du gouvernement.

Calais Migrant Solidarity, 22 octobre 2015

Communiqué d’un groupe de migrant résident sur la zone de construction du nouveau camp sur les raisons de leur refus de quitter leurs maisons :

La construction du nouveau camp sera en plein milieu du camp actuel, mais ce n’est pas une véritable solution pour les problèmes des personnes réfugiées.
La capacité du nouveau camp est de 1500 places, ce qui n’est pas suffisant pour la population réfugiée de Calais.
La zone choisie par le gouvernement pour la construction n’est pas viable pour un camp.
Les décisions prises par le gouvernement français nous paraissent peu claires.
Le gouvernement français force des personnes réfugiées à évacuer la zone choisie pour la construction du nouveau camp.
En conséquence nous – les personnes réfugiées présentes dans cette zone – refusons de nous soumettre à cette irrespectueuse politique d’anti-solidarité. Le jour où le gouvernement nous forcera à partir pour démarrer les travaux, nous protesterons collectivement.

1er novembre 2015 Source

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Sur les rafles à Calais et la dispersion des migrant-es :

Début d’une grande opération policière à Calais

Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées dans l’Eurotunnel dans la nuit du 20 octobre ; la plupart originaires de Syrie. Le 22 octobre elles ont été transférées au centre de rétention de Nîmes. Demain, elles seront normalement transférées à Toulouse. Le jour suivant à Paris. L’état cible des personnes de toutes les communautés. Soudanaises, Erythréennes, Syriennes, Iraqiennes… Les forces de l’ordre semblent poursuivre dans leur volonté d’effectuer des arrestations massives dans l’Eurotunnel.

[…] Lorsqu’elles sont à l’intérieur des centres de rétention, ces personnes doivent faire face à des menaces de déportation, d’expulsion, et sont confrontées à de sérieuses violences de la part des policiers qui veulent qu’elles déposent leurs empreintes.
Il y avait une bien plus forte présence policière autour de la jungle ces derniers jours. Depuis deux semaines, la police effectue des patrouilles dans la jungle (très souvent autour de la zone récemment annoncée pour accueillir le futur centre de 1500 places) . La police est aussi très souvent présente autour du centre Jules Ferry, et aujourd’hui, toute la journée, elle était installée dans de nombreux points tout autour de la jungle.

Pour beaucoup, cette volonté croissante d’intimider les personnes vivant dans la jungle a pour but de faciliter le déplacement de ces dernières au moment voulu sans qu’il n’y ait de résistance, mais aussi de faire renoncer ces personnes dans leurs tentatives de passage et les pousser à demander l’asile en France.
Et tout ça, au lendemain de l’annonce de Cazeneuve qui promet 460 policiers et gendarmes de plus à Calais.

Calais Migrant Solidarity, 22 octobre 2015

Dispersion massive : la stratégie de l’État français

Au cours de la dernière visite de Cazneuve à Calais, celui-ci a annoncé avoir pour objectif de réduire le nombre de migrant-es présent-es à Calais à 2000 d’ici le mois de janvier. Au cours des deux dernières semaines, la mise en application de ce plan semble avoir largement commencé et leurs différentes tactiques pour rendre cela possible sont apparues de plus en plus claires.

Expulsions (ou du moins menace d’expulsions) vers les pays d’origine.

Pour les communautés afghanes et soudanais (il y a d’autres nationalités que la France expulse qui ne sont actuellement pas autour de Calais, mais peut-être à d’autres points de passage dans le Nord de la France, comme la communauté vietnamienne) il y a eu une augmentation de la pression par des menaces d’expulsions vers leurs pays d’origine.
Les personnes qui risquent le plus sont celles qui refusent de demander l’asile en France, parce qu’elles veulent se rendre au Royaume-Uni, et donc de donner leurs empreintes en France.

Dispersion massive vers les centres de rétention à travers le territoire.

Depuis le 20 octobre, environ 50 personnes par jour sont transférées dans les centres de rétention partout en France, après avoir été arrêtées au points de passage de la frontière (autour du port et du site de l’Eurotunnel) et dans le centre-ville de Calais (notamment près de la gare). À l’heure actuelle, on ne sait pas pour combien de temps cette opération va se poursuivre.

Un des principaux objectif de cette opération semble être de harceler le plus de personnes possible. La plupart des gens arrêtés sont libérés au bout de quelques jours et doivent ensuite faire un long voyage pour retourner à Calais, où ils pourront à nouveau essayer de franchir la frontière. Dans les centres de rétention, les personnes sont soumises à beaucoup de pressions pour qu’elles acceptent l’identification et donnent leurs empreintes digitales. Cette dispersion s’organise a partir de l’aéroport de Marck, commune du calaisis.

Dispersion massive dans des centre d’hébergement temporaires à travers le territoire.

La dernière semaine d’octobre, environ 700 personnes ont été transférées, dans un spectacle médiatique, vers des centres d’hébergement temporaires situés dans diverses régions de France. Jusqu’à 300 personnes sont parties le 26 octobre, avec très peu de temps pour se préparer, 450 de plus le 30 octobre et encore 300 le 2 novembre. Cette opération n’avait pas été annoncée publiquement à l’avance.

Les personnes qui ont été emmenées sont des gens qui n’avait pas encore reçu un hébergement en France, certain-es demandeurs/euses d’asile en attente de réponse ou d’autres en procédure Dublin (qui normalement n’ont pas accès aux procédures d’hébergement), ainsi que des personnes qui n’avait pas encore déposé de demande d’asile. Toutes ces personnes s’étaient inscrites sur une liste au centre Jules Ferry, disant qu’ils/elles voulaient un hébergement, et ont été informé-es de leur destination la nuit précédant leur départ, par des affichages dans la jungle.

Nous avons eu des nouvelles de beaucoup de personnes qui ne sont pas contentes de ce qu’il est arrivé, certaines devraient revenir à Calais. Les raisons sont d’une part le moment choisi et, d’autre part, le manque d’explication que les gens ont reçu, par exemple ils ne savent pas si leur procédure d’asile continuera à Calais ou si elle sera transférée plus près de leur hébergement. Et l’autre problème vraiment sérieux est le type de « logements » qui sont fournis.

Ce sont des centres d’hébergement temporaires, situés dans de très petits villages à travers la France. La plupart d’entre-eux sont incroyablement loin de la grande ville la plus proche. Certains logements sont des entrepôts avec énormément de lits à l’intérieur, d’autres sont des lieux normalement utilisés pour enfermer des personnes menacées d’expulsion et qui sont sous assignation à résidence. Dans un endroit, le toit du centre a été occupé (avant l’arrivée des personnes) par des fascistes qui protestaient contre l’arrivée des réfugié-es.

Pour être clair, ce n’est pas un geste de bonne volonté de la part du gouvernement. Ce qu’il fait il devrait déjà l’avoir fait, à savoir fournir des logements aux demandeurs/euses d’asile, et il le fait très mal.

Construction d’un nouveau camp dans la jungle.

Le gouvernement a engagé la construction d’un nouveau camp, à l’intérieur de la zone existante de la jungle. Ce camp est prévu pour 1500 personnes. Considérant également l’engagement du gouvernement à créer 200 nouvelles places d’hébergement dans le centre d’accueil de jour Jules Ferry pour les femmes et les enfants, cela représente tous les 2000 migrant-es qui vont être toléré-es à Calais en janvier prochain.

Mais, que ce passe-t-il pour le reste de la jungle ? La suite logique, serait que les autres parties de la jungle, autonomes du centre Jules Ferry et du camp, vont être vidées. Si vraiment cela est le cas, ceci impliquera une grande expulsion de police, qui dépend il semble « succès » de leurs autres opérations dont nous avons parlé ici.
Beaucoup d’informations sur le nouveau camp sont gardées secrètes, en terme de détails sur comment il va fonctionner. Quel contrôle il y aura ? Les gens devront-ils demander l’asile en France pour avoir une place ? Etc. Ce manque d’informations est sûrement dû d’une part a la volonté du gouvernement de ne pas être transparent sur ses intentions pour ce camp et, d’autre part, sur le fait que l’association La Vie Active, qui va gérer ce camp, ne sait pas vraiment ce qu’elle va faire.

Pour nous, il nous semble que ce camp va être le lieu de beaucoup de contrôle, comme dans la plupart des camps humanitaires « officiels » en Europe et ailleurs. Nous disons cela aussi en prenant en compte le comportement actuel de la police dans la jungle et celui de l’association La Vie Active dans le centre d’accueil de jour Jules Ferry. Nous pensons également que à un moment donné ce camp ne sera plus viable que pour ceux qui ne demandent pas l’asile en France, même si cela ne vaut pas pour tout de suite.

De quelque manière qu’il fonctionne, la construction du nouveau camp va commencer avec le déplacement forcé (par la force physique ou psychologique) d’environ 400 personnes. Il leur a été dit qu’ils devaient se déplacer d’ici le 1er novembre au soir. Il est difficile de savoir comment sera appliquée la force physique si les gens refusent.

Couper l’aide humanitaire et les solidarités dans la jungle.

Comme nous l’avons dit l’autre jour, la police applique un blocus des véhicules dans la jungle depuis le 25 octobre. Les véhicules d’associations officiellement reconnues ont été bloqués. Ils ont également essayé d’empêcher des soutiens de rentrer à pied. Lorsqu’on leur demande, les flics refusent de présenter un quelconque papier officiel sur la légalité de ces pratiques.

Ces pratiques réduisent l’accès au mouvement de solidarité qui soutien et vient passer du temps avec les habitant-es de la jungle. Mais c’est aussi une vieille méthode pour essayer de vider Calais : en empêchant l’aide humanitaire et l’acquisition de bien et de nourriture, les gens ne voudront pas rester à Calais.

L’objectif commun de toutes ces tactiques semble être de forcer (bien que le gouvernement dirait probablement « encourager ») les personnes présentes à Calais de demander l’asile en France. Nous condamnons absolument ceci.

Nous condamnons cette tentative de restreindre les choix des personnes et la restriction de leur autonomie d’aller et de venir là où ils/elles veulent.

On tire un voile humanitaire sur les yeux des gens. Ces nouveaux hébergements, dans la jungle ou ailleurs en France, ne sont pas bons. Ils sont là pour éviter au gouvernement un scandale sur la situation actuelle à Calais, et pour isoler et cibler plus facilement ceux/celles qui veulent vivre en dehors du système d’asile ou voyager vers la Grande-Bretagne. S’il s’agissait d’un geste sincère pour créer des situation décentes, il ne ressemblerait pas à cela. Il ne serait pas accompagné de la menace de détention, d’expulsion et de la violence de la police. Un logement décent est plus qu’un toit, surtout si le toit est occupé par des fascistes.

La motivation de tout cela est de vider Calais, par tous les moyens nécessaire.

Calais Migrant Solidarity, 1er novembre 2015

À lire également sur une opération de rafle la soirée du 31 octobre : Arrests in the city, Calais Migrant Solidarity, 2 novembre 2015 et D’une rafle à l’autre, Passeurs d’hospitalité, 1er novembre 2015

Voir également ici et sur les « centres de répit »

Dans la région également, de nombreux autres campements de migrant-es sont eux-aussi menacés de destruction et les migrant-es doivent faire face à une pression et une violence policière accrue.

Dans le camp de Téteghem, le 29 octobre, des flics qui venaient effectuer un énième contrôle ont été accueillit par des jets de pierre. 18 personnes ont été arrêtées.

Pendant ce temps, le blocage de la frontière continue à faire des ravages. Le 26 octobre au soir, un quatre migrants ont été percutés par un poids-lourd le long d’une route, l’un d’entre-eux est mort tandis que les autres sont blessés. Cela porte à 20 le nombre connu de migrant-es mort-es depuis début juin à Calais.

 

Perpignan (France). Après une rafle à Calais le 13 octobre, 4 migrants soudanais se sont retrouvé enfermés au centre de rétention de Perpignan. Convoqués devant le consul du Soudan afin qu’il reconnaisse leurs identités et signe le laissez passer pour l’expulsion, ils ont refusé à plusieurs reprises de s’y rendre et résistent aux pressions des flics qui les menacent de les inculper pour « soustraction à une mesure d’éloignement ».

 

Paris (France). Le 20 octobre, la manifestation appelée par les migrants du lycée occupé Jean Quarré a réuni plus de 400 personnes, aux cris de « Hourria, Karama, Insania » (Dignité, Liberté, Humanité). Un défilé dynamique dans le centre de Paris la nuit, beaucoup de tracts distribués aux passant.

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Trois jours plus tard, le bâtiment a été expulsé :

Retour sur l’expulsion du lycée occupé

Vendredi 23 octobre, le bâtiment de l’ancien lycée Jean Quarré a été expulsé. Occupé depuis le 31 juillet dernier, des centaines de personnes migrant-es vivaient là et des centaines d’autres y sont passées depuis trois mois. Cette occupation a fait suite à plusieurs campements et occupations, chaque fois expulsées par la force et par des propositions d’hébergement, laissant systématiquement une partie des migrant-es à la rue, sans rien et dispersant les autres à droite à gauche, dans des conditions plus que déplorables.
Annoncée depuis quelques temps par la mairie et la préfecture, et ordonnée par un jugement du tribunal administratif, l’expulsion devait avoir lieu à partir du lundi 26. Mais jeudi, des informations ont circulé, annonçant l’expulsion pour le lendemain matin.

Les fausses promesses, négociées avec la mairie et la préfecture par celles et ceux qui veulent bien y croire, promettaient une expulsion sans présence policière dans le bâtiment, avec des hébergements pour tou-te-s les habitant-es en région parisienne. Mais, qui peut encore croire, après cinq mois de lutte, que l’on obtient quoi que ce soit sans construire un rapport de force ?
Vendredi matin donc, ce sont des centaines de flics, certains cagoulés et armés jusqu’au dents, des agents de la mairie de Paris, de la préfecture, de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, d’Emmaüs, de la Croix-rouge, qui ont investit le lycée sur les coups de 5h du matin. Des bus étaient là pour emmener les habitant-es vers des centres d’hébergements, mais sans aucunes garanties sur leur emplacement, sur le suivit des démarches administratives, sur les conditions d’accueil.

À l’intérieur et à l’extérieur, des personnes solidaires étaient présentes pour manifester leur solidarité avec les personnes migrant-es, tandis que certain-es « bénévoles » qui agissaient au lycée occupé depuis le mois de juillet, ont aidé les autorités à procéder à l’expulsion du lieu.

Le résultat est le même qu’à chaque fois, peut-être pire : une centaine de personnes n’ont pas eu d’hébergement et se sont retrouvées à la rue, tandis que d’autres ont été emmenées dans des centres à plusieurs centaines de kilomètres. Pour la mairie et la préfecture tout s’est bien passé et ils peuvent se féliciter. Une opération de communication rondement menée pour un résultat efficace : les occupant-es du lycée sont maintenant dispersé-es à droite à gauche et ne pourront plus les emmerder avec leurs manifestations, leurs revendications, leurs luttes collectives.

À bon ? Mais, pourtant, la lutte continue bel et bien. Dès l’après-midi, plusieurs dizaines de personnes, migrant-es non hébergés lors de cette expulsion et solidaires se sont dirigé-es vers l’hôtel de ville et ont manifesté toute l’après-midi, encerclé-es par les flics, pour obtenir le relogement de celles/ceux remis à la rue après l’expulsion. Rapidement ils/elles ont été rejoint-es par d’autres qui sont revenu-es des centres d’hébergements refusant l’accueil qui leur est fait (conditions de vie difficiles, pas de nourriture, pas de garanties sur la durée de l’hébergement, pas de suivit administratif, éloignement…). La mairie a fini par débloquer 80 places supplémentaires, mais pas assez pour tout le monde. Une partie des migrant-es est donc restée toute la nuit devant l’hôtel de ville, enfermé-es par des barrière, gardé-es par des flics, jusqu’à ce qu’ils/elles soient expulsé-es à 4h du matin.

Mais la lutte continue ! Solidarité avec les migrant-es ! Des papiers et des logements pour toutes et tous ! Liberté de circulation et d’installation !

Communiqués des migrant-es rassemblé-es devant l’hotel de ville :

« La mairie a dit qu’elle allait nous reloger mais c’est un mensonge, certains ont été pris mais d’autres réfugiés laisser à la rue. On a besoin d’une logement et de papiers. Nous sommes ici [devant la Mairie] pour qu’elle trouve une solution à notre situation aujourd’hui. »
« Notre priorité c’est d’avoir un abri. Ce matin, certains avaient des rendez-vous et d’autres avaient des démarches à faire, quand nous sommes revenus, on nous a dit qu’il n’y avait plus de places. Ils ont évacué les autres du lycée et nous, nous sommes toujours dehors. La Mairie de Paris nous a menti et n’a pas tenu sa promesse. »

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Samedi 24 octobre, une manifestation était appelée depuis plusieurs jours pour la liberté de circulation et d’installation, contre les frontières, en solidarité avec les migrant-es en lutte pour des papiers et des logements, et faisait échos au rassemblement à la gare Saint Pancras à Londres en solidarité avec les trois personnes incarcérés en Angleterre pour avoir traversé le tunnel sous la Manche à pied. Voir l’appel à manifester à Paris ici. Et celui de Londres là, et plus haut le compte rendu de la manif à Londres. 

affiche frs arb eng far pour le 24 octobre

Malgré l’expulsion du lycée occupé, plusieurs centaines de personnes ont répondu présentes (700-800 personnes), des personnes solidaires, des collectifs de sans papiers ainsi que les migrant-es non hébergé-es chassés le matin même de la place de l’hôtel de ville et d’autres des centres d’hébergement. Le collectif 20ème solidaire de tou-te-s les migrant-es qui, plus tôt dans l’après-midi a déambulé dans les rues du 20ème arrondissement avec collage d’affiche et slogans, a également rejoint la manifestation.

Derrière les banderoles « des logements pour tous, migrant-es et réfugié-es », « we want house » en plusieurs langues, le cortège a descendu la rue de Belleville puis emprunté le boulevard de la Villette – boulevard de La Chapelle jusqu’au métro La Chapelle où de nombreux/euses autres migrant-es attendaient l’arrivée de la manifestation. Une autre banderole faisait explicitement référence aux trois migrants emprisonnés en Angleterre « Liberté pour les 3 marcheurs sous la Manche ».

La présence policière n’était pas visible depuis la manifestation mais très importante dans les rues adjacentes. Toutes les places et bâtiments occupés ces cinq derniers mois de lutte étaient lourdement protégés, les autorités ayant peur qu’un campement ne se réinstalle avec les personnes non hébergées et ayant quitté les centres : la caserne Château Landon, l’église Saint Bernard, la halle Pajol.

Pendant la manifestation nous avons reçu des nouvelles des migrant-es emmené-es dans des bus pour des soi-disant hébergement après la première partie de l’occupation du parvis de l’hôtel de ville : une partie a été emmenées dans un centre à Jouy-sur-Morin, une autre dans la salle des fêtes d’un village d’à côté et les autres ont été déposés… place de la Nation. Le lendemain matin, tous ont été remis à la rue.

À la suite de la manifestation les migrant-es ont décidé de bloquer le carrefour de La Chapelle. Pendant 30 minutes la circulation a été totalement interrompue jusqu’à ce que la présence policière se fasse plus forte. Le groupe de 100 personnes s’est dirigé vers le théâtre des bouffes du nord pour tenter de l’occuper, mais ils en ont été empêchés par une charge violente des CRS. Plusieurs personnes ont été blessées dont certaines ont dû être emmenées à l’hôpital. Ensuite, les CRS ont continué à charger et à disperser les manifestant-es à plusieurs reprises. Un groupe s’est replié dans la gare du Nord puis a décidé de se retrouver à Stalingrad pour discuter et décider quoi faire. Plusieurs migrants ont été arrêtés puis relâchés. Finalement certains ont décidé d’aller dormir place de la République et d’autres à droite à gauche.

Après ces deux journées de répression, la dispersion est presque totale. Mais des migrant-es commencent déjà à quitter les hébergements qui sont soit trop loin soit très mauvais, tandis d’autres sont remis à la rue. Désormais, ils sont plus que jamais à la merci de la traque policière. Des dizaines de refus d’asile sont tombés et ces derniers jours des rafles massives ont eu lieu à Calais et à Paris : l’État doit apporter son quota de migrant-es à expulser dans le plan européen de 400 000 déportations.

Après l’expulsion du lycée, les migrant-es sont de nouveau isolés et dispersés. Toute organisation collective a été cassée et il est plus que nécessaire de reconstruire une dynamique de lutte et d’imposer un véritable rapport de force, à la fois pour trouver des solutions concrètes pour répondre à l’urgence de la situation, mais aussi pour continuer la lutte contre le régime des frontières.

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Après la manifestation, un nouveau campement s’est installé place de la République avec les personnes non hébergées, ceux/celles revenu-es des centres et de nouveaux/nouvelles arrivant-es. Après une première alerte mercredi après-midi, le campement a été expulsé jeudi 29 au matin, les flics repoussant violemment les migrant-es pour les forcer à monter dans le métro.

Ceux/celles-ci ont décidé d’appeler le soir même à un rassemblement qui a réunit plusieurs centaines de personnes, migrant-es et solidaires. Dans la foulée, un nouveau campement s’installait en lieu et place de celui expulsé le matin même.

Lire le communiqué des migrant-es expulsé-es de la place de la République.

Le lendemain, le 30 octobre, les flics sont revenus et ont de nouveau expulsé le campement. 80 personnes ont été emmenées dans des centres d’hébergement, les autres laissés sur place et sommés de se disperser. Voir ici et .

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Samedi 31 octobre, un cortège déterminé et dynamique des migrant-es expulsé-es de la place de la république et de différents centres d’hébergement a participé à la marche de la dignité et contre le racisme.

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Le dimanche, la volonté de poursuivre dans une dynamique collective est toujours présente et plusieurs dizaines de migrant-es se ré-installent pour la quatrième fois place de la République, rejoint par d’autres des centres d’hébergement qui décident de passer la nuit avec eux/elles en solidarité. La police continue son travail de harcèlement, tente d’empêcher l’installation de bâches et vient au petit matin pour expulser et disperser les personnes qui ont dormi là. Mais la détermination et la solidarité des migrant-es est plus forte que les menaces de la flicaille et le campement se reconstruit chaque soirs.

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Le 2 novembre, une manifestation de 300 personnes, principalement des migrant-es, est partie de la place de la République pour se rendre vers Châtelet, bloquant la circulation aux cris de « solidarité avec les réfugié-es, solidarité avec les sans papiers » et « liberté, dignité, humanité ». Appel de la manif

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Paris/Saint-Ouen (France). Le 2 novembre, un réfugié kurde d’Irak hébergé dans le cadre du dispositif de la préfecture dans un hôtel à Porte de Saint-Ouen s’est vu annoncé qu’il devait quitter l’hôtel et retourner à la rue car le dispositif s’arrêtait là. Il a refusé de quitter la chambre et la direction de l’hôtel Formule 1 de la porte de Saint-Ouen a appelé les flics. Le gars refusant toujours de quitter la chambre et menaçant de se suicider, les flics lui ont tiré deux décharges de taser a bout portant. Il a été admis à l’hôpital et en est ressorti, heureusement sur ses deux jambes.

 

Varennes-sur-Allier (France). Après l’expulsion du lycée occupé dans le 19eme arrondissement de Paris le 23 octobre, 200 migrant-es ont été emmené-es dans un centre d’hébergement dans la commune de Varennes-sur-Allier en Auvergne (à 350 km de Paris !). Le 31 octobre, plusieurs groupuscules fascistes ainsi que le FN appelaient à un rassemblement contre « les clandestins musulmans », alertant sur le risque d’augmentation de viols (!) et la « ruine économique et culturelle ». Heureusement, plus de 150 personnes se sont rassemblées à l’appel d’organisation et d’association contre les fascistes (qui ont annulé leur manif au dernier moment) et pour exprimer leur solidarité avec les migrant-es. Eux/elles par contre ont eu l’interdiction de manifester et de sortir du centre (de la prison?).

 

Champcueil (France). Hébergés après l’expulsion du lycée Jean Quarré à Paris le 23 octobre, une vingtaine de migrant-es du centre de Champcueil en Essonne ont manifesté le lundi 2 novembre devant la mairie de Mennecy, à une heure de marche du centre. Ils demandent : un bon logement pour tous, de démarrer les démarches administratives, d’avoir accès à une médecin, la mise en place de cours de français, des tickets de transports, une amélioration de la qualité de la nourriture, l’accès à l’eau potable et que le personnel ne leur manque pas de respect ». Après s’être rassemblés devant la mairie, les manifestants sont allés devant la préfecture d’Evry pour porter les mêmes revendications. Mais ils se sont heurtés une fois de plus au mépris de l’administration qui a refusé de les recevoir. Le centre est géré par la Croix-rouge.

Champcueil 2novembre2015

 

Marseille (France). À Marseille le « Manba », lieu occupé depuis plusieurs semaines pour s’organiser avec les migrants dans la lutte pour des logements et des papiers, est désormais expulsable. « Cet ancien garage désaffecté depuis plus de dix ans a été investi collectivement et se veut un lieu-étape sur le chemin des shebabs. Alors que le nombre d’exilé.e.s ne cesse d’augmenter, que les frontières se ferment, des solidarités et des collaborations fleurissent ». Voir ici un texte et une vidéo de présentation.

Suite aux rafles massives qui ont lieu à Calais (voir plus haut), plusieurs migrants arrêtés ont été transférés au centre de rétention du Canet à Marseille. Sur place, la solidarité se met en place et un rassemblement est appelé devant le centre de rétention le 30 octobre. Voici l’appel :

Solidarité avec les réfugiés enfermés au Centre de Rétention Administrative du Canet

Face à l’arrivée massive de migrants cet été, on se doutait bien que la réponse de l’Etat ne serait pas humanitaire comme il le prétendait, mais répressive.

Depuis la semaine dernière, les événements s’enchaînent : expulsion de la maison des réfugiés à Paris, rafles massives à Calais… Lundi, 50 personnes sont arrivées au centre de rétention de Marseille après une rafle à Calais. Cela porte à plus de 100 personnes le nombre de personnes enfermées en ce moment au Centre de Rétention Administrative (CRA) du Canet. Leurs accès aux droits est quasi-impossible et leurs conditions d’enfermements sont de plus en plus dures (des rats, sont par exemple régulièrement signalés dans les chambres).

Mardi 27 octobre, 6 personnes se sont mises en grève de la faim. Elles dénoncent les mauvais traitements qu’elles ont subies à Calais et pendant le transfert : pas de nourriture, pas d’eau, pas d’accès au toilettes, violence de la part de la police… Ils ne comprennent pas et dénoncent le fait d’être enfermés alors qu’ils demandent seulement leur liberté et la possibilité de se réfugier en Angleterre.

Pour toutes ces raisons, le Collectif Soutien Migrants 13 appelle chacun et chacune à venir manifester sa solidarité devant le Centre de rétention et y faire un maximum de bruit.

Contre les frontières et l’enfermement, aucun être humain n’est illégal ! Source

Compte-rendu de la manif en soutien aux migrant-e-s en lutte

Des tambours improvisés, des slogans, des casseroles bruyantes, des pétards et des cris de rage en solidarité avec les migrant-e-s !

Vendredi 30 octobre,une centaine de personnes s’était donné rendez-vous devant le CRA du Canet à Marseille. Des tambours improvisés, des slogans, des casseroles bruyantes, des pétards et des cris de rage étaient venus rappeler toute notre solidarité aux migrant-e-s actuellement en lutte et emprisonné-e-s au CRA.

Les gen-te-s sont ensuite parti-e-s en cortège vers le centre-ville, laissant fleurir des tags ici ou là. De nombreux-es habitant-e-s nous ont montré ou crié leur soutien. Quelques-un-e-s d’entre elle/eux ont participé à la marche, dont certain-e-s très jeunes et très enthousiastes. Après un dernier détour par la gare et ses militaires vigipirate au regard vide, le cortège s’est dispersé en ville.

Rendez-vous est pris le samedi 21 novembre pour la prochaine manif en solidarité avec les migrant-e-s, contre les CRA et le monde de merde qui va avec ! Source

marseille manif cra canet 30 octobre 2015

Toujours depuis Marseille, voici un texte écrit et publié sur le site Marseille Infos Autonomes qui invite à une réflexion sur une dynamique de lutte contre les frontières qui pourrait se développer :

Lutter contre les frontières… Et bien plus !

À l’heure où la guerre qui s’intensifie en Syrie, au Moyen-Orient et au-delà génère son lot de massacres tout en leur fournissant un terrain d’entraînement supplémentaire, les Etats de l’Union Européenne tentent d’améliorer leur coordination en ce qui concerne la gestion de « flux migratoires » pour partie liés à l’ensemble de leurs
« interventions extérieures ».

Tout en accueillant « à bras ouverts » quelques « réfugié-es » et « demandeurs d’asile » élu-es selon des critères drastiques (et changeant selon leurs intérêts) ou directement sélectionné-es selon leurs besoins de main d’œuvre, ils annoncent un « durcissement des conditions d’entrée » : c’est-à-dire le blindage toujours renforcé des frontières tant extérieures qu’intérieures ( militarisation des territoires, des villes et des transports) et une augmentation des expulsions.
En termes simples les Etats de l’UE continuent leur tri infâme : « l’accueil » aux prix de l’acceptation des conditions de contrôle et d’exploitation pour une petite minorité de personnes, la mort aux frontières et/ou l’expulsion pour les autres, avec entre temps le passage par la case centre de rétention. Ils sont en cela largement aidés/et couverts par une cohorte d’humanitaires.

Mais cette « Europe forteresse », si elle peut correspondre à un rêve du pouvoir, n’en a pas moins subi différents assauts et offensives ces dernières années, plus ou moins collectifs, plus ou moins médiatisés.

Qu’on se souvienne de l’incendie du centre de rétention de Vincennes en 2008 et d’autres mutineries et évasions dans plusieurs prisons pour étrangers la même année et les suivantes, des nombreuses tentatives de saboter concrètement la machine à expulser ; qu’on pense aux multiples passages en force des frontières à Ceuta et Melilla, à Calais et aux frontières entre la Hongrie, la Serbie et la Croatie, ou encore aux mouvements de lutte auto-organisée des migrant-es tunisien-nes au printemps 2011… Tant d’exemples qui eux aussi ont leur continuité, et qui sous leurs divers aspects portent des désirs de liberté que ni flics ni barbelés ne parviennent à étouffer.

À l’opposé des logiques politiciennes, humanitaires et répressives du pouvoir : tri, comptabilité macabre et gestion des populations, nous souhaitons aujourd’hui comme hier imaginer et nourrir des chemins de révoltes et d’émancipation, qu’il ne tient qu’à chacun-e d’alimenter sans médiation d’aucune sorte.

Nous voudrions donc prendre le temps de réfléchir à ce que pourraient être les contours de dynamiques de luttes qui, dépassant le soutien bien réel apporté aux migrant-es ou la remise en question des « critères de régularisation » au cas par cas, puissent saper les rouages permettant aux frontières d’exister : des institutions, partis politiques, et associations… aux entreprises qui contribuent directement à l’enfermement et à l’expulsion de celles et ceux jugées indésirables dans ce monde de domination et d’exploitation. Source

 

Lille (France). La solidarité continue autour du campement des migrant-es du parc des Olieux, principalement des mineurs isolés. Des repas collectifs, un journal, des cours de français, une permanence de santé et une permanence juridique et des soirées de soutien s’organisent sur le campement depuis 4 mois.

Le 14 octobre 2015, une centaine de personnes se sont rassemblées au parc des Olieux à l’appel du collectif de soutien. Le 16 octobre, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant les bureaux en charge des mineurs isolés étrangers du département du Nord.

La pression policière est constante : plusieurs fois par semaines des opérations de contrôle ont lieu dans les environs ou sur le campement même et plusieurs migrant-es se sont retrouvés enfermés au centre de rétention. Source

 

Bari (Italie). Rassemblement solidaire avec les prisonniers du CIE et grève de la faim

Dimanche 18 octobre, un groupe de solidaires s’est rendu devant le CIE (Centro di identificazione ed espulsione, centre de rétention) pour apporter un salut aux reclus et faire entendre encore une fois leur proximité et leur solidarité, malgré les murs qui divisent encore. Les prisonniers ont répondu bruyamment aux solidaires et ont rappelé encore une fois les conditions de détention dégradantes, conditions durcies après le salut de ce dimanche par l’interdiction de sortir dans la cour le lendemain.

La réponse répressive n’a pas d’autres effets que de pousser encore plus les solidaires et tou-te-s celles et ceux qui portent la bataille contre les camps d’État, à continuer la lutte et à faire entendre toujours plus fort la solidarité avec les retenu-es. Immédiatement après la fin du rassemblement, certaines personnes enfermées au CIE ont commencé une grève de la faim pour protester contre leur enfermement. La grève ce poursuit à ce jour.

En outre, la nouvelle est arrivée d’une tentative d’évasion d’un prisonnier, malheureusement vaine. En sautant les murs du CIE, le gars s’est fracturé un bras et une jambe. Conduit à l’hôpital de Bari, il a été ramené en toute hâte au CIE et placé à l’isolement. Nous espérons recevoir bientôt des nouvelles sur son état de santé.

Nociebari, 20 octobre 2015 Source

Quelques jours plus tard, le ministère de l’intérieur a annoncé que le CIE de Bari Palese, en application des directives européennes, allait être vidé et transformé en hotspot.

 

Caltanisseta (Italie). Révolte dans le CIE de Caltanissetta – Pian del Lago contre l’expulsion

Le 19 octobre au matin une révolte a éclaté au CIE Pian del Lago, lors de laquelle une trentaine de tunisiens ont tenté de résister à une expulsion prévue dans la journée par un vol directe de Palerme à Tunis. Les migrants sont montés sur le toit du CIE et ont jeté des des tuiles, des pierres et d’autres objets contre la police anti-émeute et les gardes de sécurité du CIE. La révolte a durée plusieurs heures, et un retenu a été blessé et transporté à l’hôpital. Les 29 autres, malheureusement ont été emmenés en bus à Palerme pour l’expulsion.

Les expulsions semblent se produire à un rythme accéléré dans ce centre géré par la coopérative auxilium.

Solidarité avec les prisonniers et tou-te-s ceux/celles qui luttent contre les expulsion. Source

En Italie, de nombreuses expulsions massives sont mise en place par l’État et l’agence européenne Frontex. Cette machine à expulser s’est trouvée récemment renforcée avec l’ouverture en Italie de plusieurs hotspots, nouveaux camps européens d’enfermement et de tri des migrant-es. C’est entre-autre à partir de ces camps que vont s’organiser les expulsions de masse, plus de 400 000 personnes, prévues par l’Union européenne dans son plan de gestion des migrant-es.

 

Rome (Italie). Nouvelle expulsion de masse du CIE de Ponte Galeria au Nigeria.

D’abord supposée puis annoncée, elle est arrivée. L’expulsion de masse, coordonnée par les mercenaires de Frontex vers le Nigéria a eu lieu la matinée du 15 octobre, avec la sortie du CIE de trois bus de la police chargés de personnes à expulser et d’agents de différents types, escortés par des blindés de CRS.

Les gens enfermés dans le CIE racontent les cris des personnes expulsées, à la fois dans la section homme et dans la section femmes. En tout, 30 hommes et 20 femmes ont été transportées à l’aéroport puis expulsées par vol spécial.

Le consul nigérian continue de signer des avis d’expulsion, faisant souvent entrée dans le CIE. Nous savons avec certitude que, du CIE de Turin et du Hotspot de Lampedusa sont transportées des personnes nigériennes vers des cages du CIE de Ponte Galeria à Rome. Le fait que le CIE romain a un rôle important dans les déportations n’est plus une hypothèse.

La tristesse ne suffit pas. La colère est immense. Source

Un nouveau rassemblement est appelé au centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria le 7 novembre :

Rassemblement en solidarité avec les personnes enfermées au CIE de Ponte Galeria

Les CIE sont des centres dans lequel les personnes immigrées sont emmenées parce qu’elles n’ont pas les bons papiers, enfermées en attendant d’être identifiées et expulsées d’Italie. Au cours des dernières semaines, les déportations ont été nombreuses, mais aussi les actes de protestation et de résistance de ceux/celles qui sont enfermées dans ces prisons. Pour cela, nous retournons sous les murs du CIE de ponte Galeria.

Pour un monde sans frontières, solidarité avec celles et ceux qui luttent pour la liberté.

Rendez-vous samedi 7 novembre à 15 heures à la station Ostiense et à 16 heures devant le CIE.

Quelques ennemi-es des frontières Source

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Turin (Italie). Scotch et couverture

Le 22 octobre au matin, au CIE de corso Brunelleschi, la police a essayé une nouvelle fois d’expulser un jeune marocain et, cette fois, est parvenue à son but. Pendant une dizaine de jours, les flics sont entré quotidiennement dans le bâtiment de l’aire blanche du centre pour tenter de l’emmener, mais lui a chaque fois résisté, y compris avec des automutilations et en subissant des tabassages. L’état physique du jeune, après une semaine de brimades et de coups, était si précaire qu’il a passé les dernière 48 heures à l’hôpital. Cependant, alors que sa période de détention devait se terminer le jour même, les forces de l’ordre sont revenues pour essayer de l’expulser, sans aucuns scrupules et avec les mêmes méthodes. Cette fois, quand ils ont vu arriver hommes en uniforme avec les mêmes intentions, les autres détenus ont commencé à crier et à faire du raffut en solidarité leur compagnon qui était déjà dans un mauvais état. Lui aussi, malgré tout, s’est démené avec les forces qui lui restaient et, d’après ce qu’on nous as dit dedans, il est allé jusqu’à avaler des lames de rasoir. Les flics, pour mener à bien leur travail et l’emmener, l’ont bâillonné avec du scotch et enroulé dans une couverture, aidés par les opérateurs de Gepsa (entreprise qui gère le CIE de Turin), particulièrement désireux de filer un coup de main. De ce que nous savons il semble qu’ils aient fait un arrêt à l’hôpital puis qu’ils l’ai envoyé à Rome. De sa probable expulsion nous n’avons pas de nouvelles.

À l’intérieur du CIE, l’ambiance est restée tendue. Un de ceux qui a impulsé la manifestation de solidarité a été pris dans sa cellule et tabassé.

En fin d’après-midi, quelques solidaires qui ont appris les événements, ont improvisé un salut sous les murs du centre, interrompant ainsi le silence de a nuit en faisant exploser quelques pétard et lançant des cris d’encouragement auxquels les détenus ont répondu chaleureusement. Source

Le 25 octobre, l’entreprise Ladisa faisait sa journée portes-ouvertes à Turin, mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Cette entreprise collabore avec la machine à expulser en servant des plateaux-repas dans le centre de rétention de Turin. À plusieurs reprises les prisonniers du CIE ont eu l’agréable surprise de trouver des vers dans les barquettes de repas (voir ici). Certain-es sont alors allés leur rendre la pareille : une banderole a été accrochée à l’entrée (« faccia pulita, lavoro sporco Ladisa complice delle espulsione ») et un seau plein de vers a été déversé à l’intérieur. Source

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Toujours à Turin. Le 29 octobre, un groupe d’ennemis des frontières a fait une visite sur le campus universitaire Einaudi. La raison ? La présentation du « Dossier statistique immigration 2015 » réalisé par le Centre Idos, qui avait invité la conseillère régional à l’immigration Monica Cerutti du parti Sinistra Ecologia Libertà.

Au cours des dernières années, la conseillère, avec ses amis, a pris plus d’une fois la parole dans le débat public pour critiquer les CIE en les définissant d’ « inconstitutionnels », racontant ses visites à l’intérieur du CIE, condamnant le manque d’ « humanité » de ces lieux d’emprisonnement… oubliant de préciser que ce sont les dirigeants actuels de son parti qui ont fait ouvrir ces centres il y a dix-sept ans. Et encore aujourd’hui, qu’elle siège dans un Conseil dirigé par ces mêmes personnes, qui ont décidé de ne pas ferme les CIE quand ils n’avaient plus qu’un souffle de vie (après les grosses vagues de révoltes il y a un an, ndlt) et même qui maintenant sont en train de les restructurer et de les rouvrir l’un après l’autre.
Justement pour rafraîchir la mémoire aux hommes politiques de gauche, rappeler une fois de plus cette réalité qui a tendance à s’oublier, quelques ennemis des expulsions ont décidé d’animer le débat pendant quelques minutes : une intervention, une banderole, quelques cris, puis le groupe quitte le débat, non sans avoir rendu l’environnement un peu plus malodorant qu’il ne l’était déjà.

Et tandis que la Digos (police politique) était sur la campus pour enquêter sur l’acte, le groupe de solidaires s’est déplacé vers le CIE pour saluer les prisonniers : dix minutes de cris et de pétards, très appréciées des personnes à l’intérieur, mais pas des patrouilles de police qui se sont précipitées sur place et ont réussi à arrêter quelqu’un pour l’accuser de « allumage dangereux » (de pétard). Source

 

Brindisi (Italie). Un salut aux détenus d’un CIE caché.

Le CIE de Brindisi-Restinco a officiellement ouvert le 3 octobre, bien que peu de gens le sache et que d’autres le garde secret. Depuis son ouverture, il a déjà été le théâtre de protestations individuelles et collectives, de tentatives d’évasion et d’émeutes, de résistance à des expulsions. Néanmoins, pendant une longue période, les journaux et la police ont été silencieux sur la réouverture du centre, géré, comme le Cara (centre pour demandeurs d’asile) voisin par la coopérative Auxilim.

Samedi 31 octobre, autour de 15h30, un groupe de solidaire s’est rendu devant le centre, et, avec des slogans, des interventions au mégaphone et des pétards, a cherché à apporter sa solidarité aux détenus du centre. Le salut a été accueillit à l’intérieur avec des slogans et des cris, des coups et des insultes aux quelques militaires qui contrôlaient la situation.
Le CIE de Brindisi-Restinco, bien qu’ayant été rénové récemment, n’a pas de mur d’enceinte et d’un côté il y a seulement un grillage métallique et quelques militaires pour séparer les retenus de la liberté. Cela a permis aux solidaires de discuter tranquillement avec eux et d’avoir un contact direct.

Peu de temps après le rassemblement, tandis que les personnes solidaires sont arrêtées et accusées par la police, une manifestation commence dans le centre, avec des jets d’ordures dans les sections, des coups et des cris.

Bien que la police ait tenté de calmer les gens, la protestation a continuer et une grève de la faim a commencé dans les trois sections du centre.

Source et lien vers un récit à 2 voix de ce qui se passe à l’intérieur du CIE.

Mise-à-jour. Le 4 novembre au matin, après les protestations du 31, la police a mené une perquisition dans le CIE. Tout s’est passé tranquillement et la police n’a rien trouvé de remarquable. Pendant ce temps, seulement quelques détenus poursuivent la grève de la faim tandis qu’une bonne partie des détenus a recommencé à manger. L’un d’eux, qui a fait la grève de la faim pendant plusieurs jours, souffre du cœur et a du mal a obtenir le traitement dont il a besoin. Source

 

Grèce. Le 16 octobre, le premier hotspot européen a ouvert ses portes sur l’île de Lesbos. Il est situé dans l’actuel camp de Moria, à quelques kilomètres du port de Mytilène, perdu au milieu de nulle part. Composée de centaines de préfabriqués et de containers et entourée de haut barbelés cette prison d’un nouveau nom fait partie du plan européen de gestion des migrant-es et de renforcement des frontières qui se dessine peu à peu depuis quelques mois. La réponse de l’Europe à l’arrivée de milliers de personnes sur ces côtes c’est l’enfermement, le tri, les déportations. Ajouté à tout ça, l’opération Eunavfor Med de déploiement de navires de guerre en Méditerranée, qui vient d’entrer dans sa phase 2 et a obtenu l’accord de l’ONU pour bombarder les embarcations présumées de passeurs au large des côtes libyennes,

Concrètement, les personnes enfermées dans les hotspots seront identifiées (prise d’empreintes, de photos, enregistrement dans les bases de données comme Eurodac), triée (entre demandeur d’asile / ou migrant), puis, en fonction, soit leur demande d’asile sera enregistrée et elles rentreront dans le plan de relocalisation des 120 000 réfugié-es que l’Union européenne est prête à accueillir, soit elles seront expulsés dans leur pays d’origine ou dans un pays tiers.

Pour mener à bien leur sale besogne de trafic d’être humain, les autorités locales vont recevoir de l’aide, logistique, financière et matérielle de la part de l’Union européenne et des agences européennes Frontex (surveillance des frontières), Europol (police européenne) Eurojust (coordination des services de justice) ou encore d’EASO (bureau européen en matière d’asile). Ce camp est le premier à ouvrir en Grèce, mais d’autres sont déjà en activité en Italie. D’ici fin novembre quatre autres hotpspots devraient ouvrir sur les îles grecques de Kos, Samos, Chios et Léros, puis, à terme, sur le continent.

La Grèce occupe une place stratégique dans la guerre que mène l’Europe contre les migrant-es, car c’est une porte d’entrée sur le continent, par les îles ou par la frontière avec la Turquie. Là, dans la région de Evros, comme en Hongrie, où bientôt en Autriche, un mur s’élève sur quelques kilomètres de frontière.

Le 29 octobre, une manifestation était appelée à Thessalonique contre les hotspots et les frontières.

Thessalonique demo against hotspots and border fences 29oct15

Le 31 octobre, une manifestation contre le mur d’Evros et toutes les frontières a réunit 500 personnes, mais un important dispositif policier empêchait les manifestant-es d’approcher la clôture. Les manifestant-es se sont affronté-es avec la police, dans le village de Kastanies, à quelques centaines de mètres de la clôture. Source

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Texte d’appel de la manifestation :

Assez de noyades dans la mer Égée, abattons le mur de Evros. Source

Chaque jours, des milliers de personnes, persécutées par les bombardements occidentaux, les régimes totalitaires et la violence intégriste, éradiquées par l’extrême pauvreté et la « croissance » des entreprises, luttent pour franchir les frontières et venir en Europe.

Ces milliers de personnes sont amenées à une lutte pour la survie, à la recherche d’une vie dans la paix et la dignité. Des milliers d’entre-eux/elles se sont noyé-es sur les côtes de la Méditerranée ; ceux/celles qui cependant parviennent à atteindre les États européens vivant-es doivent faire face aux camps de détention, aux attaques fascistes et racistes, à la violence de la police et des profiteurs, servent de main d’œuvre pas cher et facilement exploitable.

Tout en invoquant hypocritement leur humanisme présumé, les dirigeants de l’Europe mettent l’accent sur le renforcement des contrôles aux frontières, augmentent les moyens des armées et de Frontex, multiplient les camps de détention, les déportations et les retours forcés, révélant le véritable visage de l’Europe forteresse.

La clôture à Evros (à la frontière entre la Turquie et la Grèce) n’est pas pas seulement le symbole de l’exclusion, de la diabolisation de « l’étranger » et de la protection de la sécurité nationale et européenne à tout prix, c’est aussi la cause de toutes ces noyades en mer Égée et en mer Méditerranée.

Les barrières forcent les réfugié-es et migrant-es à suivre des routes maritimes dangereuses pour traverser les frontières. L’évidence montre que, depuis que la clôture a été construite le nombre de personnes qui se sont noyées dans la mer Égée a monté en flèche et va continuer d’augmenter puisque aucun barbelé ne peut arrêter un homme ou une femme qui se bat pour sa survie et sa dignité.

Nous avons créé la Coordination contre la clôture de Evros pour se battre pour la destruction de la barrière, l’ouverture des frontières et arrêter la tragédie humaine en Méditerranée. Des groupes et des individus se sont réunis pour joindre leurs forces, chacun-e avec ses propres idées, unis par la conviction commune qu’arrêter le cauchemar des frontières tâchées de sang est l’affaire de tou-te-s et du « mouvement ».

Les assemblées de la coordination sont ouvertes et horizontales, dans un processus direct qui poursuit la coordination et la coopération avec des initiatives semblables tant en Grèce qu’à l’étranger, étant donné la question de frontières nous concernent tou-te-s.

Nous ne pouvons pas rester silencieux/euses face à la mort. Tant que la barrière est là et que les frontières seront fermées, l’État grec et l’Union européenne continuerons d’assassiner des milliers de migrant-es et réfugié-es sur les côtes méditerranéennes, qui meurent dans les bateaux-cercueils, épaves des trafiquants d’êtres humains.

Nous appelons donc à une manifestation contre la clôture d’Évros et les frontières le samedi 31 octobre 2015.

Liberté de circulation pour les réfugié-es et migrant-es / Des papiers pour tou-te-s, pas d’expulsions / Aucun camp de détention / Contre l’Europe forteresse

Notre solidarité va détruire la clôture et les frontières.

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Genève (Suisse). Suite à la tentative de suicide d’un migrant qui a reçu une réponse négative à sa demande d’asile, ses camarades ainsi que des personnes solidaires ont décidé d’organiser un rassemblement le 29 octobre devant le bunker Quidort pour exiger l’arrêt des renvois Dublin, la fermeture des bunkers dans lesquels les migrant-es demandeurs d’asile en Suisse sont parqués et exiger des conditions de vie dignes pour tous et toutes.

 

Prague (République Tchèque). L’ambassade de Hongrie à Prague a été redécorée de tags représentant des barrières et des barbelés dans le mois d’octobre. L’État hongrois a fait construire, par des prisonniers, un mur de barbelés long de 175 km à sa frontière avec la Serbie et un second mur à sa frontière avec la Croatie et la Roumanie. Mi septembre, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et déployé l’armée aux frontières.
Prague ambassade de Hongrie

 

Ljubljana (Slovénie). « Ljubljana calling! » – Appel pour une rencontre internationale, manifestation et action de solidarité avec les migrant-es et contre les frontières en Slovénie le 31 octobre.

Depuis plus d’une semaine de nombreux migrants traversent la Slovénie via la Croatie pour rejoindre l’Europe. En réponse, le gouvernement Slovène a fixé un quota d’entrée à 2500 réfugies par jour ; la Croatie a continué d’envoyer les réfugiés et migrants de l’autre de la frontière. Cette controverse entre la Slovénie et la Croatie a crée une situation humanitaire désastreuse pour les réfugiés et les migrants. Le gouvernement Slovène a utilisé cette situation qu’il a lui-même crée pour rapidement militariser la région et appeler l’Union européenne à un sommet au sujet de la route des Balkans.

Les mesures prises suite a ce sommet sont dans la droite ligne de la politique européenne actuelle, politique faite pour détruire le mouvement des réfugiés et des migrants : créer des « hot spots » en Grèce ainsi que désigner la Turquie comme une zone tampon pour les réfugies et les migrants. Après avoir encouragé les gens à suivre ce parcours dans des conditions humanitaires désastreuses, ils ont utilisé les images terribles des événements à la frontière Slovénie-Croatie pour pratiquer davantage d’expulsions, pour rendre la politique migratoire encore plus répressive et violente, pour sélectionner et trier les migrants et les réfugiés au moment de leur enregistrement afin de détruire leur solidarité collectif.

Nous sommes des personnes impliquées quotidiennement dans la solidarité avec les réfugiés et les migrants qui traversent la Slovénie pour tenter d’atteindre leur destination. Nous ne voyons les réfugiés et les migrants, ni comme des victimes désespérées, ni comme une menace, mais comme des personnes autonomes à la recherche d’une meilleure vie. Nos engagements quotidiens à la frontière nous permettent de nous rendre compte de l’attitude des autorités slovènes, qui mène à la déshumanisation des réfugiés et des migrants. Cette situation est utilisée comme un moyen pour isoler les réfugiés et les migrants en leur faisant subir les violences policières, la sélection et les expulsions.Nous nous rendons également compte que les autorités limitent de plus en plus la possibilité d’actions de solidarité des groupes de bénévoles.

Nous pensons que la seule manière de résoudre le problème des conditions humanitaires désastreuses des réfugiés et migrants est de tisser des liens avec eux. La solution n’est pas d’expulser les personnes ou de les soumettre a une vie sans perspective dans des centres fermés et isolés du reste de la société. La solution est d’édifier ensemble une société commune, citoyens, réfugiés et migrants.

Nous appelons à nous retrouver a Ljubljana (Lubiana) le samedi 31 octobre à 11h, pour participer à une rencontre internationale ainsi qu’à une manifestation contre la militarisation des frontières slovènes et les tentatives de l’Union européenne de bloquer la circulation des réfugiés et migrants. Après la manifestation de Ljubljana, nous irons ensemble à la frontière en tant que bénévoles indépendants pour exprimer notre solidarité avec les réfugiés et les migrants et pour bâtir ensemble une ouvrir l’Europe ensemble.

No borders / Stop militarization / Refugees welcome

Source : « Ljubljana calling! » – Call for international meeting, manifestation and solidarity action in Slovenia

 

‎Šentilj‬ (Slovénie). Le 31 octobre, plusieurs groupes néo-nazis appelaient à un rassemblement à la frontière Slovéno-autrichienne. Une centaines de militant-es antifascistes sont venu-es leur rappeler qu’ici comme ailleurs les migrant-es sont les bienvenu-es et que la lutte antiraciste est partout. Video de la manifestation

 

Frontière de Bapska (Serbie). Dans le cadre de la journée d’action du 31 octobre contre les frontières et en solidarité avec les migrant-es, le réseau No Border Serbia appelait à une action de solidarité à la frontière serbo-croate dans la région de Bapska.

 

Frontière Serbie/Hongrie. Vidéo d’une manifestation à la frontière le 16 septembre.

 

Zagreb (Croatie). Appel à une manifestation le 31 octobre, en solidarité avec tous les migrants, contre toutes les frontières

Les frontières de l’Europe forteresse se transforment avec une insoutenable légèreté en celles de « camps de la mort ». Si l’on en juge par les déclarations des politiciens européens et les pressions exercées par la Commission européenne, c’est une question de jours avant que les fils barbelés se prolongent depuis les frontières de la Hongrie jusqu’aux autres limites de l’espace Schengen, actuel ou futur. Les clôtures de fils de fer barbelés qui ont été érigées grâce au mécanisme du travail forcé, de l’exploitation des forces de travail des membres les plus faibles de la société – les prisonniers et les chômeurs – n’empêchent et n’empêcheront pas la migration des milliers de personnes qui ont été forcées de fuir leurs maisons. Les barbelés placés le long de la «ligne verte», la frontière naturelle, compliquent sérieusement la route des réfugiés en rendant leur voyage bien plus difficile, sur le terrain. Après avoir résisté aux agents des frontières de différents régimes et à leur répression politique sur la route vers l’Europe, avec le risque permanent de noyade, de vol et d’abus par les profiteurs du trafic d’êtres humains, le risque de détention, de peines de prison, d’expulsion, de violence et de mort, les personnes en migration sont épuisées, exténuées par des mois de marche, et doivent ensuite continuer à marcher plusieurs kilomètres, attendre des heures durant une procédure d’enregistrement et la prise de leurs empreintes digitales, elles doivent dormir la nuit dans le froid et sous la pluie, dans la boue au sens strict, et bientôt arriveront les premières neiges.

Nous invitons tout un chacun à protester et à manifester leur solidarité avec les migrants à toutes les frontières. Nous devons tous ensemble nous opposer à la limitation de la liberté de circulation, aux barbelés, aux camps, aux expulsions et aux mesures répressives de l’Union européenne. Nous demandons la suppression immédiate de toutes les barrières, le retrait des militaires, de la police et des forces de Frontex, la fin de toutes les formes de violence et de discrimination envers toutes les personnes, quel que puisse être leur « statut ».

Nous avons volontairement choisi de manifester sur la Place de l’Europe, à Zagreb, là où se trouve une institution clé de l’Union européenne. Nous souhaitons montrer que nous ne sommes pas et que nous ne serons pas d’hypocrites serviles d’une Europe qui érige des barbelés contre les femmes, enfants et personnes âgées, alors qu’au même moment son doigt impérialiste est plongé bien profondément dans le conflit du Moyen-Orient.

Aussi, nous saluons les manifestations qui auront lieu dans les villes à travers l’Europe. Nous invitons les activistes et tous ceux qui s’opposent à la politique répressive de l’Union européenne à se rassembler sur les place d’Athènes, Ljubljana, Budapest, Belgrade, Vienne, Priština, Skopje, Tirana. Montrons que les personnes aux frontières de la forteresse Europe ne sont pas seules.

Ensemble dans la lutte pour la liberté de circulation!

# Pour demander l’ouverture des frontières et la liberté de circulation pour toutes les personnes qui migrent, quelles que soient les raisons qui les ont obligées de migrer

# Pour demander la fin immédiate de l’illégalisation et de la criminalisation de toutes les personnes qui migrent

# Pour demander la fin immédiate de l’illégalisation et de la criminalisation de toutes les personnes qui viennent en aide bénévolement aux personnes qui migrent

# Pour demander la protection de toute personne dont la vie est mise en danger par un conflit armé, la guerre, la pauvreté, l’exploitation, la discrimination, le trafic et la traite d’êtres humains, ou bien qui sont victimes d’une violence structurelle et économique

# Pour demander la suspension immédiate du financement des conflits armés et des guerres, de l’invasion et de l’occupation, la fin de l’industrie de guerre et de l’économie qui reposent sur les conflits armés, la guerre et l’exploitation économique

# Pour demander la suspension immédiate du financement et la suppression de Frontex (Agence européenne pour la gestion opérationnelle aux frontières extérieures des pays membres de l’Union européenne)

# Pour demander le retrait des barrières, des barbelés et la fin du travail forcé dans leur démantèlement

# Pour demander qu’il soit mis fin à l’humiliation, à la torture et à toutes les autres formes de violences envers les personnes qui sont en migration et la suspension de toute expulsion des personnes qui sont (ou pas) arrivées à leur lieu de destination

Depuis Zagreb, solidarité. Ni frontière, ni nation, stop aux expulsions.

Source : Prosvjed solidarnosti s migrantima na svim granicama!

 

à suivre …

 

Tous les articles publiés sur la Lutte des migrant-es de La Chapelle

Tous les articles publiés sur Calais

Quelques liens : Paris Luttes infos // Marseille Infos Autonomes // Calais Migrant Solidarity//Presidio No Border Vintimille // Hurriya (Italie) // Clandestina (Grèce) // Assemblée No Lager Thessalonique //  Assemblée No Lager (Grèce) // No border Serbia //

Brèves des frontières, luttes et solidarité – mi septembre

Bruxelles (Belgique). Une grève de la faim a débuté au centre fermé 127 bis et au centre Caricole, principalement menée par des irakiens, arrêtés à l’Office des étrangers lors du dépôt de leur demande d’asile. Le 20 septembre, un rassemblement solidaire était appelé devant le centre fermé. À l’intérieur, les détenus avaient organisé un rassemblement dans la cour du centre fermé avec des banderoles et des slogans. « Liberté ». Un détenu est monté sur le toit pendant que d’autres résistaient à la pression des flics qui voulait les obliger à rentrer dans les bâtiments et ainsi empêcher le contact entre l’intérieur et l’extérieur. Trois participant-es au rassemblement ont été arrêté-es par les flics et les forces spéciales sont intervenues à l’intérieur du centre. La personne qui est resté plusieurs heures sur le toit a été placée en isolement. Vidéo du rassemblement Dans le centre ville de Bruxelles, plusieurs centaines de personnes sans papiers et migrant-es continuent de camper dans le parc Maximilien. Source : Getting the voice out

127 bis

Bruay-la-Buissière (France). Des militant-es antifasciste ont empêchés la tenue d’un rassemblement contre les réfugié-es dans cette ville du nord le 22 septembre, appelé par un collectif soutenu par le front national et les identitaires. Les fascistes ont du fuir et leur banderole a été mise au feu. Source : Lutte en nord

Toulouse (France). Manifestation contre les murs et pour l’accueil de tou-te-s les migrant-es le 26 septembre. Source : iaata

Paris/Banlieue (France). Le 17 septembre les campements du parvis de la mairie du 18ème et d’Austerlitz ont été expulsés. Comme lors des précédentes expulsions, les migrant-es ont été éparpillés dans des centres d’hébergement d’urgence dans toute la région parisienne. La mairie, l’OFPRA et l’État présentent ces hébergements comme une solution généreuse et humaniste de leur part. En vérité, ces campements dérangent le pouvoir car ils sont des lieux de regroupement, de lutte et d’organisation des migrant-es et des personnes solidaires. Ces propositions d’hébergements ont pour objectif de disperser les migrant-es, de les invisibiliser, de briser les liens et d’individualiser leurs démarches : chacun-e se retrouve isolé face aux administrations et à la répression. jessaint13-09

Gérés par des associations subventionnées par l’État comme Emmaüs, Aurore ou le Groupe SOS, ces centres d’hébergements sont loin d’être des solutions acceptables : en plus de leur durée non pérenne (quelques semaines, ou le temps que les personnes entame des démarches de régularisation), les conditions de vie y sont carcérales (visites interdites, repas imposés, pas de droit de réunion, surveillance des faits et gestes par les travailleurs sociaux, couvre-feux et menace de se faire virer si l’on arrive en retard ou si l’on découche, etc).

Enfin, la préfecture et l’OFPRA, organisme en charge du traitement des demandes d’asile, peuvent avoir accès aux listes des personnes hébergées, avec leur identité et leur situation. C’est un véritable fichage et une aubaine pour la préfecture qui peut ainsi opérer son tri entre « bons réfugiés qui auront peut-être une chance d’avoir l’asile » et « mauvais réfugiés à expulser ». Une personne a qui l’asile sera refusé ou qui aura laissé ses empreintes dans un autre pays européen est ainsi à la disposition de la police qui n’a plus qu’a venir l’arrêter pour effectuer son sale boulot d’expulsion.

Dans plusieurs centres, des actions ont été menées par celles et ceux qui y vivent pour dénoncer ces conditions. Le 4 août, le centre d’hébergement de Joinville-le-Pont (situé dans l’enceinte du centre de rétention de Vincennes !!!) est occupé occupé et les portes sont bloquées. Le 11 août, c’est au tour de ceux et celles du centre Pernety (14ème arrondissement) d’entamer une protestation : grève de la faim puis occupation du hall d’entrée. Emmaüs choisit alors d’appeler la police et 4 personnes venues en solidarité ont été arrêtées et sont poursuivies pour « séquestration » et « refus de se soumettre au prélèvement génétique (ADN) ». Elles passeront en procès le 9 octobre, six travailleurs du foyer Emmaüs ayant porté plainte contre elles.

Après l’expulsion du campement de la mairie du 18ème, plusieurs migrants ont été emmenés au centre d’hébergement d’urgence de Nanterre, situé dans une annexe de l’hôpital psychiatrique. Au vu des conditions, ils ont collectivement refusé de descendre du bus et d’accepter cet hébergement. Les responsables du centre (géré par Aurore) et de la mairie ont alors appelé les flics et trois personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue, accusée d’être des passeurs !! Ils ont finalement été libérés, sans poursuites.

mairie 18eme 17 septembre

Voici le texte écrit par plusieurs d’entre-eux :

Évacuation des campements parisiens : de la rue à la mise au placard

Nous réfugiés avons fui des situations critiques, nos vies étaient menacées, nous avons migré dans des conditions catastrophiques et risqué nos vies chaque jour. Beaucoup d’entre nous sont morts en traversant le désert et la mer. Le peu qui est arrivé en France espérait une vie digne sur cette terre d’asile et des droits de l’homme comme elle est présentée dans les médias. Mais, l’accueil a été la misère des rues, la clochardisation, la pluie, le froid, et le dénuement.

Après l’évacuation du campement de la mairie du 18e, nous avons été amenés dans un centre d’hébergement d’urgence où tous les engagements des autorités et de l’administration se sont avérés faux. Lors de notre arrivée au CHU de Nanterre, annexe de l’hôpital psychiatrique, la vision était surprenante et terrifiante pour nous, à cause de la laideur, et des nombreux malades dont l’état nous inquiétait. Nous ne sommes pas descendus du bus par crainte. L’administration nous a demandé de choisir 3 d’entre nous pour visiter les dortoirs à l’intérieur du centre et faciliter le dialogue. Les 3 réfugiés ont confirmé que l’endroit n’était pas convenable et non conforme aux promesses des responsables intervenus le matin même avant l’évacuation du campement.

Lorsque nous avons tous refusé d’accepter cet hébergement à cause des conditions indignes, la police est intervenue sur ordre des autorités. Ils ont alors interpellé les 3 personnes désignées pour discuter avec l’administration et faciliter le dialogue en ce qui concerne l’hébergement. L’administration a usé de ruses contre nous et a employé 50 policiers pour nous effrayer et exercer des pressions. Ils ont pris les 3 que nous avions choisis, la police les a emmenés à un endroit inconnu et nous n’avons plus eu de nouvelles d’eux.

Le cauchemar ne s’est pas arrête là, nous sommes restés enfermés durant plusieurs heures dans le bus. Ils ont interdit l’accès aux toilettes, et nous ont affamé, pour nous obliger à accepter cet hébergement. Nous avons été choqué de l’attitude et du comportement inacceptable de l’État français envers les réfugiés.

Au final certain réfugiés ont accepté cet hébergement contraire à la dignité humaine mais sous la contrainte.
Nous autres vu ces mauvaises conditions, avons délaissé ce centre, et préféré l’errance.

Nous ne demandons que le respect de nos droits humains et une vie digne. Nos droits ne sont pas des exigences élevées. Nous ne demandons qu’un logement dans des conditions normales et dignes, et la reconnaissance de notre statut de réfugiés, dans les pays qui prétendent respecter les droits de l’homme.

Des migrants témoins ayant fuit l’hébergement
(traduit de l’arabe)

mairie 18eme bis

Le 23 septembre, environ 150 personnes, migrants et personnes solidaires, ont manifesté du lycée occupé « Maison des réfugiés » à la place de la République. Plusieurs tracts et communiqués ont été lu aux abords des terrasses de café.

230915 paris

L’occupation par plusieurs centaines de migrant-es de l’ancien lycée quarré dans le 19ème arrondissement tient toujours malgré un avis d’expulsion immédiate rendu le 25 septembre par le tribunal administratif de Paris, expulsion demandée par la mairie.

Le 26 septembre, les migrant-es du centre d’hébergement Aurore de la Place de Clichy se mettent à leur tour en grève de la faim et de la soif : ils demandent l’amélioration de leur situation, le droit de résider, la liberté de circulation et dénoncent le mépris et l’attitude raciste de certains travailleurs sociaux du centre. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant le centre le 28 septembre.

rass280915aurore

Calais (France). Après les manifestations et blocages d’autoroute de cet été et de début septembre, les migrant-es continuent de s’organiser à Calais pour protester contre le régime des frontières et tenter de rejoindre l’Angleterre. Le 19 septembre, 2000 personnes ont manifesté dans la ville, autour du port, point de passage principal pour l’Angleterre. Cette manifestation a été l’une des plus importante de ces derniers temps, mais pose aussi un certain nombre de questions : alors qu’une partie des migrant-es habitant la jungle ou d’autres campements s’étaient organisé-es ces dernières semaines pour appeler a de nombreuses manifestations, ils n’ont pas été avertis et consultés pour l’organisation de cet événement, appelé par une organisation humanitaire de Londres et prenant une tournure très « publicitaire ». Lire l’article de Calais migrant solidarity à propos de cette manifestation.

Le 22 septembre, profitant d’un embouteillage sur l’autoroute qui mène au port tout près de la jungle, beaucoup de gens ont tenté de s’introduire dans les camions en partance pour la Grande-Bretagne. La police est intervenue en repoussant les gens vers la jungle, faisant usage de nombreux gaz lacrymogènes. Des affrontements ont eu lieu et une partie de la jungle s’est retrouvée totalement sous les gaz et les gens ont été empêchés d’en sortir. Pendant tout ce temps un drone survolait et filmait la zone. Source : Calais migrant solidarity

calais 22 septembre 2015

À Calais, l’État et la mairie mettent tout en œuvre pour réprimer les migrant-es. Gouvernements français et britanniques veulent les contraindre à renoncer à passer en Angleterre : engrillagement du port, barbelés surmontés de lames de rasoir, surveillance vidéo, augmentation du nombre de vigiles dans le port et le tunnel sous la Manche, renforts de police et de CRS dans la ville.
Même si beaucoup de personnes parviennent à passer, à Calais la frontière se dresse comme un mur infranchissable et mortel. Entre le 17 et le 29 septembre, quatre personnes sont décédées dans le tunnel sous la Manche, percutées ou écrasées en essayant de monter dans les navette ferroviaires ou dans des camions. Depuis le début du mois de juin, quinze personnes ont été assassinées par cette frontière. Sources 1  2 et 3

Le 21 septembre, les cinq derniers lieux de vies des migrant-es dans le centre ville de Calais ont été expulsées.

Expulsions : les 5 derniers lieux de vie de migrant-es du centre ville de Calais ont été détruits. L’apartheid est bel est bien vivant à Calais.

Vers 8h ce matin (21 septembre 2015, ndlt), le plus grand des trois campement de la ville, habité par plus de 300 syriens, a été expulsé dans la plus grande tradition calaisienne (il s’agit en fait de deux campements très proches, ndlt). Un important bataillon de la gendarmerie, de la police nationale et de la BAC a réveillé les gens, en leur laissant très peu de temps pour récupérer leurs affaires, et leur a dit de rejoindre la Jungle, située sur l’ancien site d’enfouissement des déchets, à la périphérie de la ville, seul lieu où les migrant-es sont tolérés. Les syriens ont scandé « pas de jungle, aucune jungle » et se sont assis par terre. Ils ont également bloqué un pont. Les flics ont attaqué, les ont pulvérisé au lacrymogène et ils se sont alors déplacés en groupe, dans l’unique direction qu’ils pouvaient prendre, celle de la jungle.

Ils ont été emmenés de force jusqu’à la jungle, suivit de près par un convoi de gendarmes. Un homme accoutré d’un costard et d’une écharpe tricolore semblait mener la danse de ces expulsions toute la journée. Pour la plupart des syriens, c’était la première fois qu’ils venaient au camp et ils ne savaient pas quoi faire.

En arrivant à la jungle, les flics ont portés leur attention vers les dizaines de tentes dressées par les nouveaux arrivants devant l’entrée et ils ont dit aux gens de se déplacer à l’intérieur de la jungle. Une foule de gens s’est alors rassemblée devant les lignes de police. Sans crier garde, les flics ont commencé à repousser les gens et à déchirer les tentes. Nous avons aidé les gens à sauver leurs affaires mais beaucoup de biens personnels ont été perdus dans ce moment de violence policière. Au moins six personnes ont perdu leur passeport, d’autres ont perdu de l’argent, des téléphones avec des numéros importants, d’autres des photos ou des infos sur leurs proches morts ou disparus. Il y a eu des tentatives de négocier pour que certaines personnes soient autorisées à passer de l’autre côté de la ligne de police pour sauver leurs passeports, mais ils ont été confrontés au peu d’esprit des automates en tenue anti-émeute. Les pelleteuses et les employés municipaux sont apparus au-delà des lignes de police, détruisant les tentes et jetant toutes les affaires dans des camions bennes et direction la déchetterie municipale (sans doute le prochain site de la jungle quand celle-ci sera devenue inhabitable). Pendant plusieurs heures suivant cette opération, personne n’a été autorisé à aller où que ce soit en dehors de la jungle.

Face à cette démonstration de force écrasante et ridicule de l’État, les gens ont fait preuve de défi en chantant, criant des slogans et dansant, faisant un bruyant écho. La diversité et le dynamisme de la foule contrastait nettement avec la ligne de fascistes en costume bleu, brandissant flingues, matraques et boucliers.

Nous sommes allés à la décharge peu de temps après pour essayer de récupérer quelques affaires, mais nous n’avons rien trouvé d’autre qu’un tas de déchets dans un gros compacteur d’ordure et ils a été impossible de récupérer quoi que ce soit.

Nous avons appris plus tard que les deux autres campements du centre-ville ont également été expulsés aujourd’hui, ce qui signifie qu’il n’y a plus d’autre campement connu à calais que la jungle. Il est clair que désormais les 20 hectares qui ressemblent de plus en plus à un marais est l’unique lieu de vie des migrants qui sera toléré à Calais.
Ce que le gouvernement méprise le plus ici c’est que les migrant-es montrent leurs visages dans le centre-ville et dans les zones touristiques, voilà pourquoi la jungle existe. Source.

Deux récits des expulsions des syriens du 21 septembre 2015. Source

« Hier la police française est venue à notre petit camp. Nous sommes tous syriens, environ 250 personnes. Ils nous ont sorti de force hors du camp. Nous ne sommes pas partis par choix. Nous avons été emmenés de force en face du port. Ici nous avons protesté. Nous avons crié « Go Syria ! » parce qu’à ce moment nous ne voulions pas être ici. Ils nous ont traité comme des animaux. Ils nous ont aspergé de gaz lacrymogène. Une personne a eu une crise d’asthme et une autre a été frappée. Lorsque nous avons bougé vers la jungle nous avons tout perdu. Tous nos vêtements et nos tentes, la police ne nous a pas laissé récupérer quoi que ce soit. Deux personnes ont perdu leurs passeports. »
Udai, 22 septembre 2015

« Avant, nous vivions dans le centre-ville de Calais. Mais les gens de Calais n’aiment pas ça. La police n’aime pas ça. La police est venue hier matin et ils nous ont emmenés ici, dans la jungle. Ils nous ont aspergés de gaz lacrymogène. On a l’impression que nos yeux sont en feu. Nous sommes venus ici dans la jungle. J’ai le sentiment en ce moment que la Syrie c’est mieux qu’ici. Si je devais choisir, je préférerai la Syrie à la jungle. Il n’y a pas de vie possible ici dans la jungle. Ce n’est pas la vie. »
Ali, 22 septembre 2015

En réponse à ces expulsions, une banderole est accrochée sur le toit du tribunal de Calais : « 21/9/2015 Tous les camps de Calais ville expulsés. Résistez à l’apartheid ».

21 sept 15 expulsions calais 5

21 sept 15 expulsions calais 6

calais tribunal sept 2015

Depuis ces expulsions, les violences et intimidations de la part des flics continuent : coups de pression en tenue anti-émeute, multiplication des contrôles au faciès, notamment près de la gare, etc. D’autre part, plusieurs personnes arrêtées à Calais ces dernières semaines puis enfermées dans des centres de rétention à travers tout le territoire, pour empêcher toute solidarité de se mettre en place, ont été expulsées vers le Soudan.

Mais rappelons-le encore une fois, tous les flics et les barbelés du monde ne viendront jamais à bout de la détermination de celles et ceux qui veulent franchir les frontières de l’Europe.

Le 25 septembre, une nouvelle manifestation a parcouru les rues de la ville. Des collectifs de sans papiers de plusieurs villes européennes sont venus jusqu’à Calais pour exprimer leur solidarité avec celles et ceux qui sont bloqué-es ici.

Vintimille (Italie). Dans cette ville frontalière entre l’Italie et la France, plusieurs dizaines de migrant-es et de personnes solidaires occupaient depuis début juin le bord de mer, au pied du poste frontière. Le 30 septembre au matin, une centaine de flics, accompagnés des services de nettoyage, sont venus pour tenter d’expulser ce campement d’où de nombreuses initiatives sont menées contre les frontières et pour la liberté de circulation. Les occupant-es du Presidio No Border résistent et se sont regroupé-es sur les rochers. Dans le campement, d’autres pratiques que celles des humanitaires et caritatif sont mise en expérience : auto-organisation, échanges, prises de décision collectives, etc. Les migrant-es qui vivent là veulent traverser cette frontière, fermée depuis des mois et gardée par les flics français et italiens, et ont refusé d’aller dans le centre officiel géré par la croix-rouge.
Ils ont récemment écrit ce communiqué : We are not going back

Des battitura sont organisées régulièrement devant le poste frontière, bloquant le flot continu de véhicules entre Menton et Vintimille. Les 12 et 25 septembre, lors des deux dernières actions de blocage du poste frontière, les flics sont intervenus et un face à face tendu a eu lieu, les manifestant-es tentant de reprendre le blocage de la route. Les flics ont alors chargé à coups de lacrymogènes et de matraques. Vidéo

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À la frontière Menton-Vintimille la répression à l’encontre des migrant-es et des personnes solidaires s’intensifie : arrestations massives, gardes-à-vues, plaintes, interdictions du territoire pour 10 personnes, détention, etc. Plusieurs procès vont avoir lieu côté français, au tribunal correctionnel de Nice : une personne est convoquée le 30 septembre (pour outrage et violence envers un flic, rébellion, refus d’empreintes palmaires et de prise de photographies) et une autre le 12 octobre (pour outrage et violence envers un flic). Cette montée de la répression vise à briser les luttes et les solidarités qui se construisent sur le Presidio No Border, mais de l’autre côté des Aples on entend toujours crier « We are not going back ! ».
Appel à solidarité pour s’organiser contre la répression à la frontière Menton-Vintimille :

Trapani (Italie). Le 12 septembre, douze personnes ont tenté de s’évader du centre de rétention de Trapani-Milo. Certains ont été bloqués par les flics, mais quatre sont parvenus à disparaître dans la nature. Source

Turin (Italie). Dans l’après-midi du 20 septembre, trois prisonniers du centre de rétention de corso Brunelleschi (CIE) ont réussi à s’évader, escaladant les murs.Malheureusement un d’entre-deux a été rétrouvé par les flics peu de temps après, mais les deux autres courent toujours ! Source

Bari-Palese (Italie). Le 19 septembre, un petit groupe de personnes solidaires est allé saluer les migrants détenus au CIE. Avec un mégaphone et des feux d’artifices, le groupe a réussi à se faire entendre des détenus qui ont répondu par des huées et des cris. Source

Rome (Italie). Le 24 septembre a été une journée de résistance aux expulsions, mais aussi de violence féroce de la part de la police au centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria. Vers six heures du matin, les flics ont fait irruption dans plusieurs dortoirs pour sortir des personnes à expulser. Deux jeunes ont réussi à se libérer et ont grimpé sur des grilles qui séparent les dortoirs de la cour. Ils sont restés suspendus là toute la matinée, jusqu’à l’heure de décollage de l’avion qui devait les expulser vers la Tunisie. Une fois descendus ils ont été transférés à l’isolement. Dans une autre cellule au contraire, voyant que la personnes qu’ils venaient chercher partageait la chambre avec deux détenus connus comme fauteurs de trouble, les flics ont embarqué le premier tout en rouant de coups les deux autres : coup de pied, coup de poing, crachat. Ils ont ensuite été laissés au sol pendant plusieurs heures, sans aucun soin. On peut écouter (en italien) le récit de cette journée, diffusé sur radio Blackout.

Frontière Serbo-hongroise. Le 16 septembre, des affrontements ont éclaté à la frontière entre la Serbie et la Hongrie entre les militaires et flics hongrois et des migrant-es coincés en Serbie. Le long de cette frontière, la Hongrie a récemment fait construire un mur de 175 km de barbelés, surmontés de lames de rasoir, et mobilisé l’armée, pour tenter d’empêcher toute entrée sur son territoire. Mais des milliers de personnes cherchent à franchir cette frontière, pour continuer leur route vers d’autres pays d’Europe. Lors de ces affrontements, le grillage a été forcé et des dizaines de personnes ont pu passer de l’autre côté. Vidéo
Depuis le 21 septembre, le parlement hongrois a autorisé l’armée, qui est déployée tout le long de la frontière, à tirer à balles réelles sur les migrant-es qui tenteraient de passer.

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Opatovac (Croatie). Après le blocage de la frontière hongroise, des milliers de personnes ont tenté de passer par la Croatie pour rejoindre les pays de l’ouest de l’Europe. Là aussi les frontières sont bloquées, gardées par la police et les militaires. Des camps ont été érigés à travers tout le territoire Croate, ou des centaines de personnes sont enfermées derrière des barbelés, et gardés par l’armée, sans savoir ce qu’il va leur arriver. Les gens y sont parqués, répertoriés, triés entre ceux qui auront peut-être la chance de pouvoir poursuivre leur voyage et ceux qui resterons là encore des jours ou seront expulsés vers d’autres pays, plus au sud, où ils auraient laissé leurs empreintes. « C’est une prison » disent-ils.

Centres de rétention, Centres d’accueil, Centres d’enregistrement, peut importe leur nom, ces camps sont des prisons ou s’opère le tri entre ceux que l’Europe veut accueillir et se répartie comme des paquets de déchets et les autres, qui y resterons enfermés, pour être cachés, mis à l’écart, empêchés de poursuivre leur route, en attendant que les gouvernants décident de leur sort.

Mais dans ces prisons pour étrangers, les solidarités existent aussi et donnent de la force collective pour se relever, forcer les barrières, s’évader, poursuivre son chemin. Dans le camp d’Opatovac à la frontière entre la Serbie et la Croatie, des affrontements ont éclaté avec les flics le 22 septembre et plusieurs personnes sont parvenues à s’échapper. D’autres ont occupé des bus exigeant qu’ils les conduisent vers l’ouest.

Londres (Angleterre). Le 18 septembre, un rassemblement s’est tenu devant l’ambassade de Hongrie pour protester contre les violences de la police à la frontière serbo-hongroise. Pas de frontières ! Pas de camps ! Pas d’expulsions ! Source
Le 17 septembre, une rafle de sans papiers avait lieu dans un quartier du sud de Londres. Lors de cette opération, au moins un fourgon de la police de l’immigration a eu son pare-brise fracassé. Source

Bâle (Suisse). Le 18 septembre était appelée une manifestation contre les frontières, les nations et la militarisation de nos vies à Bâle. 400 personnes ont parcouru les rues de la ville, pour se rendre devant le centre de rétention de Bässlergut, où des cris de joie et d’encouragement ont été échangés entre l’intérieur et l’extérieur malgré la présence importante de flics. La manif est ensuite repartie et plusieurs véhicules de la police aux frontières ont été attaqués ainsi que des banques. Source

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Athènes (Grèce). Depuis le 22 septembre, un bâtiment abandonné est occupé par des personnes migrant-es et des personnes solidaires dans le centre-ville d’Athènes. Le 24 septembre, des manifestations en solidarité avec les migrant-es ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, notamment à Thessalonique et Patras. Source

Edirne (Turquie). « Nous ne voulons pas de nourriture, nous ne voulons pas de l’eau, nous ne voulons pas de l’aide humanitaire, nous voulons traverser la frontière par la terre. Nous traverserons ou nous mourrons ici. » Le 11 septembre, des milliers de migrant-es ont convergé vers Edirne, ville frontalière à l’ouest de la Turquie, pour rejoindre la Grèce à pied. À Istanbul, la station de bus a été fermée par la police pour empêcher ce mouvement et des centaines de personnes s’y sont retrouvées bloquées. Le 18 septembre, la majeur partie d’entre-elles ont décidé de faire une marche jusqu’à Edirne. Sur la route, ils/elles ont été bloqué-es par les flics et militaires qui les ont fait monter dans des bus et les ont enfermés dans un stade, au centre-ville d’Edirne, ou plusieurs centaines de personnes sont regroupées. Un groupe de 200 personnes qui a refusé de monter dans les bus est resté plusieurs jours sur l’autoroute, bloquant tout le trafic. Ils et elles réclament d’être emmenés de l’autre-côté de la frontière grecque.
À Edirne, un campement s’est également installé dans un parc en plein centre-ville. Plusieurs manifestations ont été organisées pour demander l’ouverture de la frontière et le passage de toutes les personnes qui le veulent.
Une forte solidarité s’est mise en place, à Istambul, sur l’autoroute ou à Edirne, pour répondre aux questions matérielles (nourriture, eau), indiquer les meilleures routes à emprunter, manifester devant la frontière.

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à suivre…

Quelques liens : tous les articles sur la lutte des migrant-es de La Chapelle sur ce blog // Paris Luttes infos // Marseille Infos Autonomes // Calais Migrant Solidarity //Presidio No Border Vintimille // Hurriya (Italie) // Clandestina (Grèce)

Réflexions sur l’élan d’empathie envers les « réfugié-es » et la solidarité

Nous avons traduit ces deux textes qui reviennent sur l’élan de compassion et d’empathie envers les « réfugié-es » qui traverse actuellement l’Europe. Vague populaire d’émoi collectif devant d’horribles images qui racontent les histoires de ces personnes, mais aussi grands discours hypocrites des gouvernements européens -et ici de la mairie de Paris- sur « l’accueil nécessaire des réfugiés face à la crise migratoire ».

Depuis trois mois qu’une lutte tente d’émerger à Paris autour de la question des frontières, des papiers et du logement, que d’autres rapports que des réflexes humanitaires tentent d’être construits entre migrant-es et personnes solidaires, ces deux textes, bien qu’écrits dans des contextes différents et même si nous n’en partageons pas toutes les analyses, offrent des pistes de réflexions sur les manières d’envisager la solidarité et la lutte contre les frontières.

Merci au blog Hurriya pour ces articles.

« Nous sommes ici parce que vous détruisez nos pays »

Ce texte a été publié mi-août 2015 par L’espace international des femmes à Berlin « un groupe de femmes migrantes et réfugiées en provenance de pays anciennement colonisés », né pendant l’occupation par des réfugiés de l’ancienne école Gehart-Hauptmann en Décembre 2012 à Berlin.

Nous avons vu, dans les médias mainstream, des reportages sur la solidarité croissante des Allemands envers les réfugiés. Articles après articles, les journalistes parlent des structures d’accueil ouvertes dans différentes parties du pays. Des personnes créent des sites internet qui offrent des hébergements temporaire aux réfugiés, d’autres collectent les vêtements et apportent de la nourriture aux réfugiés qui campent en face de Lageso à Berlin (Office d’État pour la santé et les affaires sociales). Les illustrations de ces articles montrent des situations peut-être rencontrées au Liban, qui accueille plus de 1 million de réfugiés, ou en Grèce, un pays qui est confrontée à une grave crise économique, avec l’aimable autorisation de l’Allemagne, et de toute évidence incapable d’offrir quelque chose de plus que la solidarité de ses propres habitants.

La réalité est que l’Allemagne est l’un des plus riches pays européens, qui a les moyens et pourrait s’il le voulait avoir des structures adéquates pour accueillir les réfugiés. L’empathie des habitants est toujours la bienvenue, ainsi que leurs efforts, mais si cela ne dépasse pas le niveau de la charité cela tue tout mouvement politique.

L’appauvrissement des personnes qui deviennent des réfugiés n’est pas nouvelle et les raisons sont à chercher dans l’histoire et ne peuvent être comprises que par ceux qui veulent savoir pourquoi des êtres humains utilisent des moyens désespérés pour venir en Europe. Le colonialisme, l’esclavage et la suprématie de la pensée blanche sont les causes de la situation actuelle. Voilà pourquoi les gens viennent en Europe : ils fuient les pays détruits par les politiques des pays occidentaux.

Nous, en tant que groupe politique, nous regardons la situation actuelle en Allemagne avec suspicion. Nous semblons avoir oublié les revendications des réfugiés qui ont lutté depuis plus de vingt ans dans les rues de ce pays. Plus personne ne cite le slogan « Nous sommes ici parce que vous détruisez nos pays », slogan des plus importantes campagnes de ces dernières années, menées par des groupes politique auto-organisé de migrants et de réfugiés telles que The Voice Refugee Forum et The Caravan for the Rights of Refugees and Migrants. Il n’est également pas fait mention dans les médias de la Refugee Protest March, quand en 2012 un groupe de réfugié a marché 600 km de Munich à Berlin et a occupé jours et nuits l’Oranienplatz, dans le quartier de Kreuzberg, à Berlin, luttant chaque jours pour revendiquer la fermeture de tous les camps (Lager), l’arrêt des expulsions, l’abolition du système de résidence et la libre circulation pour tous.

Aussi on ne trouve presque aucune référence à l’occupation de l’école via Ohlauer – toujours dans le quartier de Kreuzberg – où un groupe de réfugiés se bat toujours pour le droit de rester dans l’établissement où ils ont vécu après son occupation en 2012. Il y a seulement une année ce sont des milliers de berlinoi-ses qui ont soutenu la résistance sur le toit de l’école Ohlauer et il semble maintenant que tout cela n’a jamais eu lieu, et que la nouvelle approche de la vague de solidarité de la part dindividus prêts à aider les réfugiés est de critiquer les manquements de Lageso, responsable du logement des demandeurs d’asile dans les camps (lagers) ! Oui, Lageso doit être critiqué, mais il ne doit pas devenir le protagoniste dans cette histoire. Lageso ne peut pas résoudre le problème, parce que leur solution perpétue un autre problème : l’isolement des réfugiés dans les lagers, situé dans de petits villages au milieu de nulle part, sans accès à des soins de santé, à l’école à des possibilités d’emploi. Tout cela a été dit d’innombrables fois par des groupes de réfugiés auto-organisés.

Nous devons rappeler que faire de Lageso le cœur du problème est une stratégie, et que, si nous ne faisons pas attention, nous verrons bientôt des manifestations pour exiger de Lageso l’ouverture de nouveaux lagers.

N’oublions pas : nous exigeons la fermeture des lagers ! Et non l’inverse. Nous exigeons le droit pour les demandeurs d’asile de choisir où vivre, dans des appartements normaux comme toute autre personne qui ne cherche pas l’asile dans ce pays. Les gens ne viennent pas en ‘Europe de dépendre de la charité des particuliers ou tomber entre les mains de Lageso et de son système de lagers. Nous exigeons la liberté de circulation pour tous et toutes ! Nous croyons qu’en s’engageant politiquement dans la lutte, tout le monde s’engagera aussi dans le mouvement du 21e siècle – comme Angela Davis judicieusement souligné. Le Mouvement des Réfugié-es est le mouvement qui réclame des droits pour tous les êtres humains.

L’Espace internationale des femmes lance un appel à la mobilisation politique. Soutien, aide et charité ne vont pas changer le système, mais ils ont tendance à perpétuer l’idée d’une Europe humanitaire, qui n’existe certainement pas vu le nombre de personnes qui sont mortes en mer en essayant d’arriver ici. Les gens sont en train de fuir des situations catastrophiques créés par les pays occidentaux.
Il est temps de crier à haute voix à nouveau: «Nous sommes ici parce que vous détruisez nos pays».

L’article a été publié originalement en anglais sur le site du collectif : https://iwspace.wordpress.com/2015/08/15/we-are-here-because-you-destroyed-our-countries/

Contre la compassion : sur les ripostes populaires à la « crise des migrants »


Un article sur récente la vague de sympathie envers les réfugiés morts durant leur voyage vers la l’Europe forteresse, et sur pourquoi les groupes de “solidarité” se doivent d’éviter le piège de la charité et de la compassion.
Publié fin août 2015 sur le site internet londonien Rabble

Une bonne partie de la rhétorique pro-migration repose sur la compassion. Les médias libéraux et les groupes de soutien pour les droits des migrants tirent souvent sur la corde de l’émotionnel, dans l’espoir d’engranger plus d’intérêt face au sort des victimes de la migration. Malgré les bonnes intentions, cela n’a que très peu d’effets en dehors de faire culpabiliser, déprimer pour finir par décourager aussi de toute initiative.

S’il est évident que cela remue tout le monde, la compassion cultive le sentiment de pitié et de philanthropie : rendre service aux personnes défavorisées dans le monde. Nous croyons montrer de la générosité aux autres parce que nous ne nous sentons pas concernés par leurs problèmes. Mais nous sommes concernés : et pas seulement parce que la souffrance d’autrui nous touche, mais parce que nos vies sont étroitement liées de pleins de manières différentes par le colonialisme et le système de classe, et aussi parce que faisant partie d’un système de “privilèges” et de “droits” qui excluent les autres, nous devons accepter passivement tous les compromis et sacrifices que le capitalisme nous impose.

Des discours désespérés

La compassion nourrit la passivité politique : faire quelque chose de bien pour des gens se trouvant dans une situation difficile, comme par exemple amener des jouets aux familles se trouvant à Calais. Il ne fait aucun doute que ce genre de geste améliore un peu la dureté du quotidien, mais ce n’est pas de la solidarité, et ça ne change fondamentalement rien à la situation. Avec la compassion et la charité, il n’y a plus besoin de s’engager réellement et d’aller au cœur du problème. Nous sommes simplement encouragés à refiler à ce “problème” tout ce dont nous ne voulons plus matériellement. Cela permet d’ignorer le fait que l’ensemble du système des frontières, des États et du capitalisme est terriblement oppressif, nous marche dessus et nous écrase ; que nous sommes tous reliés par ce désir commun de libération, et que c’est une lutte politique qui doit maintenant être engagée par tout le monde, avec force et détermination.

Cette orientation vers la compassion détermine aussi le vocabulaire que nous utilisons: “victimes” contre “criminels”, “humains” contre “animaux”, “réfugiés” contre “migrants” etc. Ce type de langage pousse les gens à avoir de la peine pour les migrants, et montre qu’ils “méritent” notre soutien. Mais quand on utilise ces termes, nous renforçons inévitablement le discours autour du mérite et toutes les divisions que cela peut engendrer.

Mettre l’accent sur les cas les plus désespérés peut nous émouvoir, mais ça nous éloigne aussi : jamais nous ne pourrons comprendre leur détresse, ou la distance énorme qu’ils parcourent. Par exemple, beaucoup de gens affirment d’emblée que les personnes en détresse à la frontière sont des “réfugiés” et pas des “migrants”- parce que nous sommes tous un peu migrants aussi, mais avec des privilèges et une vie meilleure : s’il y a une lutte, ce n’est donc pas la mienne. Bien sûr, il est important de faire la différence entre les expériences de vie de chacun, mais en faisant des cas “particuliers”, “exceptionnels”, on minimise ce que nous pourrions avoir en commun; comme par exemple le fait que si et quand les migrants arrivent à “destination”, les plus chanceux rejoignent l’armée ou deviennent des esclaves modernes.

Entendre constamment des témoignages terribles – que ce soit à la frontière, en Syrie ou en Afghanistan- nous fait relativiser sur notre propre situation, misérable soit-elle. Sans compter que toutes ces injustices sont le produit d’un système dans lequel nous agissons quotidiennement, à travers nos actions ou notre passivité.

Tout sauf se battre

Nous vivons une époque inédite dans l’Histoire récente, une période où un nombre incalculable de personnes souffrent et meurent aux frontières de l’Europe forteresse, et alors qu’est-ce qu’on fait ? “Faire sortir leurs histoires au grand jour”. Organiser des missions de charité dans la “Jungle” de Calais. Partager et diffuser des photos d’enfants noyés et de corps entassés dans des camions. Pourquoi ? Faut-il toujours attendre que ce soit les autres qui fassent quelque chose ? Nous ne faisons rien d’autre que normaliser la culture de la passivité, et si quelqu’un ose affirmer que c’est une lutte que nous vivons, la réponse la plus politique à donner est de demander au gouvernement de trouver une “solution”.

Il faut arrêter de se leurrer et grandir un peu. Le gouvernement n’en a rien à faire. Il ne trouvera pas de “solution”. À la limite, si c’était nécessaire d’adoucir son image, il pourrait faire quelques concessions (comme par exemple accepter un petit quota de réfugiés syriens). Mais il n’ouvrira jamais les frontières. Il faut qu’on arrête d’attendre de nos parents de substitution -l’État- d’agir pour nous, à notre place. Il ne tient qu’à nous de bouger, et il est plus que temps de s’en rendre compte.

Prendre seulement conscience des souffrances innommables autour nous n’a jamais suffi à y mettre fin. La compassion n’a jamais changé les choses. L’Histoire nous montre que la seule force qui provoquera le changement est la lutte du peuple contre les structures de l’oppression.

La frontière est une lutte, il faut la combattre partout
Pour finir, je demanderai à ceux et celles faisant la charité à Calais, au nom de la “solidarité”: combien se battent contre les frontières ? Parce que les frontières sont partout, y compris là où ils vivent. Ceux qui chaque jour sont emmenés par la police des frontières sont les mêmes qui vivent ces histoires atroces qui en ce moment même attirent tellement de compassion. Ces jeunes Afghans qui ont survécu à leur périple vers l’Europe, qui ont vu leurs proches mourir en chemin, qui sont restés coincés dans la Jungle à Calais et qui ont fini par passer de l’autre côté- c’est ceux-là même qui sont ici (en Angleterre) arrêtés, détenus et déportés par les mesures politique d’immigration.

Les frontières sont partout. Ce sont les rafles dans votre rue, dans les foyers d’accueil comme celui de l’Electric House à Croydon; les frontières sont aussi à la Beckett House (centre de surveillance de l’immigration situé à Londres), dans les centres de rétention comme celui d’Harmondsworth ou encore la prison des familles de Cedars, dans les compagnies multimillionnaires qui gèrent ces lieux (Mitie, G4S), elles sont dans les boîtes privées qui “escortent” les détenus (Serco, WH Tours).

Assez de la compassion, agissons et détruisons ce qui nous détruit.

Version anglaise : http://rabble.org.uk/against-sympathy-on-popular-responses-to-the-migrant-crisis/

[Londres] Rafle perturbée par un reseau anti-rafles

2 février : L’UKBA (United Kingdom border agency, équivalent de la PAF ndt) rafle dans un restaurant ouest africain, Old Kent Road, près d’Elephant and Castle (quartier de Londres, ndt).
Samedi soir, environ 6 ou 7 officiers de la police des frontières et 4 policiers ont débarqué dans un restaurant ouest-africain à 20h55. Ils sont arrivés dans une camionnette blanche et une argentée, avec pour plaque BP55DCU. Mais cette fois ci l’opération n’allait pas se dérouler en silence.

Une vingtaine de personnes du réseau anti-rafles sont entrées juste derrière eux dans le restaurant et ont informé toutes les personnes présentes de leurs droits face aux contrôles d’immigration. Vous n’avez à répondre à aucune question, vous êtes libre de partir n’importe quand. Plusieurs personnes se sont immédiatement levées et son parties ne souhaitant probablement pas passer leur nuit à se faire interroger par les voyous du UKBA.

Malheureusement l’UKBA est parvenue à encercler trois personnes avant que les soutiens ne puissent arriver jusqu’à eux. Un groupe d’officier de l’immigration a interrogé trois femmes, pendant que les autres bloquaient physiquement les soutiens les empêchant de s’en approcher pour les informer de leur droits juridiques. Certains policiers aidant l’opération ont refusé de montrer leurs numéros de badge et ont essayé d’intimider les soutiens en éteignant leurs appareils photos. Les officiers de l’UKBA ont gardé leurs victimes dans le restaurant environ une heure et demi avant de partir, aidés par des policiers venus en renfort.

Malheureusement, ils réussissent à arrêter une femme nigérienne et à l’amener à leur siège à Beckett House, près de London Bridge (60-68 St Thomas Street London SE1 3QU). Les personnes arrêtées sont souvent emprisonnées au « centre de détention à court terme » à Beckett house avant d’être emmenés dans un centre de rétention. Mais tout de même, ils avaient probablement prévu une prise beaucoup plus grande. Les gens d’anti-rafles étaient là pour montrer leur solidarité avec les travailleurs du restaurant, les clients, et les nombreuses personnes qui sont régulièrement soumis à ces contrôles d’immigration racistes à Londres. Tandis que l’UKBA était encore dans le restaurant, ils sont aussi allés rendre visite à d’autres restaurants et commerces de la rue pour informer tout le monde de ce qui était en train de se passer.

Cette rafle n’est pas isolée

Des rafles racistes ont lieux tous les jours à Londres mais sont rarement signalées. À 2h du matin dans la même nuit, l’UKBA a également attaqué une maison dans le quartier de Peckham / Dulwich, en arrêtant 4 personnes venant de Bolivie et 2 venant du Pakistan. Elles ont été retenues à Beckett House pour la nuit et ont été transférés dans les centres de rétention de Dover et Bedford. Des rafles ont été signalées dans le quartier Elephant and Castle chaque jour de la semaine dernière. En une opération l’UKBA a bloqué les entrées et les sorties du centre commercial principal, arrêtant les personnes lorsqu’elles sortaient.
Plusieurs personnes ont été arrêtées et une personne a déjà été déportée.

Construire la résistance

Suite au regain d’activité de l’UKBA au cours des deux dernières semaines, les membres de l’Association latino-américaine des travailleurs (Lawas), la Brigade des travailleurs précaire, le No Borders Londres, et des individus travaillent ensemble sous la bannière du réseau anti rafles et sont actif dans le quartier Elephant and Castle. Samedi après-midi, quelques heures avant le raid, environ 40 personnes ont organisé une manifestation sur le chemin Old Kent pour montrer leur solidarité avec les communautés attaqués et harcelés quotidiennement. Nous avons parlé à des commerçants locaux et aux passants sur nos droits face à une rafle ou une arrestation, et distribué des centaines de cartes «Connaissez vos droits» en espagnol, en arabe, en anglais et autres langues.

En créant des réseaux d’aide mutuelle et de résistance, nous pouvons combattre les contrôles racistes et les rafles. Solidarité avec toutes les communautés de migrants (sic, ndt). Personne n’est illégal.

antiraids [at/] riseup.net
https://network23.org/antiraids/

Trouvé sur : https://325.nostate.net/?p=7049

MERHABA / KHOSH AMADID / BIENVENUE / WELCOME :
journal d’échange et d’informations sur les luttes des migrant-es
UN ÉTÉ CONTRE LES FRONTIÈRES :
PARIS : LUTTE DES MIGRANT-ES DE LA CHAPELLE :
KOS, DÉCLARATION ET INFORMATIONS SUR LA SITUATION DES MIGRANT-ES :
NON À L'EXPULSION DU SQUAT DU COLLECTIF DES BARAS :

AGENDA

TOUS LES MOIS

- Tous les premiers vendredis du mois, 19h-20h30 : Émission Sans Papiers Ni Frontières, sur radio FPP 106.3 FM (région parisienne) ou sur www.rfpp.net

- Tous les deuxièmes mercredis du mois, 16h30-18h : Émission Sans Papiers Ni Frontières, sur radio Galère 88.4 FM (région marseille) ou sur www.radiogalere.org

- Tous les premiers samedis du mois, Bagnolet, 14h-18h : Permanence Sans-papiers : s’organiser contre l’expulsion, au Rémouleur 106 rue Victor Hugo 93170 Bagnolet (M° Robespierre ou M° Gallieni)

LIBERTÉ POUR ABDUL RAHMAN HAROUN LE MARCHEUR SOUS LA MANCHE :
LA SOLIDARITÉ SIGNIFIE LUTTER CONTRE LES FRONTIÈRES :
SITUATION ET LUTTES À CALAIS :