Sans Papiers Ni Frontières

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Contre les frontières et leurs prisons

Non à l’expulsion du squat du collectif des Baras

Chronique d’un été d’expulsions du collectif des Baras

Le 20 juin 2015, plusieurs centaines de personnes manifestent contre l’expulsion des différents lieux occupés par le collectif (avenue Wilson à Montreuil, rue Alazard à Bagnolet)

mi juillet 2015, le tribunal de Pantin annonce l’expulsion du squat de la rue René Alazard.

Le 23 juillet 2015, le squat de l’avenue Wilson à Montreuil est expulsé. Dans les semaines suivante, le collectif va ouvrir plusieurs autres bâtiments mais à chaque fois ceux-ci seront expulsés par les flics (à Montreuil le 2 août et aux Lilas le 29 août).

Le squat de la rue René Alazard va sans doute être expulsé lui aussi dans quelques semaines. Mais d’autres ouvertures suivront…

 

Texte du collectif contre les expulsions : 

NON à l’expulsion du squat des Baras !
NON à l’errance des membres du collectif !

Le tribunal vient d’annoncer l’expulsion du squat du collectif Baras et de donner raison à la multinationale Natixis. Sous le coup de cette décision, plus de 200 personnes vont se retrouver à la rue d’ici deux mois …

Nous avons déjà été expulsés, chassés et même pourchassés à plusieurs reprises. À chaque fois les autorités (mairies et état) ne nous ont proposées aucune solution d’hébergement. Après l’expulsion de notre dernier squat en août 2014 (le bâtiment toujours vide et sans projet de la société Emerson), notre collectif a dû se reloger par lui-même en occupant un ancien pôle emploi, inutilisé et lui aussi sans projet, situé à Bagnolet.

La vie n’y est pas de toute tranquillité, elle a été un combat régulier (arrestations aux alentours, placements en rétention, tentatives d’EDF pour couper l’électricité, coupure d’eau par Véolia…). Mais nous sommes évidemment toujours mieux à l’abri dans ce bâtiment que dehors où un fonctionnement s’est mis en place dans le lieu :
installation de cuisine et de douche, organisation de cours de français, de réunions hebdomadaires pour s’organiser et des réunions d’informations juridiques. De plus, de nombreuses personnes solidaires sont venues nous apporter de quoi nous installer dans ce lieu et de quoi nous vêtir ; des associations nous offrent régulièrement de la nourriture et des voisins nous apportent également un soutien très important.

Nous voulons continuer à vivre dans ce bâtiment qui convient bien à nos besoins !

Nous demandons aux autorités de ne pas appliquer la décision, mais surtout qu’elles entament un véritable dialogue avec nous afin que ce lieu – que nous ne quitterons pas – devienne un foyer de travailleurs migrants. Sachant qu’à Bagnolet, il n’y a qu’un seul foyer pour le moment, la ville peut tout à fait solliciter des aides financières auprès de l’état. Il est possible de faire en sorte que notre occupation devienne légale. D’autres mairies l’ont fait. C’est le cas de celle de Montreuil avec le collectif des Sorins en lutte.

Jeter à nouveau à la rue 200 personnes, dans cette période particulière où des centaines d’autres y vivent déjà de façon totalement démunie, que ce soit à La chapelle ou à Austerlitz, mais aussi dans toute l’île de France après les expulsions des camps de Roms, ne ferait qu’ajouter de la misère dans la région.

Tant que nous sommes dans ce lieu nous pouvons vivre dignement !

La France prononce toujours de belles paroles émues quand les migrants arrivent en Italie au péril de leur vie, mais elle les traite et les rejette violemment quand ils arrivent sur son sol. Nous sommes venus jusqu’ici, il y a environ 3 ans, dans les conditions inhumaines et périlleuses que tout le monde connaît désormais. Nous avons dû quitter la Libye par la mer suite aux bombardements et à la guerre. Nous avons risqué nos vies. Pensez-vous que nous avons fait tout ce chemin pour repartir ?

Nous nous battrons jusqu’au bout. Jusqu’à l’obtention d’un toit pérenne pour l’ensemble des membres du collectif et pour la régularisation de tous les sans-papiers !

Nous venons de demander au préfet de la Seine Saint Denis ainsi qu’aux maires de Bagnolet et Montreuil, d’organiser une table ronde afin de trouver ensemble une solution adéquate !

Collectif Baras
72 rue René Alazard
93170 Bagnolet

07.78.32.14.75

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